‹ La vie de marianeChapitre 27 sur 76 · MARIVAUX ROMANCIER XXIX · texte numérisé non relu

MARIVAUX ROMANCIER XXIX

de leur vie ! Marivaux, pauvre et dévot, âgé de soixante-quinze anSj assistant tristement à la décadence d*un genre gâté par les imitateurs, et à la déchéance de sa gloire qu^avait osé menacer le ridicule, fut amené un jour à faire confidence des causes de sa tristesse et de sa détresse à cet égoïste et insoucieux ami, si peu fait pour comprendre ses scrupules et pour adoucir ses regrets, l'abbé de Voisenon. C'était son voisin à l'Académie, et ce voisinage avait provoqué et trahit la confiance de Marivaux. Il pria son confrère, mieux en cour que lui, de s'intéresser à la sollicitation d'une augmentation de la pension qu'il recevait du roi. Voisenon promit son concours, et ne tint que trop parole, car il apprit sans ménagements à Marivaux ce qu'il avait appris lui-même, à savoir : que toute démarche était vaine, la pension de i,5oo livres qu'il recevait du roi, ayant, depuis longtemps, été portée à 3,ooOj par une libéralité spontanée de Mm^ de Pompadour , qui en avait gardé jusque-là et eût bien du en garder jusqu'au bout le secret : car Marivaux mourut de la blessure de cette révélation indiscrète qui lui apprenait sa qualité de pensionnaire de la favorite. Il eût bien volontiers accepté les bienfaits du roi, et même de la reine, cette honnête femme, cette épouse, cette mère exemplaire, mais il ne put supporter l'affront d'avoir reçu sans le savoir l'argent qu'il eût certainement refusé de la maîtresse du roi, de celle dont il n'avait jamais été le flatteur ni le parasite, de la seule femme de France à laquelle

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