LES ŒUVRES II
lui-même pour s'occuper des autres, pour leur prodiguer les marques de sa sollicitude ou de son affection. Jamais le cœur ne se donne ainsi sans appeler la réciprocité ; et le jeune homme récoltera toujours au centuple le fruit de sa charité.
Est-ce tout ? Non. Il faut sortir du cercle de famille et faire rayonner la charité dans le monde, qui en a un si pressant besoin. Il faut s'intéresser au prochain, surtout secourir ceux qui souffrent, les pauvres, les malheureux.
L'aumône est une obligation, et on ne s'y soustrait pas. Mais où prendre les pauvres? On les trouve autour de soi, parmi ses voisins, sur son chemin ; et si l'on est enfermé dans une école, plongé dans des études absorbantes, il y a encore moyen de penser aux miséreux et de leur venir en aide. Les
collèges ne manquent pas de solliciter la libre contribution de leurs pensionnaires à l'occasion des catastrophes, pour les grandes infortunes, pour des œuvres d'assistance ; certains ont l'ingéniosité d'organiser entre les élèves des sociétés charitables sous la forme incomparable des Conférences de Saint-Vincent de Paul.
Ce n'est pas ici la place de refaire l'histoire exquise de ces Conférences, qui sont l'honneur du xix" siècle. Fondées par deux jeunes gens, Ozanam et Bailly, elles ont eu d'humbles commencements, mais elles ont envahi le monde au nombre de plusieurs milliers, elles distribuent annuellement des millions et montrent aux plus indifférents l'excellence de la charité catholique. Que voulaient ses premiers membres, que veulent ses innombrables