‹ La vie de jeune garconChapitre 18 sur 56 · JEUX ET JEU · texte numérisé non relu

JEUX ET JEU

taires qui actionnent moins le corps que l'esprit et n'en sont pas moins des occupations utiles, intellectuelles autant que récréatives. Aux longs jours de pluie, au retour de la promenade, ou le soir, en famille, le jeune homme est heureux de se livrer aux jeux de patience ou d'adresse, aux cartes, aux dominos, aux dames, aux échecs, ou encore à des expériences de physique qui ont l'avantage de l'intéresser en l'amusant et de corroborer l'enseignement de l'école.

Dans un ordre d'idées plus spéculatif, les albums sont en faveur méritée, soit qu'on collectionne les timbresposte, les cachets, les cartes postales illustrées, soit qu'on recueille à l'occasion des pensées heureuses, des mots choisis, des poésies aimées, de chers souvenirs, des dessins, des gravures

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artistiques. Ces passe-temps sont recommandables, pourvu qu'ils ne deviennent pas une occupation absorbante et exclusive, une sorte de manie : ils ont été un peu négligés, depuis que les exercices de plein air sont à la mode, mais on gagnerait à y revenir sans rien abandonner.

Est-il besoin, enfin, de préconiser les arts d'agrément, le dessin, laquarelle, la peinture, la musique, le piano, le violon, le chant ? Ce sont des occupations dignes de nous, faites pour élever l'esprit et enchanter le cœur. A ce titre, l'hygiène ne saurait trop les approuver.

Dans tous les jeux qu'on embrasse, l'important est de faire sa part à l'activité physique sans négliger celle de l'esprit et du cœur, sans nuire à la vie morale qui doit toujours prédominer.

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Il faut tenir compte de notre nature complexe et cultiver à la fois l'esprit, le cœur et le corps du jeune homme.

Tous les divertissements honnêtes sont permis, jeunes garçons, et laissés à votre choix. Amusez- vous aux jeux qui vous attirent, mais prenez en horreur le jeu, gardez-vous de ce jeu où le cœur est accaparé par la passion du lucre, tenez-le pour la source des maux les plus graves, le danger de la vie, le péril social.

Le jeu règne en maître dans le monde. Ses séductions ne manqueront pas de briller à vos yeux. Résistez-leur. C'est la passion mauvaise toujours en éveil, partout à la mode. Sa faveur même la condamne. Il faut la craindre comme le feu, la détester, la fuir et s'en préserver à tout prix. L'amour de l'or en est la honteuse origine,

l'aliment insatiable ; et son terme fatal est la déconfiture et le déshonneur, la perte de la bourse et la ruine de la famille.

Qu'il s'agisse du simple jeu de cartes ou d"une course de chevaux, qu'il soit question d'un concours, d'une loterie ou de la Bourse, armez-vous de méfiance, si r argent est en cause, quelque faible que soit la mise: mettez sans hésitation les dangers du jeu en regard de ses attraits et concluez hardiment que la voie est périlleuse, et l'abîme au bout. Sans doute, la tentation est pleine de promesses, elle vous appelle et vous presse. On dit qu'un essai modeste n'engage à rien, qu'il sera toujours temps de se retirer. N'en croyez pas un mot, ne vous avancez jamais.

Pour commencer on risque très peu, mais, une fois dans l'engrenage, on ne

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