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CHAPITRE PREMIER

LE CÉLIBAT

À son entrée dans la vie pubère, et jusqu'à son mariage, le jeune homme est et doit rester célibataire : c’est la loi de l'honneur viril.

Assurément les écarts sont possibles :

le monde leur est fort indulgent, et tout tend à les rendre faciles, à un âge où l'inexpérience et la présomption viennent en aide aux suggestions troublantes des sens. Mais, si l'adolescent se respecte et entend respecter les autres en suivant la loi morale, il se garde de mésuser de la chair, maîtrise ses passions et observe le célibat.

C’est un état qui a tant d'importance pour l'individu et pour la société qu on ne saurait trop insister sur sa nature et sur les liens étroits et nécessaires qui le rattachent à la continence. Commençons donc par en donner la vraie définition.

Le célibat est l’état de celui qui, volontairement et pour des raisons diverses, ne se marie pas : il suppose la continence et.

est inséparable de la virginité.

Le célibataire s’abstient de la vie sexuelle et pratique la chasteté. Est-il besoin de le dire, son existence est semée d'obstacles, féconde en luttes et en sacrifices. La nature ne perd jamais ses droits. Les excitations du sens génésique ne disparaissent pas :

sans être aussi actives que chez l'homme qui les nourrit, elles n'en sont pas moins vivaces chez le célibataire, elles le cherchent et le poursuivent.

Le continent connaît son devoir. L’aiguillon de la chair a beau le tenter et le harceler, il résiste énergiquement aux appétits malsains, réprime les incessants assauts de la concupiscence et garde son cœur et ses sens à l’abri des souillures.

LE CÉLIBAT

Le célibat commun est celui des hommes jeunes qui n'ont pas encore contracté les liens du mariage et qui prétendent, fidèles à la loi de Dieu et à la loi de l’honneur, réserver au lit nuptial les prémices de leur cœur, son premier amour.

C'est encore l'état de ceux qui, soit par devoir, soit par goût, refusent d’entrer en mariage et continuent de vivre dans le monde en observant religieusement la continence.

Une forme spéciale de célibat est le célibat dit religieux ou ecclésiastique réservé aux prêtres, aux moines, aux frères et aux sœurs congréganisles. [ci il y a un engasement délibéré pris au pied des autels, et qui lie pour toujours. Désireux de se donner à une vie plus parfaite, de suivre les conseils évangéliques, l’homme fait le vœu de chasteté et renonce absolument au mariage. Nous n avons pas à signaler les.

incomparables mérites d’un tel état : des plumes plus autorisées que la nôtre se sont acquittées de ce devoir ‘, et nous

1 Cf. P. Monsabré, Conférences de N. D. — Exposition du dogme catholique. Carême 1887.

serions inhabile à les remplacer. Mais 1l nous paraît indispensable de remarquer que le célibat religieux est la garantie et le précieux modèle de l’autre, le célibat vulgaire. Tous deux d’ailleurs ont des vertus communes, exigent un renoncement égal.

Les âmes religieuses seules en sont capables.

Une telle lutte est glorieuse ; mais le célibataire ne s'en attribue pas le mérite et sait reconnaître et remercier Celui qui seul l'en rend capable. Dieu bénit, encourage, soutient les hommes chastes, et ceuxci, forts de son aïde, prient, souMrEnRE 2 travaillent, en attendant les récompenses éternelles. Poe

Voilà bien le célibat tel que la raison et la religion l'enseignent, tel que l'esprit du Christ le produit et le conserve parmi nous : c’est le seul vrai célibat. Mais, il faut l'avouer à la honte des hommes, il y a un autre célibat, aussi mauvais que le premier est bon, aussi dangereux que l'autre est utile et nécessaire : c’est le célibat de l’'égoisme et de la débauche, le célibat menteur des impudiques, c’est, pour tout

LE CÉLIBAT 4

dire, le faux célibat. On le connaît et surtout on le pratique plus que le véritable.

Il a la vogue et les faveurs du monde. Il court tous les chemins et arrive partout à ses fins impures, semant à profusion la ruine et le déshonneur dans les cœurs et dans les familles. Qui pourrait, qui oserait le confondre avec le vrai célibat, basé sur la vertu et fait de généreux sacrifices ?

A côté du mariage légitime contracté devant Dieu. il y a — il y a toujours eu — l'union coupable, illégitime, et celle-ci a des degrés variés qui vont du concubinage d'habitude, du faux ménage aux liaisons faciles et sans lendemain. L'Etat a longtemps maintenu, comme une digue contre le dévergondage des mœurs, l’indissolubilité conjugale enseignée et prescrite par l'Eglise : il a cédé de nos jours au torrent de l’impiété libidineuse en promulgant la loi néfaste du divorce. On se marie et on se démarie à volonté. L'union libre est d'ailleurs de plus en plus préférée au mariage légal même mitigé par la perspective du divorce. Il y a donc deux sortes d’unions : celles qui sont consacrées par

l'Eglise et la loi, et celles que forme et que. rompt librement la passion. La coexistence de deux célibats va de pair avec celle de ces variétés de mariages.

Le célibataire, au sens légal et officiel, n'est pas celui qui n'use pas de la vie sexuelle et qui observe, dans une sévère continence, les préceptes divins; c'est uniquement celui dont l'union n'est pas inscrite sur les registres de l’état civil. C’est le faux célibataire dont nous parlions plus haut et qu’on rencontre partout : on ne saurait le stigmatiser trop haut pour sa honteuseconduite et ses mauvais exemples.

C'est lui qui recherche et préfère l'union libre à tous les liens, même les plus doux. Il y trouve les profits et les jouissances du mariage, sans ses austères devoirs et ses lourdes charges : il proportionne sa fidélité, son amour, ses largesses à son seul plaisir. Tel est l’honneur du célibataire civil, du faux célibataire qui prétend jouir de la vie sexuelle sans aboutir à une paternité effective, qui ne déserte le mariage que pour servir la seule sensualité et iontber dans la fornication !

LE CÉLIBAT Ÿ

Le jeune homme qui pense ne confondra jamais le vrai célibat avec sa honteuse contrefaçon. Décidé à suivre la loi de Dieu et à y conformer sa vie, il comprendra que la continence est la condition même du célibat et qu'il y a honneur et profit à contenir les sources de la vie et à garder la vir- ginité jusqu'au jour du mariage. Si la VOIX de la morale ne suffit pas à le convaincre, celle de la science arrivera à le déterminer, car elle enseigne que l’incontinence au seuil de la vie pubère est la cause des maux physiques les plus graves.

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