SANS
quefois
esseIns :
le émi-
paration sté de e re-
Marie de 'néurnatioh Liv. II. a
| lever par une ‘grände ‘confiance: | Quélquétois ". Dieu lui laissait entrevoir qu’élle n'avait rien
pérdu de ses bonnes grâces; le plus souvent elte lé trouvait insensible à tout cé qu'elle pouvait ua pour le toucher :: maïs de quelque manière qu’il en usât, elle confessait qu'il agissait par amour, et elle acquiescait à tout par un rétouramoureur, qui l'afférmissait de plus en ‘plus dans une rési: goation parfaite aux volontés de son époux. * Son confesseur’ne lui parla de ses premières dispositions que comme de très-dangereuses illusions, pendant lesquelles on l'avait mal conduite. 1 ne croyait apparemment qu’une parti de ce qu'il disait, mais il hasardait beaucoup; et dans une épreuve où la tentation de désespoir est presque continuelle, s'il n’eût eu affaire à uné femme forte, il ‘en serait peut-être arrivé
quelque accident funeste. Avec cela, à abandon-
nait trop sa pénitente à elle-même, jusque-là qu’il fut une fois plusieurs: mois sans la voir. Pour surcroît d’affliction, on apprit de Rennes que le jeune Martin, après y avoir été pendant quelque temps l'exemple du Collége, commençait à se déranger, ét qu'il y avait à craindre qu'il
nése perdit entièrement. Il n’en fallait pas tant
pour jeter cette mère désolée Gt üh abtmie de douleurs. Elle: La Succomba pourtant pas. Elle pensa d’abord'qui ‘| veau ressort, pour mêttre obstacle. à:sa profession ; dont le temps approchait: Aussitôt ;elle se soumit à tout ce que le ciel en ordonnerait. Il
semblait que Dieu n’attendit que ce sacrifice de
son humble servante, pour mettre fin à l'inquiétude que lui causait la conduite deeet enfant. A la consola intérieurement, et l’assura qu’il aurait'soin de son fils. Peu de temps après; l’enfant revint à Tours ; une de ses tantes le prit à cles elle “etil: commença à mener une vie plus réglée. Sa sainte mère, délivrée de ce: souci, fut enfin averlie de se préparer à faire ses vœux. L'accablement: de peines où elle était toujours, ne lüi permit pas de goûter d'abord la joie que devait lui causer une si heureuse nouvelle : mais
le sacré Verbe ne voulut pas qu’une épouse si
fidèle et si chaste éprouvât des rigueurs, dans le temps même qu’elle s'unissait à lui par des liens indissolubles. La veille: de sa profession, elle sentit en ‘un moment toutes ses peines cesser et se trouva dans une disposition intérieure, qu'elle seule peut nous bien faire connaître.
‘le démon faisait jouer ce nou-
Marie de l'Incarnation. Liv. IL. 49%
« Hsemblait; dit-elle , que toutes les impres-.
» sions de mes souffrances fussent changées en __»:des sentiments d’un amour le plus tendre que » j'eusse encore ressenti: Je disais, Ô mon cher » amour! quoique jusqu’à présent j'aie été votre. v.épousepar les vœux que je vous faisais; je
» vais l'être encore d’une touté autre manière.
» Toutes les puissances de mon âme étaient » tellement plongées dans un océan d'amour, » qu’elle n’en sortait point, non plus qu’une »personne qui serait abimée dans le fond de la: " »-mer. Je suppliais ce divin Epoux que cela ne » parût point au dehors , et qu'il me laissât libre
». pour l’action que j'allais faire..Il me l’accorda: : » toutefois, pendant la cérémonie ; j'eus beau-"
» coup de peine à conserver toute l'attention » nécessaire pour ne rien omettre, et ce ne fut » pas sans de grandesdifficultés que je vins à bout » delire et de proférer la formule de mes vœux. » Après l’action, j'expérimentai en mon âme des » choses dont j'ai encore la mémoire bien ré-
» cente, mais dont je ne puis rien exprimer.
» Dès que je fus relirée dans ma chambre, les » assauts du divin Amour furent si pressants, » qu'il fallut me prosterner, ne sachant en
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194 La Vie de la Mère °° * » quelle posture tenir mon corps. J'étais si lrans- » portée, qu’en marchant par là maison, il me » semblait que tout fût mort pour moi. Je ne » pouvais entendre ni comprendre que mon » Epoux. Toutes mes puissances étaient retirées » au fond de l’âme, où elles étaient avéc Dieu » comme dans leur centre, de sorte que l’exté- » rieur demeuraït aussi sans sentiment. Plu- » sieurs jours après, je ressentais encore dans le » corps la douleur que m'avait causée cet at- » trait. |
» Le lendemain de ma profession, étant pros- » ternée devant mon oratoire, je sentis mon » cœur s’élargir dans un entretien avec mon di- » vin Epoux, sur la grande miséricorde qu'il » m'avait faite. Ce fut alors qu’il me donna à » entendreavec une très-grandeclarté, qu'il vou- » lait que désormais je volasse continuellement » à lui, à limitation de ces esprits suprêmes » qui-sont les plus proches de lui, qui le con- » naissent, qui l’aiment, et qui sont comme » l'habitation de sa divine Majesté. Ces paroles » m'animérent de nouveau, et je voyais le che- » min de l'amour si aplani et généralement » toutes choses si faciles, que je m'offrais et
j (rans- , il me Je ne e mon tirées C Dieu l’exté- Pludans le et at- | pross mon On diqu'il Nna à Fvoument 'Êmes conmme roles chenent S et
| ».m’abandonnais sans cesse au Bien-Aimé, pour » faire et souffrir tout ce qui lui serait le.plus
Marie de l'Incornation. Liv. IT. 495
» agréable. Je passai ainsi huït jours; après quoi » me voilà replongée dans l’abime de mes croix. » 1 ne me semblait pas qu’il dût jamais y avoir » de consolation pour moi. J’offrais tout cela à » Notre-Seigneur, et je lui sacrifiais de grand » cœur l'inclination que je sentais à chercher du » secours hors de lui. Je croyais que toutes les » créatures m'avaient en horreur , et je pensais » que c'était avec justice. Plus je me voyais » basse, plus je sentais un instinct intérieur qui » me disait : Cherche encore à t'avilir davan- » tage. Que les peines qu’on ressent en cet état » sont grandes! c’est une division des deux par- » ties, qui fait connaître combien leurs préten- » tions sont opposées. L'esprit plus éclairé et » plus délicat que jamais, ne veut aucun mé- » lange de la partie inférieure, qui se voyant » ainsi privée de tous les biens dont l'esprit jouit, » cherche ailleurs du soulagement : mais elle » n’en trouve pas, et souffre une peine qui tient » de l’agonie. Quand je découvrais mes souf- » frances à ma Supérieure, elles diminuaient » un peu : mais je fus intérieurement portée à
196 La Vie de la Mère ; » me priver de ce petit soulagement, k seul que » je reçusse. pe On n’est jamais plus'près de recevoir la conso. lation du ciel, que quand on renonce à celle @e la terre; mais parmi les personnes, même spirituelles, peu savent faire un sage discernement entre le secours qui vient de l’homme et que la nature recherche, et celui qui vient de Dieu, et que l'esprit de grâce fait désirer et poursuivre. On ne saurait prendre plus de précautions qu’en prit la’nouvelle professe, pour ne pas faire de fausses démarches dans une occasion si délicäte, où pour peu qu’on s’écarte, on: s’égare à l'infini. Dès le moment qu’elle eut perdu dom Raymond, elle se sentit fortement inspirée d’avoir recours aux Pères de la compagnie de Jésus, qui n’6-
U LR UT Î ru
taient point encore établis à Tours : cependant, pen
+ mème
comme elle espérait que dom Raymond de Saint- RE
Bernard reviendrait, elle se persuada qu’en at- Père
tendant son retour, elle ne devait point quitter et lu
le confesseur qu’elle avait alors; mais enfin, til
n’en recevant absolument aucun secours , ses de la
premiers mouvements revenaient sans cesse, et d'à ce combat la fit assez longtemps souffrir. Elle ne trésc
se serait peut-être même jamais déterminée à
Île de la > Spirinement
que la
Dieu, et Suivre, S qu en aire de
élicdte, infini, mond, ecours i n’édant, Sainten afuitter nfin,
» Ses :
Je, el le ne ée à
| parler à aucun
Marie de l’Incarnation. Liv. HI.
eût obligée.
” Ily avait alors à Tours un de ces Pères, nommé le Père George de la Haye, qui y avait prêché | l'Avent, et qui y devait prêcher le Carême. Il
venait de temps en temps faire des exhortations aux Ursulines, et il avait rempli toutes ces Religieuses d’une très-grande estime pour sa vertu et pour sa capacité. La Mère de l’Incarnation avait été touchée plus que personne de sesdiscours, et la seule crainte de tomber dans l’inconstance .et la légèreté, si ordinaire et si pernicieuse aux personnes dévotes, l’empêchait de lui ouvrir son cœur, Sa Supérieure, qui savait la manière dont son confesseur se comportait avec elle, et qui était convaincue qu’elle ne ferait jamais d’ellemême aucune démarche pour s'adresser à un
autre, lui ordonna de découvrir son cœur au
Père de la Haye, qu’elle pria de venir la voir, et lui recommanda de ne rien cacher à un homme qui méritait toute sa confiance. Le Père de la Haye n’eut pas été un quart d'heure avec la servante de Dieu, qu’il reconnut les grands trésors de grâces dont Dieu l’avait remplie. Elle de son côté fut entièrement surprise, qu’en deux
‘ulte, si sa Supérieure ne l'y
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D res ee
paroles il eût remis le calme dans son cœur, et l’eût délivrée de quantité de mauvaises craintes, qui lui faisaient un tort considérable, et, persuadée par cette expérience, que c'était là le guide qu’elle devait désormais suivre, elle ‘s’abandonna sans réserve et sans qu’elle pût s’en défendre, à sa conduite: Le Père cepéndant ne se contenta pas de la déclaration verbale qu’elle lui avait faite de ses tentalions, de ses peines inté- rieutes et des faveurs célestes dont Dieu l'avait prévenue , 1l voulut en avoir un écrit suivi et exact. Elle connut en même temps que Dieu ‘approuvait ce commandement, et elle se senti une ferme confiance qu'il l'aiderait dans l’exécution. Elle assure qu'elle était charmée qu'il lui fût permis de dire tous ses péchés, et de faire voir le mauvais usäge qu'elle avait fait des grâces dont elle avait été favorisée; et qu’en un moment toute sa vie lui fut remise devant les yeux; de sorte que son écrit ne lui coûta rien à faire. Le Père de la Haye n'eut pas plutôt lu ce mémoire, et pris tout le temps de s’instruire et de consulter le Seigneur sur une affaire qui lui paraissait délicate, qu’il dit à la Mère de l’Incarnation, qu’il reconnaissait l’esprit de Dieu dans
cœur, et Craintes, et, perait là Je es’aban:
s’en déant ne se u'elle lui es intéeu l'avait suivi et e Dieu se senli( s l’exé- 1ée qu'il de faire ?S grâces un mo- ES Yeux; à faire.
ce méfe et de lui pal’Incaru dans
Marie de l'Incarnation. Liv. WI. 49%
| tout ce qui s'était passé en elle, qu’elle serait
bien coupable; si jamais elle aimait quelque autre
| chose qu’un bienfaiteur si magnifique. A ces
paroles , toutes ses peines se dissipèrent, et son Epoux, redoublant ses caresses, lui fit sentir que
ce changement était le fruit de son obéissance,
Klle passa ainsi tout le temps pascal, jusqu’à Ascension ; puis, tout d’un coup, elle se trouva
… replongée dans ses plus grandes peines. Mais il”.
paraît que cela ne dura pas, et n’eut aucune suite. Voici de quelle manière elle dit que tout cela prit fin. « Un:soir, comme je me prome- » nais par obéissance dans une allée du jardin, » fortement unie à Dieu, à qui je faisais de » nouvelles protestations de vigilance sur moi- » même , j’eus un instinct très-puissant de m’ar- » rêter, de demander pardon du plus profond de » mon cœur au céleste Epoux, et de lui pro- » mettre une éternelle fidélité. A peine eus-je » obéi, qu’à l'instant toutes mes tentations et » toutes mes croix s’évanouirent. me. sembla » que je n'avais jamais souffert, et je demeurai » remplie d’une paix très-profonde. »
Elle rapporte ensuite les grands avantages qu’elle tira de ses peines; la nécessité qu'il y
avait pour elle de passer par ces épreuves pour parvenir à la parfaite pureté de cœur et à la perfection de l'humilité chrétienne ; le désir que cet état de souffrances intérieures lui laissa dans le cœur de souffrir encore davantage. Elle ajoute qu’elle préférait ces croix et ces tentations aux douceurs et aux consolations spirituelles, À cause des biens inestimables qu’en retirent ceux qui les prennent de la main de Dieu, et qui en font un usage conforme aux adorables desseins de-sa Providence. « J'y ai connu, dit-elle, le grand » amour que Dieu me portait, et ce qui était en » moi de contraire à cet amour. J'y ai appris à », mourir à mes sentiments, et à me défaire, quoi » qu'il m'en doive coûter, de tout ce qui peut
» me retarder dans ma course. Quand je réflé- : is | » chis sur mes sentiments morlifiés, et privés de ü LE » leurs désirs, mon esprit se satisfait : je prie celler » Notre-Seigneur de n’en avoir point de pitié, PAT ». mais de me rendre digne de n'avoir ni désirs En » ni sentiments que pour lui; car, dans mon a », âme, je vois clairement et j’expérimente com- jeun » bien cela est nécessaire , et combien l'esprit à lui » tend toujours à cette grande pureté. Or, il est RE » impossible d’avoir ces connaissances par d'au- , parle
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X qui n font de-sa grand ait en pris à , q uoi | peut réfléés de
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l'au-
Marie de l'Incarnation. Liv. HI. 201 » tres voies que par celle de la croix. Dans » l'abondance des plaisirs sensibles , on porte » joyeusement tout ce qui arrive, et quelquefois » l’imperfection se cache dans cette joie et n’est » pas connue ; mais, lorsque tout est retiré au » fond de l’âme, et que la partie inférieure est » privée de tout secours, on connaît tout ce qui » a encore vie et sentiment; on est bien désa- » busé de l’opinjon qu’on avait de sa vertu, et » on voit avec évidence qu’on n’a pas encore » commencé à se mortlifier parfaitement. C’est » ce qui fait mettre tout d’abord la main à l’œu- » vre, et on n'attend point à étouffer les senti- » ments de cette partie imparfaite , qu'ils com- » mencent à se vouloir soulever. »
Cependant sa supérieure la voyant tout-à-fait rendue à elle-même, songea à tirer d’un si excellent sujet tous les secours dont Dieu l’avait rendue capable. Elle la fit d’abord sous-maîtresse des Novices, puis elle la chargea absolument des instructions qu’on a accoutumé de faire à ces jeunes fillés; et ce fut alors que Dieu commença à lui faire sentir les premiers mouvements de sa vocation pour le Canada. Voici comme elle en parle : « Une nuit, après avoir entretenu très-
familièrement mon divin Epoux, je m’endor-
». mis; et, pendant mon sommeil, il me sembla
que j'étais seule avec une Dame, que j'avais rencontrée par je ne sais quel hasard. Je la
» pris par la main, et je l’'emmenat avec moi, » marchant à grands pas et avec bien de la fa-
tigue, parce que nous avions bien des obs-
» tacles à surmonter pour arriver où nous aspi-
“rions. D'ailleurs, j'ignorais la route qu'il fal-
lait suivre. Je ne laïssais pas d’avancér toujours, tirant avec moi cette bonne Dame, Enfin nous arrivâmes à une belle place, à l'entrée de laquelle à y avait un homme vêtu
» de blanc, tel qu’on dépeint ordinairement les
» charme. J’avançai, et de loin j’apetçus à ma
Apôtres. Il était le gardien de ce lieu-là ; et par un signe de main, il nous fit connaître le chemin qu'il fallait prendre pour y entrer. Ce lieu était ravissant; le pavé était comme de
marbre blanc ou d’albâtre, par carreaux, et
les liaisons d’un beau rouge. Il y régnait un grand silence, qui inspirait je ne sais quel
gauche une petite Eglise de marbre blanc, d’une très-belle architecture antique; et sur cette Eglise la sainte Vierge était assise, tenant
» Jâch »{ress ) divi
» pou » tite
|) grâc » pay » Peu » ven » Fil » Cho » lui » les
’endorsembla j'avais . Je la C moi, » la fa- >» obs- IS aSpil'il falr {ou- Dame, ace’, À e vêtu ent les M :et ître le er. Ce ne de x, el it un quel
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lanc, t sur enont
korie de l'Incarnation. Liv. III. 203 ». le petit Jésus entre ses bras. Au bas de ce lieu,
» qui était très-éminent, il y avait un'grand et
» vaste pays plein de montagnes et de vallées, » et tout couvert de brouillards épais, excepté » une petite maison qui servait d’Eglise à tout
» le pays. La Mère de Dieu regardait ces vastes.
» contrées, qui causaient autant de pitié que
» d’effroi, et où l’on ne pouvait descendre que
» par un chemin rude et étroit. D'abord la Vierge
» sacrée me parut aussi inflexible que le marbre
» sur lequel elle était assise. Je ne laissai pas de » m'avancer vers elle. Dès que je:fus proche, je » Jâchai la main de ma compagne, et par un » tressaillement d'amour, je courus vers cette
» divine Mère, étendant les bras, en sorte qu’ils
» pouvaient atteindre aux deux bouts de la pe- » tite Eglise. J'attendais qu’elle me fit quelque » grâce; mais comme elle regardait ce pauvre » pays, je ne là pouvais voir que par derrière. » Peu de temps après, je la vis tout-à-coup de- » venir flexible et jeter les yeux sur son divin » Fils, auquel elle faisait entendre quelque
. » chose d’important , et il me semblait qu'elle
» lui parlait de ce pays et de moi. Cependant, » les bras toujours étendus, je soupirais après
Ne ee ete mens ue LE nns-mpe msmy
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» elle. Alors, avec une grâce ravissante , ‘elle se » tourna vers moi en souriant amoureusement » et elle me baïsa sans me dire.mot. Puis elle sg
Dieu parle de ce songe mystérieux, on trouve
retourna vers son Fils et continua de lui parler, ayant toujours, ainsi qu’il me paraissait, quelque dessein sur moi. Elle se tourna une seconde fois et me baisa derechef. Elle parla encore à son très-adorable Fils, et me baisa pour la troisième fois. Mon âme fut remplie d’une onction toute céleste ; la beauté de cette divine Mère me parut ravissante; mais ma compagne ne la vit point, parce qu'elle s'était arrêtée pour descendre dans ce grand pays
dont j'ai parlé. Je me réveillai là-dessus, por-
tant en mon cœur une paix et une douceur qui ne peut venir que du ciel. Cela me dura
‘plusieurs jours, et m’unit très-intimement
avec la Mère et le Fils. »
Dans quelques autres écrits, où la servante de
quelques circonstances dont elle ne parle point ici, et qui ne doivent point être oubliées; il y en a même qui feraient juger qu’elle en avait eu un second assez peu différent du premier. Elle dit
qu'elle et sa compagne marchaient dans l’impé-
faisait
| que dé petit «
nom : Vierge . s'enfle
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mense sans étroit seule f moins
sentai et dès grand
| câress
sacrés prit ft menç cher
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», elle se usement is elle se lui parraissait, rna une lle parla ne baisa remplie de cette AIS, ma s'était 1d pays
ouceur
e dura lement
ante de trouve > point il yen , eu un lle dit impé-
Marie de l'Incarnation. Liv. I. 00
luosité de l'esprit vers la mer, du côté où l’on | faisait leë embarquements ; que cetle grande
place où on la fit entrer, était ‘eavironnée de grands édifices , qui paraissaient des monastères:
| que de ce lieu, qui était fort élevé, il y avait un petit degré pour descendre dans un pays im-
mense et ténébreux : qu'on n’y pouvait passer sans un péril éminent, parce qu'il était fort étroit et embarrassé de précipices dont-la vue
| seule faisait frayeur : qu’elles franchirent néan-
moins ce pas, et qu’elles allèrent jusqu’à un lieu nommé la Tannerie : que tandis que la sainte
: Vierge s'entretenait d'elle avec son Fils, son cœur . s'enflammait de plus en plus, et son âme res-
sentait je ne sais quoi de divin : que jusque-là, et dès sa plus tendre enfance, elle avait eu un grand zèle du salut des âmes ; mais qu'après les
caresses de la sainte Vierge et l’onction que ses
sacrés baisers laissèrent dans son âme, son esprit fut en un moment tout hors de lui, et commença de voler par tout. le monde, pour chercher des âmes rachetées du sang de Jésus- Christ; qu’il accompagnait partout les ouvriers der Evangile ; qu'il se joignait à eux dans leur
ministère pour aider ces âmes abandonnées, et
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206. La Vie de la Mère qu'il parlait avec une sainte hardiesse au Père Eternel en leur faveur,
La Mère de l’Incarnation n'était pas s de ces personnes qui, uniquement occupées des projets d’une sainteté peu commune, à laquelle elles
se flattent aisément qu'elles sont appelées, mas
qu'elles envisagent toujours dans un avenir éloi. gné, négligént absolument la pratique des vertus propres de leur état présent, et surtout celle de l'humilité du cœur et de l’exactitude à remplir {ous leurs devoirs. Elle ne perdait point de vue les desseins que Dieu avait sur elle, et qui se développaient insensiblement avec une trèsgrande évidence; mais l'attention qu’elle y apportait, ne faisait que donner de la vivacité à son application aux emplois qui lui étaient confiés. Son office était, comme je l’ai dit, d'enseigner aux Novices et aux jeunes Professes, les prin-
cipes de la morale et de la doctrine évangélique,
et de leur faire prendre l’esrit de l’Institut qu’elles avaient embrassé; il ne se peut rien ajouter au soin qu'elle se donnait pour cultiver ces jeunes plantes; Dieu lui avait donné beaucoup de facilité à s'énoncer sur les mystères de la foi. Elle avait sur cela des lumières qui ne lui pou-
vaient Y vait re parler d dant ses ture lui rétât pc lout ce « reçou damme Elle à qu’elle drectio téchism ayons € sous le assurer” ses sole!
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Marie de l'Incarnation. Liv. III. 207 vaient venir que d’en haut , et l’Esprit-Saint l’avait remplie d’une grâce de sagesse qui la faisait parler d'une manière.inspirée. Quelquefois, pendant ses instructions, certains passages de l’Ecriture lui venant à la bouche, il fallait qu’elle s’arrélât pour souffrir en silence , ce sont ses termes, lout ce que son esprit concevait, après quoi ayant recouvré fa liberté de parler, elle répandait abondamment de sa plénitude sur ses élèves.
Elle ne se bornait pas aux instructions verbales qu'elle faisait aux jeunes filles dont elle avait la drection. Elle composa pour leur usage un Catéchisme quiest peut-être le meilleur que nous ayons en notre langue ; on l’a donné au public sous le nom de l'Ecole Chrétienne , et on peut assurer au moins qu’il n’en est point où les choses soient expliquées avec plus d'ordre, de précision et de netteté, et que le choix et l'application des passages de l’Ecriture font bien voir que la Mère de l’Incarnation a été une des personnes de son siècle qui ont le mieux possédé les livres saints. Ceux qui ne cherchent dans la lectüre de œs sortes d'ouvrages qu’à s’instruire de leur Religion, n’en sauraient trouver qui la leur apprenne mieux que celui-ci ; et tout y respire cette
208 La Vie de la Mère merveilleuse simplicité, laquelle fait éviter une sorte de curiosité qui ne manque guère de produire l’orgueil et le libertinage de l'esprit et l'insensibilité du cœur. On a aussi trouvé parmi les papiers de la servante de Dieu plusieurs Sentences qu’elle remettait souvent devant les yeux de ses Noviees, et qui ne sont qu’une très-petite partie de ce qu’elle en aveit recueilli. Je crois qu’ on verra ici avec plaisir ces précieux restes qui ont échappé à deux incendies et à la modestie de l’humble Institutrice. Rien n’est plus capable de faire connaître son véritable esprit. |
I. Une âme que Dieu appelle à la vie continuelle de l'esprit, doit s'attendre à passer par beaucoup de morts avant que d'arriver au terme, Il faut l'avoir éprouvé pour concevoir jusqu'où cela va , et dans quel abandonnement doit être l'âme pour se laisser conduire où Dieu la veut mener.
IT. Plusieurs s'efforcent d’avoir le don d’oraison, et ne se mettent nullement en peine d’avoir l'humilité et la vraie abnégation d'eux-mêmes ; sans quoi néanmoins il n’y a point de vraie oraison , et dont le défaut doit rendre toutes nos dévotions suspectes,
son ; n'est ouyer
essenf mer qui es les àn reté.
l'âme
de sa n'ya pas ex
cela € active natur quel subli tique la far jama que
ter une E de proit et l’in- Darmi les s Sentenyeux do
tite par- Dis qu’on S qui ont lestie de tpable de | le contisser par u terme, jusqu'où doit être | la veut
un d’orai-
> d’avoir mêmes :
ie orai-
nos dé-
Marie de l'Incarnation. Liv. IH. - 209
IL. Le grand parleur n'a pas le don d’oraison ; il n’a pas même celui de la dévotion. Il n'est pas possible d’avoir le cœur et la bouche ouverts en même temps à Dieu et aux hommes.