‹ La Vie de mon pèreChapitre 19 sur 20 · RÉFLEXION · texte numérisé non relu

RÉFLEXION

J-iES événemens de la vie forment une 'chaîne continue, et notre sort dépend souvent de la circonstance qui nous paroît la moins importante. Simagrand'mère n*étoit pas accouchée sur le l-^'ésiiye, mon père n'auroit point eu l'avantage d'être élevé par un sage Ministre. Si le vainqueur des Perses n'tiK par poursuivi aussi vivement un Hanneton^ il ne seroit pas devenu l'assassin d'une Autruche , et n'auroit point été obligé de chercher dans la petite cahute du bois un asile contre rOrage. Si dans le souterrain de la Mine ^ il n'teût pas fait quelques plaisanteries sur le Lutin , la faim ne l'auroit pas forcé à chanter l'Océan en mauvais vers. Le I^oup de voit manger les brebis d'Espagne , et un petit poëme écrit avec un morceau de PIon:b d'une fenêtre devoit tirer mon père de sa prison , le mettre à même de prévenir

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les desseins de deux scélérats, et de fonder son bonheur sur leur lâcheté. L'Enfer le mit en posse sion d'un bien noble considérable; enfin un projet infâme df Se (ludion , fit que l'aimable Guilleaiine aux ytux noirs devint ma mère. Et si tout cela n'étoit pas arrivé , je ne serois pas venu au monde.

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