‹ La Vie de jeune filleChapitre 6 sur 47 · MA CHAMBRE · texte numérisé non relu

MA CHAMBRE

Du jour où elle a eu sa qualité de jeune fille et sa place de grande personne, Mademoiselle a fait une conquête : elle a obtenu une chambre à part dans l'appartement familial. Et elle tient à vous en faire les honneurs, en vous ouvrant la porte à deux battants, avec ces mots qu'elle scande d'une voix forte et chaude : Ma chambre !

Hélas 1 c'est trop souvent une grosse exagération. Ce n'est pas une chambre, c'est une chambrette, un grand cabinet qu'on a richement décoré pour en faire une (( bonbonnière », mais qui n'en est pas plus habitable, au contraire. L'hygiène réclame impérieusement qu'elle soit aérée et spacieuse, et voici ses exigences :

La jeune fille — si éthérée qu'elle soit — est.

comme une machine, le siège de combustions organiques : elle consomme de l'oxygène et produit de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau. Elle doit avoir à sa disposition une quantité d'air suffisant à s.a dépense. Estimons à dix heures son séjour moyen à la chambre. Pendant ce temps, elle a besoin de 210 litres d'oxygène et rejette dans l'atmosphère 180 litres d'acide carbonique et 380 grammes de vapeur d'eau. Ces deux produits de combustion, il est bon de le savoir, vicient rapidement l'air de la chambre, bien avant que l'oxygène ne manque. L'acide carbonique est particulièrement toxique. Il suffit d'un litre par mètre cube pour amener des vertiges, des maux de tête, en un mot pour rendre l'air irrespirable.

Dans ces conditions et en tenant compte d'une ventilation convenable, la chambre doit cuber 50 mètres : sa capacité ne saurait descendre à 30 mètres cubes sans danger. Fleury pose les dimensions suivantes : 4 m. de long et de large, 3 m. 50 d'élévation.

Quelles chambres, au moins dans les grandes villes et surtout à Paris, répondent à ce desideratum, on devrait dire à cet ultimatum de l'hygiène ? Ce n'est peut-être pas la vôtre, Mademoiselle ; et, pour

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