‹ La vie de jeune hommeChapitre 20 sur 31 · CHAPITRE XH 2 mS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XH 2 mS

Le célibataire a la conscience très nette

de son devoir : il ne se sert pas des organes sexuels, mais il ne les ignore pas. Il observe la pudeur, mais se garde d’une pruderie mal placée qui lui ferait méconnaître les exigences impérieuses de l'hygiène. Pour

mieux dire, le soin des organes génitaux

est indiqué, d'autant plus nécessaire qu'ils sont cachés, délicats et pourvus de nom- breuses glandes. Tout homme qui se res-

pecte le pratique sans hésitation. Iln’ya.

pas de honte à observer la propreté dans

tout son être. On ne saurait condamner

trop sévèrement l'incurie de ceux se se négligent sur ce point.

La toilette intime de l'organe viril est simple et facile quant à la peau : nous n’y insistons pas. Dans les replis profonds de l'organe,s'accumulent des produits épithéliaux et gras, qui irritent à la longue la muqueuse et occasionnent des éruptions, du prurit, des végétations, etc. : il faut les faire disparaître. Il est clair que ce nettoyage doit être rare et subordonné à la nécessité. On s’abstiendra de recourir aux vinaigres et aux alcoolats de toilette qui sont irritants, aux odeurs et aux parfums qui provoquent une excitation dangereuse.

La sensibilité de l'organe est d’une extrême finesse : aussi la nature l'a-t-elle pourvu d’un capuchon protecteur. I arrive parfois qu’une érection passive, la constriction du pantalon ou le frottement de la chemise par une marche longue et rapide fait rétrograder le capuchon ; et le seul contact de la muqueuse avec les vêtements suffit, chez les gens nerveux surtout, à causer une gêne atroce, une véritable douleur.

Pour y remédier, il n’y a qu’à ramener le capuchon en avant, à sa place. La circoncision, en usage chez les Juifs, a l'avantage

de cuirasser le gland et d’écarter ces petites misères ; mais nous ne Croyons pas qu'il y ait lieu de revenir à la vieille pratique, en raison des inconvénients plus sé:

rieux qui en résultent dans le mariage !.

Faut-il rappeler que le canal de l’urèthre, avec sa longueur, avec son double office, avec les glandes qui l’accompagnent, est un organe très délicat et vulnérable? Les excès de tout genre, surtout les excès vénériens et les excès de table, y ontun prompt et fâcheux retentissement. Ne parlons pas ici des premiers que le célibataire doitignorer.{/abus des vinset des alcools détermine vite l'inflammation du canal; son action porte aussi sur lesystème nerveux et détermine une fâcheuse excitation du sens. Il n’est pas besoin, ce nous semble, de recommander la sobriété aux continents : c'est une des conditions de leur sauvegarde.

Mais des causes banales, le chaud ou le froid, peuvent amener chez les plus chastes des accidents inflammatoires des voies uri-.

naires, et particulièrement des cystites du

‘ Voir sur ce point notre Morale, 9° éd., Retaux, tome [, p. 80.

col, aussi pénibles que rebelles : il est bon d'être prévenu e: de prendre les précautions nécessaires. D'ailleurs, à la moindre cuisson qu’on éprouve sur le trajet du canal, on consultera utilement le médecin : le régime lactéet les bains triomphent vite des cas légers.

Lestesticulesquiflottent dans les bourses et sont exposés à tous les chocs, doivent être particulièrement protégés, surtout chez les personnes assujetties à de rudes travaux (maçons, terrassiers, carriers, forserons) ou à des exercices violents (gymnastes. cavaliers). Le suspensoir répond à l'indication. Il faut savoir que le moindre traumatisme de la glande entraîne son inflammation, longue et douloureuse, parfois son atrophie et, comme conséquence finale, la stérilité.

Le célibataire sait que ses organes sexuels ont une fonction définie et qu'ils auront leur rôle dans le mariage : il doit les surveiller en vue de cette fin et ne rien néoliger pour les rendre capables de l'atteindre. La nature a des lois qu'il n’a nile pouvoir ni le droit d’enfreindre : elle se ré-

volte quand il les viole et le punit cruellement. Pourquoi ne pas s’en tenir résolument à ces lois que la morale corrobore et que la religion impose? |

Le célibataire doit être chaste et honnête : il ne se laissera pas entraîner au vice abject et contre nature qui est malheureusement si répandu et qu'on nomme onanisme ou plusexactementmasturbation.

L'acte masturbateur a reçu des auteurs des noms divers (manustrupation, souillure manuelle incontinence secrète, etc.), qui nous permettent de ne pas le définir da- pre vantage : on le désigne souvent sous le ER terme de vice solitaire qui est certainement | le plus simple et le plus caractéristique. ;

Les jeunes gens sont plus exposés que. | * = d’autres par l'ignorance, le désœuvrement, ‘4 ja curiosité, le mauvais exemple, la fougue 4 du tempérament à succomber à la tentation, ils doivent être vigilants et sages. Les enfants eux-mêmes sont tentés, ils éprouvent la tendance à se toucher. Ils ne comprennent pas que les organes si justement appelés honteux doivent être respectés et laissés en repos, ils y portent la main par

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distraction ou par amusement, ils y reviennent machinalement par habitude, ils s'excitent de plus en plus, prennent goût au fastidieux exercice et finissent par contracter la passion brutale et sans bornes.

La masturbation qui s'opère au moment de la puberté et pendant le développement physique de l'adolescent est particulièrement nuisible à l’organisme. La puberté en effet, nous l'avons vu, n’est pas la nubilité, n'est pas davantage l’âge adulte : c’est l’éclosion de la vie sexuelle, ce n’en est pas l'épanouissement qui en veut, qui en permet au moins l'exercice.

Les organes générateurs s'annoncent sourdement et subissent alors un accroissement lent, progressif, qui doit être res-.

pecté, qui réclame impérieusement le calme et le silence. La masturbation, en venant les tourmenter et les irriter, en en faisant l'objet d’une excitation perpétuelle et d'une passion qui devient névrose, ne peut qu'occasionner les troubles les plus graves. De nombreuses observations démontrent que l’anticipation de l'érection

est préjudiciable à l'organisme sexuel et à, la santé générale.

Les troubles nerveux sont fréquents, mais varient beaucoup d'intensité suivant les forces et les tempéraments. Parfois la santé périclite en même temps que l'état moral change. La figure pâlit; les yeux enfoncés dans l'orbite se cernent, s'entourent d’un cercle bleuâtre ; les traits se tirent, les nerfs surmenés se révoltent, la nutrition diminue et le tempérament se perd. D'un autre côté, le caractère se modifie, devient triste, sombre, ombrageux.

Les joies simples et honnêtes ne sont plus ooûtées. La volonté est changeante, na plus de ressort. Alors, dans l'organisme épuisé, une diathèse apparaît : c'est d’ordinaire la tuberculose qui rapidement faitson œuvre. On voit ainsi mourir à la fleur des ans de malheureux jeunes gens que la continence et une saine compréhension de la vie auraient sauvés : ils ont abandonné le sentier de l'honneur, ils ont violé les lois de Dieu, méconnu les lois de la nature, abusé de leurs forces dans un vice malsain et rongeur, et le châtiment a suivi la faute.

Me

Acte contre nature, la masturbation ne cesse pas d'être un crime, quand le jeune homme de 20 ans la pratique. Il suffit d’en analyser le mécanisme pour se convaincre de sa malice et de ses dangers. La sensation provoquée par les mains est transmise au cerveau et cause spontanément une réaction motrice, réflexe, qui se résume dans le spasme vénérien et l'éjaculation du sperme. Tout le système nerveux reçoit un profond ébranlement par cet acte aussi honteux qu'inutile.

Répétée souvent, incessamment, sans arriver jamais à la satiété, une telle pratique se transforme en une habitude, et le cerveau devient si susceptible, si impressionnable que le moindre attouchement suffit à produire la série des phénomènes physiologiques ci - dessus énoncés.

Mais bientôt la nature outragéese venge.

Plus l'érection se répète, plus elle devient défectueuse. Puis l'impuissance s'accuse et devient complète. Le malheureux masturbateur est souvent affligé par la suite de pollutions morbides (spermalorrhée) qui le

découragent, l’épuisent et le conduisent même au suicide.

Telles sont les conséquences physiques désastreuses de la masturbation. Le Ciel permet que les débauchés trouvent dans leur mal la source d’une continence sans remède comme sans vertu. |

Est-il besoin de rappeler la gravité du vice solitaire et de ses conséquences au point de vue moral ? Le sens génital est fait pour le mariage ; ce vice le détourne absolument de son but. Et ses malheureuses victimes deviennent doublement impropres au mariage, par le dégoût et par l’impuissance. 0

Conscient de ses devoirs présents, soucieux de ceux qu'il doit remplir un jour, le jeune homme qui se respecte n’hésite jamais : il repousse énergiquement les tentations du vice ets’abstient absolument de-l’acte masturbateur qui prostitue la fonction génitale, souille le corps et l'âme et ruine tôt ou tard le tempérament.

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