‹ La vie de Joseph-François Perrault [microforme]Chapitre 6 sur 25 · LE JUGE OLIVIER PERRAULT · texte numérisé non relu

LE JUGE OLIVIER PERRAULT

héritiers mâles comme bien noble, c'est-à-dire à ses trois frères.

Deux autres des fils de Jacques, l'aîné, entrèrent dans les ordres sacrés, savoir : Charles-François, né le 19 septembre 1753, ordonné prêtre le 21 décembre 1776, et décédé le 24 décembre 1794, curé de Saint-Laurent, [le de Montréal ; — et l’autre, Charles, né le 18 mai 1757, ordonné prêtre le 20 mai 1780, et décédé à l’Isle-aux- Coudres, le 2 janvier 1793, dont il était curé.

Les filles s’unirent aux bonnes familles canadiennes, Une, Françoise-Charlotte, devint l'épouse du colonel Voyer, et mourut le 11 mai 1815. Elle eut pour gendre Charles Frémont, père du chevalier le Dr. Frémont, doyen de la faculté de l'Université-Laval, qui eut pour fils Jules Joseph-Taschereau Frémont, ex-M. P., et ex-maire de Québec. Louise-Rose fut mariée au colonel Vassal de Montviel, adjudant-général des milices. Catherine épousa René de LaBruère, de Boucherville.

Le dernier fils de Jacques, l’ainé, Jean-Baptiste-Olivier, né le 22 juillet 1773, suivit avec succès la Carrière du barreau, fut nommé proeurenr-général du Roi en 1808,

comme-successeur-de-M:-Sewell dévenn juge-erchef.;-

fut nommé membre honoraire du Conseil exécutif, membre du Conseil Législatifen 1812, et, en mai suivant, promu juge de la Cour du Banc du Roi, pour remplacer le juge de Bonne qui avait pris sa retraite,

L’honorable juge Perrault a laissé la réputation d’un magistrat digne, intègre et éclairé. Sa vie était exemplaire et rappelait les anciens modèles de la magistrature française, Il habitait la maison qui fut depuis connue

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sous le nom de ‘Kent House, ”’parce que le duc de Kent l'avait habitée. Il y vivait simpiement, conservant les habitudes rangées d'économie qu’il avait apprises du bon vieux temps, dans sa famille, et qu'on n'avait pas konte alors de mettre en pratique. Ce qui, toutefois, ne l’empêchait pas de fuire les honneurs de sa position et de tenir dignement son rang dans la société, mais, au coutraire, l’aidait à en soutenir l'éclat.

Il mourut à Québec le 19 mars 1827, respecté de tous.

Il avait épousé. à la Beauce, en 1806, demoiselle Marie- Louise Taschereau, née le 30 juin 1777, fille unique de l'honorable (Gabriel-Elzéar Taschereau, membre du conseil exécutif, seigneur de Ste-Marie de Linière, Joliette et Saint-Joseph, colonel des milices, grandvoyer, ete., et de dame Marie-Louise-Elizabeth Bazin.

Le seul fils survivant de ce mariage, Olivier-Joseph- Elzéar Perrault de Linière, épousa demoiselle de Montenach, petite fille de la baronne de Longueuil, et maintenant veuve de l’honorable Thomas Ryan, sénateur. Elle est encore vivante à Montréal.

Les trois filles du juge Perrault épousèrent, l’une l'honorable Henri-Elzéar-Juchereau Duchenay,sénateur ; une M. Errol Boyd Lindsay, notaire, bien connu à Québec, et la dernière, M. René Kimber.

Toute la lignée de Jacques Perrault, l’aîné, malgré ses treize enfants, se trouve maintenant éteinte dans ses descendants mâles à la troisième génération.

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Revenons à la première génération et aux frères de

Jacques, l'aîné. Il y a un autre digne personnage de Ia famille qu’il ne faut pas passer sous silence, celui qui fut chanoine et président du chapitre de la cathédrale de Québec, Il peut être rangé à bon droit parmi les membres les plus utiles et respectés du clergé canadien, tant sous le régime français que sous la domination anglaise, ayant vécu quatorze ans sous celle-ci. Nous l'avons vu réfugié à Trois-Rivières, lors du siége de Québec. Là, en qualité de grand vicaire de Mgr Briand, qui luttait alors pour son évêché, et n’était reconnu simplement que comme recteur du diocèse de Québec, après la capitulation, il rendit” par sa prudence et son æèle éclairé des services importants à l'Eglise du Canada, pendant la crise qu’elle eut à subir alors. Il n’abandonna point les ouailles confiées à ses soins. Son ami, l’abbé de l’Isle- Dieu, de Paris, lui écrivit pour le louer et l’encourager à rester ferme à la garde de son troupeau. Après la paix conclue, il retourna à Québec continner son ministère, et mourut le 1 mars 1774, âgé seulement de 54 ans.

#4 Guillaume-Michel Perrault, un autre frère, négociant et armateur, * ne voulut pas, ainsi que son frère Louis, demeurer au Canada, ruiné et dévasté par une longue guerre, et se soumettre à une domination étrangère, après la cession du pays. Comme l'écrit son neveu, il

avait été pris en mer, avec son vaisseau, par les Anglais, et se vit totalement ruiné. On voit par ses lettres du

* C’est probablement le même que Guillaume Perrault, mentionné par Mgr Tanguay, D. F. C., comme marin de la Rochelle,

20 avril 1759 et du 29 février 1760 qu'il était alors retiré à la Rochelle. De là; il passa aux Isles et parvint à refaire sa fortune. Si bien que, quoiqu’ayant abandonné l’idée de revenir au Canada, il y placa néanmoins des fonds et fit l'acquisition, (1774, greffe de Panet) par son frère ainé, son procureur, de la seigneurie de la Bouteillerie, qu’il légua à son neveu Jacques-Nicolas,

Son testament en langue espagnole, reçu devant Mtre Pédesclaux, notaire, àla Nouvelle-Orléans, le 2 juin 1790, a été déposé en copie authentique au greffe de Mtre Lelièvre, notaire à Québec, et contient divers legs à sa famille, l'émancipation de ses esclaves et des gratifications à quelques-uns d'eux. Il mourut lé 12 du même mois, en bon chrétien. Il était célibataire.

Par ses lettres, on voit qu’il avait reçu une bonne éducation et une excellente instruction. Elles indiquent up jugement sain, et sont écrites d’un style simple, facile et clair ; l'écriture est parfaite, comme celle de ses frères.

Jean-Baptiste Perrault, des Trois-Rivières, celui qui exploitait les forges de Saint-Maurice, était un des légataires de son frère Michel, savoir de ses rentes sur l’hôtel de ville de Paris et d’une somme de 6,000 livres. Le même Jean-Baptiste est entré au censier du Domaine du Roi, en 1780, comme ayant porté foi et hommage pour le fief Boucher, au-dessus des Trois-Rivières, (F et H. Dom. ang. p. 24).

De son mariage, le 12 septembre 1757, avec demoiselle Marie Lemaître, naquit Jean-Baptiste, vers 1760, celui

dont Schoolcraft a traduit les mémoires en anglais. Ce fils avait reçu une certaine éducation classique, mais au sortir du collège, au lieu d’embrasser une profession libérale, l'attrait des voyages le porta à s'engager à l'emploi de M, Marchesseuu, bourgeois de Montréal, qui faisait le commerce des pelleteries et la traite dans les pays d'en haut. Après diverses courses dans ces régions, il s'établit finalement à Michillimakinac, où il épousa une sauvagesse, fille d’un chef du haut Mississippi, laquelle lui donna un grand nombre d'enfants. Il mourut au Sault-Sainte-Murie, le 12 novembre 1844, à l’âge avancé de 84 ans. Les propriétés qu’il possédait à Saint-Joseph, dans l’Isle-de-Makinaw, furent perdues pour ses enfants. C’est ce qu’on découvre dans un opuscule du capitaine Kelton, officier américain, intitulé “ The Annals of Mackiraw,” où il est dit que ces biens sont tombés en déshérence et dévolus à l'Etat du Michigan. Serait-ce par défaut des héritiers de se présenter, ou parce que le muriage n'aurait pas été reconnu par la loi de l'Etat ? On n’en sait rien.

Ce même Perrault avait fait beaucoup de voyages dans le Nord-Ouest, jusqu'aux sources du Mississippi, et ridigea une relation de ses courses et explorations, Il donna son manuscrit à son ami Henry R. Schoolcraft, qui, l'ayant traduit, le publia en langue anglaise, sous le titre de ‘“ Life in the North-Western region of the ‘ United Stutes in 1783 being the relation of the voyages ‘ofa merchant voyager in the Indian Territories of “ North America, setting from Montreal, may 28th “1783, by Jean-Baptiste Perrault.”

On voit, en lisant cetécrit, que l’auteur de la narration française n'avait pas oublié ses études premières, malgré son isolement dans les immenses territoires de l'Ouest. Il parait avoir été assez bien instruit ; ses récits ne manquent pas d'intérêt et portent l'empreinte d’un cachet de vérité et de couleur locale d’une simplicité tout près de la nature. Souvent ils sont accompagnés d'observations judicieuses.

Schoolcraft, qui a vécu quelque temps avec lui comme hôte, a été à même d'apprécier le personnage. Il en parle comme d’un homme plein d’urbanité et de douceur, d’une mémoire excellente et d’une conversation intéressante ; habile etingénieux dans les ouvrages d’arts mécaniques.

La traduction de Schoolcraft se trouve insérée dans son ouvrage intitulé “The History of the Indian Tribes in North America”, vol. III, p.p. 353 à 359,

On peut référer sur le même sujet aux ‘ Bourgeois du Nord-Ouest”, 2ème série, p. 165, par R. Masson.

Tous ces détails biographiques peuvent paraître oiseux et semblent n'avoir d'intérêt immédiat que pour les membres actuels de la famille Perrault. Mais si l’on veut bien considérer que ces divers personnages ont dû exercer, par leur contact et par leur exemple, une influence salutaire sur l’esprit et la formation du caractère de Joseph-François Perrault, le principal sujet de ce livre, on conviendra qu’ils ne sont pas tout à fait inutiles.

Au reste, il n’y a pas à se cacher les suites, sinon inéluctables, du moins communes de l’atavisme, et l’em-

preinte morale que plusieurs générations d'hommes de bien peuvent donner à leur ruce. C'est d'ailleurs ce que nos anciens savaient fort bien apprécier dans leur langage proverbial, quand ils disaient de ces braves et honnêtes familles: “C’est une bonne pâte de gens.” — ‘ Bon sang ne peut mentir.”

Cette même notion remonte à bien loin. Horace l’exprime clairement :

“ Fortes creantur fortibus, et bonis.” Od. IV, 29.

C’est à ce point de vue que nous faisons voir les premiers ancêtres de la famille Perrault, gens probes, honnêtes, industrieux, bien alliés, utiles à leur pays et à eux-mêmes, dans les divers états qu’ils ont occupés, de manière à laisser derrière eux un bon nom, quelque modeste qu’il soit,

Avant de commencer la biographiedu grand-père Perrault, il convient de donner sur son père, Louis-François, le cinquième fils de François, certains renseignements qui ne se trouvent pas au complet dans la vie de son fils, qui va suivre,

Louis, après avoir suivi le cours classique que le Collége des Jésuites donnait alors, embrassa la carrière du commerce à Québec, comme ses autres frères. Il épousa à Montréal, le 3 août 1750, demoiselle Marie- Joseph Babie, fille de Raymond Babie et de Thérèse le Comte Dupré, née à Montréal le 22 octobre 1728, de laquelle il eut,douze enfants, dont le dernier, né le 25 décembre 1761, semble avoir coûté la vie à sa mère, qui mourut le 22 avril 1762.

Leurs noms et dates de naissance consécutives sont comme suit:

1° Marie-Joseph-Louise, (Josette) baptisée le 24 juillet 1751, mariéo le 16 septembre 1775, à Saint-Louis du Missouri,à Martin Duaralde, commandant au poste des Apeloussas, aux Illinois,

20 Nicolas-Louis, baptisé le 6 juillet 1752, passé au Cap- Français en 1771, chez son oncle Guillaume-Michel.

3 Joscph-François, le protonotaire, connu ensuite sous le nom de Grand-Père Perrault, né le 2 juin 1753.

40 Thérèse, baptisée le 25 septembre et inhumée à Charlesbourg le 12 octobre 1754.

5o Joseph-Michel, né le 19 août 1755.

60 Françoise-Susanne, (Susette) jumelle, baptisée le 14 mai 1766, mariée aux Illinois à Dominil Moran de Montminil, et décédée là avant 1790 (1).

7° Marie-Antoinette, jumelle, baptisée le 14 mai 1756, et inhumée à Beauport le 26 juillet suivant.

8° Louise, baptisée le 10 et sépulturée le 28 mai 1757, à Beauport.

9 Michel-Nicolas, baptisé le 18 mai 1758.

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