CHAPITRE XI Jeux et jêti
La vie du jeune garçon doit être sérieuse, mais non austère : exacte et réglée, elle veut être utile à l'âme et au corps. Dans une journée bien remplie, il y a temps pour tout, pour les jeux comme pour le travail.
L'esprit ne peut pas être toujours tendu, plongé dans la méditation ou la prière, appliqué aux réflexions sérieuses ou aux graves études ; sinon, il se refuserait vite à la tâche et se détraquerait. Il importe qu'il soit de temps en temps relâché, distrait et amusé.
Cette salutaire détente que l'hygiène recommande et que la morale approuve est, du reste, de tous les âges, mais
plus particulièrement de la jeunesse, qui a besoin d'air et de liberté, d'expansion et de mouvement, qui n'est pas encore sollicitée par les graves soucis de la vie, qui ne connaît pas ses trahisons, ses deuils et ses misères.
Il faut donc, dans l'intérêt du corps, accorder une satisfaction au cœur, un honnête repos à l'esprit en prenant des distractions, en s'adonnant aux jeux.
Au premier rang se mettent naturellement les jeux de plein air, les sports de tout genre qui intéressent spécialement l'hygiène et que nous n'avons pas besoin d'énumérer.
On ne peut pas toujours sortir, soit à cause du temps, soit en raison de l'hiver et de ses basses températures ; et il faut souvent se cantonner à la maison. On s'}^ adonne à des jeux séden-