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LE PÈRE DE MADAME PERRAULT

Les détails que nous avons pu recueillir sur le Major McCarthy ne manquent pas d’un certain intérêt historique, en dehors de ceux qui intéressent plus immédiatement sa famille.

Richard McCarthy, le père de Madame Perrault, s'est distingué par la part qu’il a prise dans la guerre de l’indépendance des Américains, en se rangeantdu côté des insurgés,

Nous ne connaissons pas précisément le lieu et la date de sa naissance. Celle-ci doit remonter vers 1720. Ce que nous savons, c’est qu'il était de la race celtique d'Irlande, que l’on fait remonter aux Guëls ou Gaulois, et no descendait pas des McCarthy, établis et naturalisés en France depuis Jacques IT, dont quelques-uns apparaissent avant la conquête comme Français venus au Canada. (1)

En 1765 Richard MeCarthy était établi à Montréal comme marchand faisant le commerce des pelleteries dans l'Ouest. Son principal établissement dans ces régions était sur le Mississipi, en face de Saint-Louis

(1) Cf. H, P. vol.836. Isle-Royale.—Eloge de McCarthy, 26 juin 1756.—MeCarthy, commandant ‘La Valeur,’ 29 octobre 1755.— McCarthy, ‘* Mémoire pour secourir le Canada,” 8 octobre 1758,

actuel, où il bâtit un poste et des moulins sur une étendue de terre dont il'avait pris titre et auquel il donna le nom de Sainte-Ursule, en l'honneur de son épouse, Ursule Benoît,

Ce nom a subsisté jusqu’à récemment, et il est remplacé par ‘“ East St. Louis,” à cause de l'agrandissement de la ville de ce nom qui se porte de ce côté. Cependant nous croyons qu’il y a là une paroisse qui a conservé le nom de Sainte-Ursule.

Ursule Benoît naquit à Montréal le 16 juillet 1747, du mariage de Claude Benoît, chirurgien des troupes à Montréal, nommé par brevet de la main de Louis XIV, (1) et de Marie-Thérèse Babie. Elle était bien jeune quand, en janvier 1765, elle épousa Richard McCarthy, n'étant âgée que de dix-sept ans et demi. Il est singulier que jusqu'à présent, malgré toutes les recherches, on n'ait pu découvrir l’acte civil de ce mariage. Il est probable que le mariage a dû être célébré à Trois- Rivières, au couvent des Ursulines, où la jeunc fille était pensionnuire sous les soins de sa tante Baby, la Mère Th‘rèse-de-Jésus, et que le premier incendie, qui a détiuit toutes les archives du monastère, a détruit le registre qui devait contenir la célébration de ce mariage. Cet acte était d’une haute importance pour M. Perrault qui avait besoin d’une preuve authentique pour réclamer du chef de sa femme la succession MeCiuthy, dont les terres, tant daus l'Illinois que dans l’Indianu, ont aujour-

d'hui une très grande valeur. Ces biens ont tous été

mere

(1) M. le chevalier George Muir, parent, possédait ce parchemin,

perdus pour sa famille, sauf une étendue de 400 acres que M. Perrault trouva à vendre, en 1817, à l'honorable McGillivray, et dans lesquels étaient compris les ‘“ McCarthy’s Mills.”

Néanmoins, l'existence du mariage légitime des époux McCarthy est établie par les actes authentiques des naissances des enfants, tels que portés aux registres de l'état civil pour la paroisse de Montréal. Ainsi l'acte de sépulture de Richard, l’afné, en date du 3 juillet 1766, constate sa descendance et sa légitimité par mariage de ses père et mère. De même les actes de naissance subséquents, savoir : de Joseph-Richard, du 28 novembre 1767 ; de Benoît, baptisé et sépulturé à la Longue-Pointe, le 15 juillet 1769; et de Reïine-Elisabeth, du 6 mars 1770, à Montréal, constatent tous la légitimité du mariage.

De même la possession d'état des époux ne saurait être révoquée en doute. Elle apparaît formellement dans divers actes publics et notamment au contrat de mariage de la sœur d’Ursule, Murie-Murguerite Benoît, avec François-Xavier Bender, chirurgien-major du régiment des chasseurs de Hesse-Anhalt, de la légion allemande, passé à Montréal, devant Maître Sanguinet, notaire, le 3 avril 1780. On y voit présents et témoins désignés : l'honorable Roch-de-St-Ours, sieur D'Eschaillons; Luc de Chapt de la Corne, écuier, ancien capitaine, chevalier ‘ de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, et conseiller de Sa Majesté en cette province; Dame Thérèse le Comte Dupré, veuve de Raymond Baby, son aïeule ; demoiselle Ursule Benoît, épouse de Richard McCarthy, sa sœur;

Demoiselle Marie-Anne Baby, épouse de Jean-Baptiste Boucher, sieur de Niverville, sa tante; demoiselle Ursule McCarthy, sa nièce; l'honorable François-Murie Picoté, sieur de Bellestre, ancien capitaine, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, un des couseillers de Sa Majesté, son consin; René-Amable Boucher, écuier, sieur de Boucherville, capitaine du département de Montréal, ete., ete.

Ce mariage fut célébré le lendemain et les mêmes témoins et signataires apparaîssent à l'acte entré au registre de la paroisse. Leur nombre et leur qualité font pleine foi.

La légitimité du mariage des époux McCarthy ne peut donc pas souffrir de doute raisonnable, même au point de vu strictement légal,

Comme marchand engagé dans le commerce avec les pays d'en haut, Richard McCarthy était appelé à y faire de fréquents voyages. En février 1777, il était à Cuhoes, où il avait bâti une résidence, et d’où il écrit à son ami M. de Rocheblave, commandant à Misore. Il lui envoie un titre de propriété à enregistrer qui, suivant la loi du pays, dit-il, doit mettre fiu à tous les procès qu’on lui à inteutés à ce sujet. Il s'occupe de la construction de moulins, etc. Il raconte les massacres que les Puants et les Renards viennent de faire, ete. ‘“ Rien que la guerre partout,” ajoute-t-il, en terminant.

En sus de son poste à Sainte-Ursule, McCarthy étendait ses affaires ailleurs et jusqu’au Détroit et Michillimakinac. On a des lettres de lui qui établissent une

correspondance avec le Major de Peyster, commandant du Détroit. On trouve aussi dans la collection des ‘“ Haldimand Papers ” diverses lettres de R. McCarthy, ou qui le concernent. (Cf. id. B, 97—1, p. 47, 7 juin 1778.)

Il prit fait et cause pour les Américains dans les premiers soulèvements pour l'indépendance, lorsqu'ils eurent lieu dans l'Ouest. Il leva une compagnie à ses frais pour les troupesde la Virginie, et, comme capitaine, il marcha avec le fameux Colonel George Rogers Clarke, (que les Américains appellent l’Annibal de l'Ouest) dans son expédition sur Vincennes, au printemps 1779, et contribua vaillamment à la prise de ce fort, (Cf. Patrick Henry, vol, 1, p. 596).

Il avait d’ailleurs déjà fait ses preuves.

De Peyster, qui avait appris sa défection, en écrit au brigadier-général Powell, le 1 juin 1778, avec. un dépit visible, en disant de lui: “So poor a creature never entered into any service before.” Pourtant il est obligé d'admettre du même coup la valeur et la capacité du rebelle, en ajoutant: “ Yet he was a very principal actor at Fort Sackville.” Ce dernier fort était situé sur la gauche du Wabasbh, et il s’en trouve un plan fait par le lieutenant Henry Duvernet, R. R. A.

Le Capitaine McCarthy continua de tenir la campagne, et son brevet de major lui fut expédié, mais ne lui parvint pas, la mort l’ayant dévancé.

Au printemps de 1781, étant obligé et sur le point de faire le long trajet de Cahoes à Richmond, la capitale de la Virginie, McCarthy eut le Éd da de sa mort plus que probable.

Le parcours de la route était infesté de partis de sauvages dont les nations étaient en guerre contre les Américains, et la marche était longue et périlleuse.

Avant son départ, il crut prudent de faire son testament, Il l’écrivit de sa main daté à Caskaskias du 25 avril 1781 ct nomma ses deux amis Richard Winston (1) et Charles Charlesville ses exécuteurs testamentaires. Il institus son épouse, son fils Richard-McCarthy-Benoît McCarthy, et sa fille Ursule McCarthy, ses trois légataires.

Il déclare qu’on trouvera sa commission, titres et papiers, enregistrés et déposés en copies au bureau d’enregistrement de Cuhoes ; que sa commission au service régulier de l’état de Virginie pourra, dans le cours du temps, être de quelque utilité et bénéfice aux siens, n'ayant encore rien regr de sa paye, ni pour le recrutement de sa compagnie, dont il a fait tous les frais de ses propres deniers.

S'étant mis en marche avec un petit détachement de blancs et de sauvages, il atteignit en juin suivant les bords du Wabash. Li, il fut attaqué à l’improviste par un parti de la nation des Oaïas, qui venaient d’épouser chaudement la cause des Anglais. Cette bande étais commandée par McKee et Girty, du Détroit. Dans cette rencontre, il fut tué avec quelques-uns de ses gens et deux sauvages, On s’empara de ses papiers qui, si l’on

(1) Le même qui échappa au massacre général du fort Michillimakinac, en juin 1763, par les sauvages alliés à Pontiac. (Cf. Collection Bnuquet, À. 25, p. 266, où il fait récit de sa fuite et de la chance qu’il eût de parvenir à sauveté).

en croit le rapport de Depeyster, ne contenaient rien d'important sinon que le porteur et les habitants des Illinois étaient las des Virginiens. (Cf. Id. Depcyster au brigadicr-général Powell, 12 juillet 1781).

Le major McCarthy avait environ soixante ans lorsqu'il perdit la vie. La correspondance peu nombreuse qui reste de lui indique une boune éducation anglaise, mais ses lettres écrites en langue française sout peu grammaticales.

Il est resté dans la famille un cachet armorié provenant de lui, qui était entre les mains de son arrièrepetit-fils, M. Jos.-X. Perrault, de Montréal. L'écusson indiquerait l'origine de McCarthy comme remontant à une des bonnes familles d'Irlande, Lu devise en langue celtique porte :

Laugh lena dear en ughler.

Ce qui peut se traduire ainsi: La main de sang toujours levée en défi.

Il ne reste pas de descendants mâles de Richard McCarthy. Le seul fils qui lui survécut mourut jeune ct célibataire.

Quant à ses services militaires, ils n’ont pas été récompensés par les Américains jnsqu'à aujourd’hui.

Sa veuve lui survécut longtemps et demeura toujours avec M. Perrault, son gendre, chez qui elle mourut le 80 septembre 1812. Nous avons dit qu’elle était née le 16 juillet 1747, conséquemment elle était âgée c* 65

ans, et non pas de 68 ans, tel qu’erronément énoncé à l'acte de sa sépulture.

.. 1650, et décédé en France avant 1715 ; marié à Marguerite Caché, dont : de Carey, dont :

marié à Marie-Esther Lussier,...... to ds ete b 6 janvier, 1804, 1784. s. 7 février, 1852, dont :

1854, 1 Appoline-Esther, Dame Massiie,....... b. 5 février, 1829, 2 Josephte-Ursule, Sœur Sainte-Monique,b. 19 mars, 1830. 1788. | 8. l février, .. 1892, 1846. :

3 Charlotte-Matilde, Dame P.-B. Casgrain,.b. 28 décembre, 1831. 4 Reine-Rosine-Louise, ................. b. 25 août, 1834. 1791. 8. 18 avril, 1835.

5 Joseph-Xavier,.... .-............b. 28 mai, 1836. 6 Victoria-Philomène,...... ............ b. 29 juin, 1838, 1794. s. en bas âge.

APPEN.

PERR

Lignée en Canada des ancêtres et desc

Chef, 1650, JACQUES-FRANÇOIS, maître chirurgien, de la paroisse Saint-Jacques, en la ville de Cosne-sur-Loire,

FRANÇOIS, marchand forain, né en France ; marié à Qué

1 François-Antoine, ....b. 23 octobre 1716. { marié à Marie-Joseph Babie, 3 août 1750, dont :

s. en bas âge.

1 Marie-Joseph-Louise, .b. 24 juillet, 1751, 2 Jacques, l’ainé,.......b. 2 juin 1718. s. aux Illinois. l Joseph-Frax 8. 21 mars 1775.

marié à Montréal, ?

2 Nicolas-Louis,........b. 6 juillet, 1752.

3 Joseph-François,....….b. 18 septembre 1719. 8. aux Illinois. 2 Marie-Ursule, D s. 1 mars 1774. ; 3 Joseph-Françcois,b. 2 juin, 1753.

4 Susanne-Joseph,......b. 30 septembre 1720. s. 4 avril, 1844. 3 Thérèse, Dame | 4 Thérèse,.....…., . ---...b. 25septembre, 1754. 5 Louis-François,…..b. 16 novembre ee 8. 12 octobre, 1754. 4 Jean-Baptiste-R 8. 782.

5 Joseph-Michel,.. ....:b. 19 août, 1755.

6 Marie-Susanne, ...... b. 25 janvier 1723. s. en bas âge. 5 Marie-Eléonore, 8. 18 février 1723. ù 6 Françoise-Susanne, ...b. 14 mai 1756.

7 Marie-Angélique,.. ...b. 14 mai 1724. s. aux Illinois, 1790. 6 Charles-Norbert 8. après 1795. " .

7 Marie-Antoinette, ....b. 14 mai, 1756, 8 Guillaume-Michel,....b. 23 février 1726. 8. 26 juillet, 1756. | 7 Ursule-Charlotte s. 12 juin 1790.

8 Louise, ......... .-...b. 10 mai, 1757. |.

9 Jean-Baptiste... ....…. .b. 3 juillet 1727. 8. 28 mai, 1757. | 8 Angélique-Olym s. avant 1730.

9 Michel-Nicolas,....:..b. 18 mai, 1758.

10 Marie-Agathe,........b. 9 avril 1729. 8. 9 François, ...... 8. 3 mai 1733. ; 10 François, .......-....b. 8 mai, 1759.

11 Jean-Baptiste... ..... b. 2 juillet 1730. . 8. avant 1772. | 10 Louis-Richard,.. ; s, après 1798. ÿ 11 Françoise-Charlotte, ..b. 18 juin, 1760. 12 Marguerite-Susanne,..b. 31 octobre 1731. s aux Illinois.

8, 4 février 1805.

12 Jean-Baptiste, ..… .….b. 25 décembre, 1761, fes aux Iles.

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