‹ La vie de Joseph-François Perrault [microforme]Chapitre 7 sur 25 · François, baptisé le 8 mai 1759, et décédé avant · texte numérisé non relu

François, baptisé le 8 mai 1759, et décédé avant

11° Françoise-Charlotte, baptisée le 18 juin 1760 aux Trois-Rivières, mariée à la Nouvelle-Orléans, à M. Charles Laveau Trudeau.

(1) Dans le testament de son oncle Michel, il est nommé Louis. D'Auquetil de Morand.

120, Jean-Baptiste, baptisé le 25 décembre 1761, aux Trois-Rivières. Celui-ci, en allant rejoindre son père aux Illinois, avec ses frères et sœurs, ayant fait naufrage, fut recueilli avec eux au Cap-Français, par leur oncle Michel qui, après avoir remarqué chez cet enfant, âgé seulement de 10 ans et demi, beaucoup d’esprit et de dispositions naturelles, se chargea de son éducation et l’envoya à La Rochelle pour 12 faire instruire.

De ces douze enfants, il y en avait sept de vivants au décès de leur mère, et tous en bas âge, Seul pour y pourvoir, cette perte fut douloureuse pour M. Louis Perrault, et venait ajouter à son déplacement forcé et à l'exil de son toit. T1 lui fallut subir en même temps les désastres entraînés par la guerre et par la ruine de son commerce interrompu avec la France. L'avenir pour lui, comme pour tant d’autres, se montrait sombre et désespérant, depuis la prise de Québec. On lit dans une lettre de lui à son beau-frère Louis Baby, à Montréal, ce à quoi il pouvait s'attendre. Il lui annonce que les Anglais sont rendus au Cap-de-la-Madeleine avec leur flotte; qu’ils ont soumis le Cup, Batiscan et Champlain, en faisant rendre les armes à tous les hahitants. Ceux-ci sont venus se soumettre. La famille de Perrault, l’ainé, est aux Forges. Il remercie son beau-frère de l'offre d’aller partager son logement à Montréal ot s'attend à être pris bientôt.

Il put cependant éviter ce dernier malheur et continua de demeurer aux Trois-Rivières jusqu’à ce que la paix fut rétablie, en 1763. Pendant ce temps là, il fit une

- connaissance utile et se lin d'amitié avec le général Haldimand, nommé gouverneur de la place, en mai 1762, Tous deux faisaient souvent ensemble la chasse à la bécassine dans la commune. Nous verrons dans la suite que cette liaison ne fut pas oubliée, lorsque le général fut transféré, en 1765, au poste de Pensacola, sur le golfe du Mexique.

Pour ne pas répéter ici ce qui se lit dans la biographie de son fils, nous dirons que Louis, pour éviter la domination anglaise et pour continuer son négoce avec la France;,traversa à la Rochelle, de là à la Nouvelle-Orléans, et passa aux Illinois, pour s'établir à Pincourt, près le poste Saint-Louis, du côté espagnol. Le général Haldimand, se trouvant dans ces parages, voulut bien lui rendre service au besoin, comme on le voit par sa correspondance, Cf. H. P.-B. 3, p. p. 211, 240, 278 et 461.

Voici un extrait d'une de ses lettres au gouverneur Gage, pour lui recommander M. Perrault

“ Pensacola, 25ème février 1778, Live Oake.

....A tous les papiers que contient ce paquet je joins “une lettre de M. Louis Perrot, que j'ai connu aux Trois-Rivières comme un très honnête homme et qui “ se donne toutes les peines possibles pour faire subsister ‘es six enfans, qui ont perdu leur mère fort jeunes. Si ‘“ Votre Excellence peut lui rendre service ce sera une ‘“ bonne action que je crois véritablement qu’il mérite,” H. P.-B. 3, p. 212.

La lettre de M. Perrault était un mémoire au gouverneur pour lui demander protection, afin de pouvoir aller règler certaines affaires mercantiles importantes

qu'il avait dans les territoires anglais. Ce mémoire ayant été trouvé bien fondé, le gouvernenr le transmit au capitaine Forbes, commandant au Fort-de-Chartres, lui mandunt de donner tout l'aide en son pouvoir à M. Perrault.

Celui-ci, dont le commerce de lu traite des pelleteries avait pu s'accroître, au lieu de diriger sesenvois par les lacs et la Chine, les descendait lui-même à la Nouvelle- Orléans, à la fin de chaque année, ce qui occasionnait en outre d’autres voyages sur ce marché, En remontant de là, en juillet 1778, il écrit du Fort-Butc, le 18, à son ami le général, de vouloir bien lui procurer une nouvelle recommandation pour le même objet, et la prie de lui retirer le montant d’une traite sur un M. Evans Jones. Cette traite provenait d'un M. Dutillet, comme associé de M. Perrault, ce qui établirait une société commerciale entre eux deux.

Aussitôt que Louis Perrault, qui avait continué d’habiter Pincourt, vit que ses enfants étaient en état et d'âge à venir le rejoindre, il les appela auprès de lui, où il arrivèrent à la fin de 1772. Son fils Joseph put dès lors l’aider activement dans la conduite de ses affaires et le remplacer au besoin.

Le commerce de la maison, à Pincourt, prospérait. Entre temps survinrent les premiers mouvements de la . guerre d'indépendance américaine. Les Espagnols firent, de leur côté, à Pincourt, quelques petits retranchements autour d’une maison en pierre, qu’on appela le Fort-Louis de Pincourt, et y mirent une garnison d’une cinquantaine d'hommes. Sur ces entrefaites, le colonel George Rogers

Clarke s'était mis en marche sur Vincennes, accompagoé entre autres du capitaine Richard McCarthy—dont nous aurons à parler ci-après. Clarke s'arrêta vis-à-vis du Fort-Louis pour ravitailler ses troupes composées de 600 hommes, Clarke, comme on le sait par sa correspondance, ne se gênait guère de prélever de gré ou de force ce dont fl avait besoin pour sa campagne, tant en vivres qu’en argent, pour la solde de ses troupes. Il mit à contribution les Perrault, père et fils, et leur donna en paiement une traite de $6,000 payable en or et non en monnaie de papier de la Virginie, tirée sur un nommé Miller, à la Nouvelle-Orléans, négociant et agent des rebelles Virginiens. C’est la même traite qui fut protestée et pour laquelle Perrault, fils, fit le voyage si désastreux dans la Virginie, en 1779, où il faillit perdre la vie. Cette traite n'a jamais été remboursée par Îles américains.

Louis Perrault mourut aux Illinois en 1782 ; M. Albert Bender, protonotaire, de Montmagny, croit que ce fut à la Nouvelle-Orléans. Sa lignée par les descendants du nom semble éteinte aux Etats-Unis. Celle par les filles est continuée, dans la Louisianne, par les mariages ci-

haut mentionnés.

Page 1