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CHAPITRE VI Le sexo

Il y a une curieuse, tenace, obsédante question qui se pose dans l'esprit du jeune garçon et qui veut absolument être résolue : Pourquoi le sexe?

Pourquoi des garçons et des filles ?

Pourquoi partout et toujours des hommes et des femmes ?

La réponse est facile, et elle est nécessaire. C'est en vain qu'on chercherait à l'éluder, car la loi de la sexualité régit toute la nature animée, les végétaux et les animaux, et elle doit s'appliquer également à l'homme, roi de la création, mais tenu justement au regard de l'histoire naturelle pour un animal raisonnable.

Il y a des sexes, parce que la vie individuelle est limitée, très courte, parce que les êtres animés sont éphémères. Les espèces et, par suite, les familles qui les composent ne sont pas immortelles, elles doivent se perpétuer. Or, la continuité dés êtres n'est possible que par la génération, et ce sont les deux sexes qui l'assurent.

Regardez les plantes. Elles portent périodiquement des tleurs, et ces fleurs sont pourvues d'organes sexuels, le pistil et les étaniincs. Le pistil est l'élément femelle qui contient l'ovule.

Les étarnines sont l'élément mâle et produisent une poussière jaunâtre, le pollen, ou matière fécondante. C'est la communication du pollen au pistil qui assure la fécondation.

Mais toutes les Heurs ne sont pas ainsi pourvues des deux éléments

générateurs. Il y en a qui n'ont que le pistil ou que les étamines : elles sont mâles ou femelles. De grandes distances les séparent parfois, et la fécondation ne se ferait pas si la nature n'y pourvoyait par d'ingénieux artifices.

Comme la fleur mâle est portée par une tige fixée au sol et ne peut se joindre à la fleur femelle, ce sont les vents, les insectes qui se chargent de transporter le pollen de l'une à l'autre. Et le mariage se fait ainsi à distance; mais cette merveille ne se voit que chez les plantes.

Dès qu'elle est fécondée, la fleur perd sa brillante parure et se fane. Le pistil se flétrit, se dessèche et tombe ; mais c'est pour faire place à l'ovule grandissant, au fruit. Du fruit sort la graine ; et cette graine, jetée en terre, produit une nouvelle plante, pareille à la

première, qui se développe rapidement, se couvre de feuilles et donne à son tour tleurs et fruits. Ainsi se perpétue la vie de l'espèce.

Dans le monde animal, la sexualité s'affirme plus directe, plus nette, plus brutale, et il est impossible de se dérober à sa notion. Il y a des taureaux et des génisses, des chevaux et des juments, des chiens et des chiennes, des chats et des chattes, des coqs et des poules. Les femelles sécrètent des ovules, les mâles du sperme ou matière fécondante. L'union des uns et des autres est nécessaire pour amener l'imprégnation de l'ovule par le sperme, pour assurer la génération et perpétuer l'espèce. Mais les bêtes n'ont qu'un temps Ihnité pour les amours : c'est la période du rut, où elles sont en chaleur et se recherchent. Hors de là,

leur existence se passe dans l'indifférence sexuelle. Quel exemple, ou plutôt quelle leçon pour les hommes charnels, toujours portés à ne pas tenir compte de la raison et à modeler leur vie sur celle de la bête !

L'homme est doué d'un corps animal et, par suite, ne saurait échapper à la loi universelle de la sexualité. Il la subit, mais doit la subordonner à la loi supérieure de l'esprit. Son existence est très limitée sur cette terre, et il doit perpétuer son espèce. C'est pourquoi, nous dit la Genèse, Dieu créa l'hofmne mâle et feinelle. Il y a des hommes et des femmes, des garçons et des filles. L'union des uns et des autres est nécessaire à la procréation. Mais Dieu a voulu que cette union fût digne de nous, noble et sainte, et il a institué pour le couple humain le mariage,

le mariage un et indissoluble. L'union conjugale est consacrée et sanctifiée dans et par le sacrement de l'Église.

La nécessité de nature n'en subsiste pas moins, mais elle ne saurait ni étonner ni effaroucher un cœur honnête, pas même une âme virginale. N'a-t-elle pas été affirmée et comprise par notre Mère du Ciel, par l'Immaculée? A l'annonce de la bonne nouvelle, la Très Sainte Vierge répondit nettement à l'ange : « Mais je ne connais pas d'homme ! »

Pourquoi le jeune garçon ne seraitil pas aussi instruit que sa Mère, la Vierge Marie ? Il sait, à certains indices, avec son seul instinct, que les enfants ne sortent pas des choux, qu'ils ne se forment pas tout seuls dans les berceaux, qu'ils sont le fruit béni du mariage, qu'ils résultent de l'étroite

collaboration de rhomme et de la femme unis par les liens de l'hyménée.

Et, grâce à ces notions, il comprend tous les jours davantage que le mariage est une fonction auguste et sacrée. 11 y sera appelé un jour, et, pour l'exercer comme il faut, il doit religieusement se garder tout entier dans l'austère réserve de la continence.

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