LES ŒUVRES II
leur commande cette charité ? Ce n'est pas leur personnalité si entière et si égoïste, ce ne sont pas les lois civiles qui sauvegardent nos seuls intérêts, c'est uniquement la loi religieuse. Un Dieu seul pouvait nous commander la charité par son exemple et par sa moi*t. Nous devons l'aimer par-dessus toutes choses, et le prochain comme nousmêmes pour l'amour de Lui. La foi ordonne les amours légitimes à l'amour divin qui les fortifie et les consacre ; et la charité devient la loi primordiale de tout homme qui veut pratiquer sa religion en conscience, le don surnaturel sans lequel tout le reste est inutile. Qui a mieux célébré la charité que saint Paul ? « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, ditil, si je n'ai pas la charité, je suis comme un airain sonnant ou une cymbale
Il8 LA VIE DE JEUNE GARÇOM
retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, que je connaîtrais tous les mystères et toute la science ; quand j'aurais toute la foi au point de transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tout mon bien pour la nourriture des pauvres et que je livrerais tout mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, cela ne me sert de rien. »
La charité est donc notre loi. Elle s'impose à tous. Pour son compte, le jeune homme a, dans sa famille, dans son entourage, mille occasions de l'observer. Il se montre docile, doux, obligeant avec tous, multiplie les attentions délicates et faciles pour ses parents, pour ses sœurs, pour ses frères. Il s'efforce de maîtriser la nature toujours personnelle et égoïste, de s'oublier