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CHAPITRE XIII

La continence n'exclut pas, comme on pourrait le croire, la sécrétion du liquide spermatique, elle la favorise plus qu'ellene l’arrête. Le sperme abonde dans les glandes testiculaires et dans les canaux excréteurs.

L'organisme s'en exonère par des émissions spontanées dites pollutions. Il'estne cessaire de leur consacrer ici un chapitre pour en définir l'exacte nature et ne rien omettre de ce qui concerne la vie de jeune homme.

La pollution spontanée est l'émission involontaire du sperme qui se produit à des époques variables chez tous les hommes, mais avec une fréquence décroissante de-

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puis la puberté jusqu’à la vieillesse. Les

jeunes gens y sont très sujets de 16 à

95 ans; les vieillards au contraire l’observent très rarement. Il y a de grandes différences individuelles suivant la nature du tempérament et le genre de vie.

Cette excrétion singulière, on le comprend sans peine, a pour effet de plonger de nombreux jeunes gens candides, des hommes même plus ou moins timorés ou iunorants, dans des angoisses inexprimables et de leur suggérer d'immenses scrupules sans raison sinon sans excuse.

Que signifie la sortie du liquide spermatique ? Répond-elle à un acte de notre volonté ou n'est-elle qu'un effet de la nature © Voilà ce que tout cœur honnête se demande.

Quelques-uns savent bien qu'ils n'ont pas voulu directement la pollution et ne

s'en sentent pas responsables, mais ils cherchent encore anxieusement si elle ne .

dérive pas indirectement de quelque imprudence imaginaire. D'autres arrivent de suite à douter de leur innocence et se persuadent volontiers que le seul fait de

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l'émission est une faute. Plût à Dieu que l'inquiétude mentale s’arrêtât toujours à ce point et ne portât pas le trouble jusque dans le sens moral! Les aberrations de conscience ne sont pas rares et ont de déplorables conséquences.

L'esprit du mal, qui rôde sans cesse autour de nous, cherchant une victime, ne manque pas de réveillerles inquiétudes,de mettre à profit les incertitudes et de provoquer le cœur aux compromis et aux défaillances : il nourrit activement les scrupules, les multiplie, les exagère, suscite le découragement et parvient parfois à amener la chute. Les pensées lubriques, la masturbation, la fornication n’ont pas souvent d'autre cause.

On pense à l'œuvre de chair, on se croit appelé à l'exercer, on s'oublie dans des imaginations folles, on s’abandonne vite aux idées coupables, aux mauvais désirs, aux manœuvres solitaires, si la volonté ne réagit pas avec vigueur et de suite, si elle ne redresse pas la conscience et si, donnant à la pollution sa véritable signification, elle n'éclaire pas

l'esprit et ne le ramène pas à la raison.

La pollution est assurément, pour plusieurs, une source abondante de fautes, une occasion pénible de troubles : elle est d’ailleurs pour tous, dans les années qui suivent la puberté, un étonnement plus ou moins intense et, en tout temps, une ne Il faut s’en rendre compte.

Disons-le nettement tout de suite, la pollution naturelle, spontanée n’est ni vice ni maladie : c’est un phénomène physiologique, le résultat presque forcé de la sécrétion spermatique. C’est même, on peut Paffirmer, un fruit de la continence qui retient le liquide fécondant dans les canalicules spermatiques et ne lui donne jamais issue par la copulation. Aussi ceux qui sont le plus exposés à ces émissions incommodes ne sont-ils pas tant les gens mariés et les fornicateurs que les célibataires chastes et vertueux, surtout dans la première moitié

de l’âge viril. L’adolescence se distingue

d'ordinaire par la fréquence des pollutions,

au moins quand elle échappe au vice soli-

taire et se maintient dans la pureté.

L'émission spermatique dontils’agit ici,

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répétons-le pour éviter tout malentendu, est spontanée et involontaire : non seulement elle ne dérive d'aucun acte, mais elle n’est précédée ni d’un désir, ni d’une pensée propre à la produire. Elle n'engage d'aucune manière notre volonté, elle ne provient que d'une cause organique et physiologique. Les occasions en sont variables et appellent des divisions nécessaires.

Dans l'accomplissement d’actes physiologiques et naturels, par exemple pendant la défécation ou la miction.il n'est pas rare de voir se produire des pollutions involontaires. I s’agit évidemment là d'un effet mécanique, d’une contraction musculaire violente, exagérée, qui dépasse les limites de l'acte à accomplir. La pollution ne détermine aucune sensation spéciale et passe souvent inaperçue : elle est faible d’ordinaire.

De même, à l'occasion d'efforts énergiques el disproportionnés pour soulever des fardeaux ou encore dans certains exercices prolongés, à cheval, en vélocipède, des pollutions se produisent inconsciem-

ment qui se rattachent uniquement à l’action musculaire.

La pollution naturelle a lieu surtout la nuit, ce qui lui a valu de la plupart des auteurs le nom de pollution nocturne : elle se constate au réveil et n’est pas,on le conçoit, sans surprendre étrangement celui qui.

l'observe pour la première fois et ne s’en.

rend pas compte. Quelle en est la cause physiologique?I]l faut avouer qu’on l’ignore et qu'il n’est pas facile de la pressentir dans l'état actuel de nos connaissances.

On a souvent attribué la pollution nocturne aux rêves : l'activité cérébrale inconsciente provoquerait l'émission du liquide spermatique. C'est là, nous le déclarons nettement, une explication qui ne nous satisfait pas et qui est d’ailleurs très hypothétique. Pour amener le résultat indiqué, les rêves devraient être plus ou moins lascifs; et l'on sait au contraire qu ilssont relativement des plus rares chez les personnes chastes qui sont précisément prédisposéesaux pollutions.L’aveudenotre ignorance serait préférable à une raison contradictoire. De plus, chacun gardant

au réveil un souvenir assez exact, quoique fugitif de ses rêves, devrait pouvoir y rattacher la pollution importune qui en serait la conséquence; or c’est là une relation qui n’est pas établie, qui ne se vérifie pas du moins par l'expérience commune.

Chez tous les hommes, le sperme est l’objet, pendant la vie sexuelle, d’une sécrétion plus ou moins active mais continue.

Il s’accumule nécessairement dans les canaux des testicules et des cordons spermatiques et dans les vésicules séminales.

L'exonération se fait chez beaucoup par la copulation ; mais la nature s'en charge pour les continents. À des époques plus ou moins rapprochées suivant l’activité de Ja sécrétion, il arrive que les réservoirs sont pleins et que la surabondance du liquide spermatique détermine, par une sorte d'action réflexe, l'expulsion inconsciente du trop plein.

Voilà tout ce que la science permet d’affirmer sur la nature des pollutions. Parmi les explications diverses qui ont été proposées, retenons seulement celle que l'on a cherchée dans la vessie pleine et qui s’ap-

plique également aux érections matinales :

c’est certainement la plus rationnelle.

L’érection dans laquellese trouve parfois la verge au réveil est inconsciente et sans nul doute d'ordre passif. On sait que les vésicules séminales sont immédiatement ” accolées à la paroi vésicale postérieure. Par suite, la compression exercée sur ces vésicules par la poche de l'urine distendue aménerait, suivant les auteurs, par voie réflexe, et la pollution nocturne et l’érection du matin. Cette explication est séduisante, mais elle n’est pas démontrée.

Assurément la réplétion de la vessie rend bien compte des érections du matin et peut, par voie de conséquence, provoquer l'émission du sperme. De plus, il est incontestable que certaines érections n'ont pas d'autre cause. Mais des cas nombreux démontrent aussi qu'érections et pollutions passives se produisent avec une vessie vide ou font défaut avec une vessie pleine. Quot qu'il en soit, il est toujours prudent d’uriner la nuit, dès que le besoin se fait sentir : on évite ainsi plus d’un accident désagréable.

Les érections matinales, dont on vient de voir le lien possible avec les pollutions passives, ont été rattachées par certains auteurs à une congestion de la moelle lombaire que provoquerait le décubitus dorsal prolongé. Est-il besoin de dire que cette congestion est problématique et n’a jamais été prouvée ? | |

L’érection se constate quelquefois seule après le sommeil. La pollution nocturne peut aussi dériver d’une érection passive ou se produire seule. Dans ces conditions, il est impossible de les rattacher l'une à l'autre, et la science n'en fournit pas une explication plausible. Mais ces différents phénomènes se produisent toujours en dehors de la volonté : l’inconscience est manifeste, la responsabilité nulle, la morale sauve.

Une difficulté surgit quand l'érection se présente seule. Cette érection prépare plus ou moins la pollution, au moins dans certains cas. Il n’est donc pas rare que l’on se réveille au moment d’une pollution imminente ou commencée.

Comment se traduit cet accident? Par une sensation de gêne, de tension, de pe-

santeur, sans écoulement extérieur apparent.

Que doit-on faire ?

On peut sans hésitation laisser la nature:

suivre son cours et consommer rapidement la pollution, en renonçant, bien entendu, à tout désir ou pensée lubrique, en s'abstenant de tout concours des mains. Un simple effort suffit.

Cette pollution s’est faite inconsciemment pendant le sommeil, en dehors de toute excitation physique ou morale, sans le moindre consentement : elle ne saurait devenir coupable en se complétant, en s’'achevant. L'esprit détourne ainsi son attention de la pollution et des images dansereuses qu’elle éveille ; le corps s’exonère avantageusement d’un liquide qui obstrue les voies génilales el urinaires et ne pourrail, en y séjournant, que produire une gêne croissante et être une cause d'excitation. La pollution consommée, le spasme vénérien qui tendait à se. développer se trouve arrêté net, et l'on peutse rendormir promptement et sans crainte.

On ne doit rien faire, est-il besoin de le

répéter? pour amener une pollution soit directement soit indirectement.

Les pollutions nocturnes sont relativement rares et ne doivent pas inquiéter ceux qui les éprouvent. Si elles devenaient fréquentes, elles seraient sérieuses et pourraient indiquer une maladie ou tout au moins une prédisposition morbide : il serait utile alors de consulter un médecin.

Toutes les pollutions qui résultent des pratiques détestables de la masturbation sont, à un certain point de vue, involontaires, puisqu'elles dépendent d’un acte réflexe : elles n’en sont pas moins CoUupPables, étant dues à de criminelles manœuvres. Nous nous bornons à les signaler pour les condamner.

La pollution active, mais involontaire, s'observe chez tous les hommes, mais particulièrement chez les individus nerveux, impressionnables ou pléthoriques : elle est rare. Elle survient à cheval, en voiture, à la suite d’un repas copieux, sous linfluence d’une vive émotion, colère, joie ou frayeur, etc. L'impression est spontanée et provoque l’éréthisme et la sensation véné-

rienne. C’est à la volonté qu'il appartient

de réagir et de réprimer de suite les ins-

tincts de la nature en jetant l'attention sur une autre voie.

Il y a des personnes qui ressentent mal-

gré elles, en présence des femmes, des pollutions spontanées. Cette excitabilité génésique, qui n’est pas d'ordre pathologique, est exceptionnelle, et il faut dire que, combattue de bonne heure, elle s'éteint vite et ne dépasse pas la jeunesse.

Toutes les autres pollutions, aussi bien celles qui surviennent à l’occasion de lectures ou de propos érotiques ou de spectacles indécents que celles dues à de mauvaises pensées volontaires, violent la continence et engagent plus ou moins la responsabilité. Le célibataire a pour devoir de s'en abstenir, ou plus exactement d’écarter les causes qui les provoquent : il sait que, pour se garder, la chasteté ne doit pas être seulement de fait, mais d'intention, qu'elle doit comprendre l’homme tout entier, le cœur et l’esprit, et il agit en conséquence.

Imprudent et coupable est celui qui pose et cherche l’occasion du mal et s'étonne d'arriver à la chute !

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