‹ La vie de mon pere (volume 2)Chapitre 7 sur 9 · Partie. I · texte numérisé non relu

Partie. I

*8a LaVle

occasion , do la manière la. plus agrable i ce bon Pasteur, en secourant ses paroissiensu

Le Curé ne s'en tint pas là j il fit uiî voyage à Paris , pour leur procurer des secours plus abondans j il y foc recoin* içandc par m. Clément, & il y séjourna près de tçois mois , avec d'autant plus de sécurité , que son Troupeau a était point abandonné à. des Mercenaires ; le digne Chapelain, m. Foynat, célébrait la messe, car Thomas Restif n'est pas prêtre*, ce»; Pernier fesait les catheçhistnes & depieuses lectures , pmij: tenir lieu des ser* nions, de son Frère-^încu Ce fut a*j moyen de ces se,co#rs.,. des v prêts que fit geneteuspmet>t m,. Ueschatups père» re- 1 ce veuç-des -tailles à Aqçercç Sç seigneur deCourgis, que le Village fat r$bâ;i„ & qu'on préserva Içs IJahitans. de la mepr diçité , du vagabondage , qui les ad^ raient à jamais, perçlttfc ppw eux-?mêro#?

& pqur TEtaf,

! demonFère. i8t

i Le Curé de Courgis a eu des Ennemis, j maisils n ont jamais osé lever trop haut Lia tête ; la conduite du Pasteur ét^nt non* [seulement exempte de tout reproche , i mais de la moindre indiscrétion } c'est jun moyen infaillible pour faire taire la ) calomnie, & lesjeunes Curés ne sauraient ! eue trop attentifs à le mettre en usagé.

l Àujouid'hui plus que septuagénaire, j le digne Pasteur semble redoubler de zèle, îkmesurë qu'il approché du terme heureuxqui doit couronner «es travaux. Il a été [considéré de$ Successeurs de m. de Caylus, comme il l'était de ce Prélat ; mais il. en est moins connu: dailkurs, m. de' Caylus était pour lui un second père & uu .

tendre ami.

Ses Paroissiens * lui font pourtant Ut* «proche \ c'est de rendire trop lonfgs léfc Offices ôé les instructions. Ge rejW'it pourrait être fondé: & quoique le mt°if ' <to respectable Curé soit d'empêcher f$rli te* amtisfemeh^ frivoles oli dkngereù* y

i8a La Vie

& de faire employer pour Dieu les jours qui lui sont consacrés \ pentêtre devrait-il penser que les Hommes ne sont pas des Anges, & qu'il faut accorder quelque chose à l'humaine faiblesse. Aureste , son motif est si excellent , qu'on ne peut y reconnaître qu'un Ministre des Autels pénétré de ses devoirs , & qui ne respire que pour les remplir dignement.

Qu'il me soit pourtant permis de citer ici en opposition , pour ce dernier article seulement , la conduite du vénérable Pandevant , ancien Curé , dans la jeunesse de mon Père : C'est Touslesjours qui parle , dans I'Ecole des Pures , t. I % /. 311.

» — On voyait autrefois à Nitri des courses sur le préau , des lûtes , des dan* se%j^ Lebon Curé Pandevant, le Maîtred'E'»£le Berthier , ne déclamaient pas cor ,f e ces jeux, ni même contre ces daiv^s des dimanches Se fêtes, quoi* quelles se fissent encre Garsons & Filles:

de mon Fère. 183

/amais il ne s'y passait rien de malhonnête; des Enfahs accourûmes à se voir ensemble à l'Ecole , au Carhechisme , ne font pas de sottises , quand ils se trouvent à se divertir les uns avec les autres: cela eft bon pour ces pays , où Ton sequeftre Us Filles ; où on les élève à- part, comme si on les destinait à en faire des Recluses : aussi qu'en arrive-t-il ? c'est tout comme si l'on bande bien fort la corde d'un,arbalêtt:e, l'échappée sera d'autant plus violente , qu'on aura reculé la corde plus loin : quand des Jeunes-gens comme cela peuvent se joindre > ils font mal , ce me semble, pour profiter de l'occasion. Aussi jamais notre bon Curé ne voulut-il entendre à la séparation des Ecoles ', que quelques Bourgeois de Noyers, établis à Nitri, avaient démandée j & je peux dire , que s'il y a encore quelque retenue parmi notre Jeunesse , c'est à nos Ecoles-communes qu'on la doit , Se à l'habitude qu'ont les Garsons

La Fît

Se les Filles de se voir à tout momenr.

Je sais bien que dans les Villes , cela ne produirait pas le même effet ; mais c'est que dans ces pays-là , les Femmes & les Jeunesfilles sont des friandises , où Ton est toujours tenté de toucher ; leurs habits, leurs affiquet? , servent de sucre & de miel ; les Hommes , les Jeune^garsons pieme ne fauraierçt les voir , sans qu'il ne leur vienne des désistions , que Phabi* tude n'affaiblit- il pas , à cause qu'elles varient leurs modes -de manière, qu'elfe* leur offrent prefque tous les jours des phisionomies nouvelles. Une Femme-»

de-ville peut , avec le secours de la feule coîfure, prendre en un jour cinq à li* visages differens: que fera-ce donc avec 1* «e$te de sa parure, avec le congé, pout Celles qui m mettent , & les autres britvr borions qui les reparent , Se dont un <te$ nôtres, qui a été Laquais à Paris , m'* fait l'énumeration ? Ainsi les Hommes <fcs Villes épousent vingt femmes dani

demonPïre. 185

«ne seule. Aulieu que chés nous, une Fille est toujours la même , fes atours des dimanches n'étant pas assés recherchés pour nous la rendre toute autre. Si bien donc, pour revenir, que dans nos Villages , il est parfaitement inutile de séparer les filles des Garsons dans la jeunesse j 8c ce ne ferait que les faire penser malice quelques années plutôt. On jouait donc à différons jeux. Les Hommes regardaient , & formaient un grand cercle autour de nous: il n'aurait pas falu que dans ces amusettes , où étaient dés Filles, m eût bronché devant des Témoins pa* mis! Bien loin que notre Giiré trouvât Mauvais que les Hommes passassent leur temps à voir ces divercissemens , il les y excitait: »«— Alez, alez, disait-il, » voir courir la Jeunesse ^ votre assistance » fera que ces jeux seront toujours des » jeux innocens : je ne saurais être par* » tout y f>o je ne suis pas , chaque Père*

i85 La Fi<

ie

» de- famille doit se regarder comme mon 99 Lieutenants. De cette façon, le Jeuneâge prenait le dimanche une honnête exercice, & les Hommes s'amusaient; la gaité brillait sur tous les visages, & chacun le soir s'en retournait content. Aujourd'hui que tout cela n est plus j notre Jeunesse tient des brelans secrets , où il ne se dit & ne se fait que des vilainies.

. » Le Curé Pandevant n'était pas si dévot que le Curé de Courgis , qui est presque le seul Homme apostolique qui soit çncore dans ces environs : c'était un Ministre indulgent, portant son âme sur ses lèvres, la bonté dans les ieux, &tous ses Paroissiens au fond de son cœur. Si vous eussiez vu les Habitans autour de lui, les fêtes & dimanches , en sortant de U grand'messe , comme il les accueillait , comme il s'informait de leur Famille, vous eussiez dit. : : Voila un Père âu- -siilieu.de ses Enfans 2 peutêtre est-il trop

demonPtre. 187

bon , pemctre quelque MecHant abuset\\ de fa bénignité; .mais sûrement les Cœurs droits doivent en aimer davantage kurreligion&leursdevoirs... Charles(*), je me souviens de ses dernières années* ,Hô! comme la religion étoit refpéctabte i sur ce front content & tranquile ! quecette j tête chenue & grise infpirait de vénération! le peu que je vaux, après Dieu , je le dois à la mémoire de cet Homme , & de son digne Seconde . Il ne souffrait pas de procès entre nous (ses Successeurs en ont eux-mêmes intentés ) ; il les accordait toujours , & discernait à-merveille le vrai du faux , parcéqu'il nous connaissait tous.

Ses prières à 1 église & ses instructions étaient courtes : mais comme il les tesait ! quelle effusion de cœur dans ses prônes! Je me souviens d'un tout en- 1 lier , qu'il nous fit un dimanche. L'an-

(*) C'est l'Instituteur de Roger, les Heroi de OLE DBS Pères.

i83 La Pie

née était pluvieuse : toute U nuit- il avait plu j le dimanche , il Se beau , & on lavaic prié d'avancer la messe, pour qu'où pût aler tourner les javelles , & mettre les gerbes en état d'êrre liées le. soir. Il ne monta pas en chaire , mais descendant seulement au bas du sanctuaire, il npu* dit v » ( * ) Mes En fans % & ceuxdu bon n Dieu: Je vous exhorte à aler cous lier 9% vos gerbes, par ce beau temps : Vous

* $te$.sousk loi de faveur, $oi*s lçjioug n léger de la céleste Bonté, rendsarlui

* grâces ' y il nVirair pa& été permis, an ». Peuple soumis a la loi de Moïse ds » viotec ainsi le sabbat : roai& noos* e/v n fen* de ta segeneration , nous somm^ m délivrés de ta. lettre qui tue , & de. sea >» assujettisseméns : pour obligatipu unir » que , notre- Dieu. aou& impose ua de-

(J*) C'est ici le passage qui précède celui do Won Bcr thîer , rapporté au commencement de-ce Livre, Z. Partie, p. ji.

démon Vtre. 189

» voir qui rapporte au centuple * c'est » celui de l'aimer, & nos Frères: Vanaouf » de Dieu nous rend, dès cette vie, pti- » sibles, satisfaits; l'amour de nos Frères » fait que nous en sommes aimés à notre » tour; nous donnons, l'on nous dotyiet - » ô mes Enfans aimons-nous \

» J'invite Ceux qui n'ont point de re- » coites coupées, à offrir leurs bras aux » Autres; cette œuvre vaudra mieux <juef » désistera l'Office. Mes Enfans $ on » sonnera les vêpres, mais n'y venez pas » aujourd'hui ; unissez vous seulement » à moi par une bonne pensée; car je » veux les dire, au nom de mesEnfafos, » prosterné au pied de ces Fonts sacrés* » où j'ai reçu vos promesses à tous d'être » fidèles à Dieu ; notre bon Recteur-d ? é- » cole , votre second père , & quelques » Vieillards feront chœur avec moi. Mes «Enfans , que le bon Dieu ratifié la » bénédiction que je vous donne en son » nom ». Les instructions qu'ilfesait à la

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de mcnPhe. ^ipl

mon digne Aîné: Il a plus d'esprit, lumières , d'expérience que moi , & résume que la route- qu'il a prise est .ule qui convienne à la trempe d'es-»

h ses Paroissiens : Le même rep n'est pas utile à tous les Malades.

\rr. m as Restify plus jeune de quelannées que le Curé de Courgis , est .- ces caractères heureux, tels qu'on \ eint les Hommes de l'âge d'or, La.

r & la modestie siègent sur son , & dès qu'il a parlé , on se sent -. lui donner toute sa confiance. . Ce Ecclésiastique , est si humble , l'a jamais voulu accepter l'ordinaque m, De-Caylus lui a fait offrir .trs fois. Ce Prélat a été jusqu'à lui écrire:

-Je vois ce qui vous retient : parce-

ous êtes inférieur à votre Frère-aîné,

rroyez incapable : Mais , mon

je n'atpas trois sujets dans mon

ipa La Fie

diocèse comme votre Aîné , supposé que j'en aie deux : Il ne ftuc pas le prendre pour comparaison^ on peut lut être de beaucoup inférieur y & être encore nésdigne*. Je vous invite à vous rendre j sinon r je rasis déclare , en qualité dô votre Evêque , que vous rendrez compte a. Dieu» dm talent qu'il vous £ confié peur le salut des Âmes *~~

Ces paroles épouvantèrent Thomas ftesrif : mats le Curé, qui éroir charmé de le garder , al* repondre pour lui h ELegermea; il exposa l'utilité dont lui «ait son Frère pour l'instruction des Eiîk fans,, dans une Paroisse nombreuse , &C*

—-Mais il n'a- pas d'établissement ?■

-^-11 n'en- désire pas : Dieu esc le père dfctaus les Bomraes-r

Cette réponse désintéressée fbt acfcnisée Au Psélatr. , qui ne repondit quîen epvo^fcam soi bénédiction pastorale au vtrcueu* Clerc > cpû, i* préférait d'être; Ie> damier dam 1* maisaor du .Seigpeu* , i

de mon Pire. 1^3

tenir le premier rang dyis les palais des Médians ».

, Ce serait sortir de la simplicité 4k sujet,, çie d'en dire davantage sur Thomas Res~ tif» daiUeurs la ciaintequecet Ouvrage n* tombe eatre les mains des deum respect tehks Frères.» m'empêche de m'étend»

*i»ant que je. le désirerai Apre? métré SAtisfaic par on mut d'éloge , je \eeux leut cpmpfoire* ea gardant le silence. -

Barbe Ferlet a survécu huit ans à «îv Mari : elle est morte en 1771 le 5. juillets; Nous en avions agi > à soa égatd, comme, notre vénérable Père avait fait. à 1 egttd de # Mère » en lui abandonnant d'un corn** rojn accord Tadministration. de tout ce qui nous. revenait, & elle en a. joui ju$« ; qu'au dernier moment (*).

****<"^^T— iW^PI W W II I I » Mil , I 11.11 1 ■ — — — ■»•

$*> On verra dans l'Ouvrage intitulé Mon- *e«r NiûûLas , te refte de l'Histoire d'Edme* tarif, d'après* ce principe, » lès Fil» sont le » prolongement de iexiiiancede* Pères». Mair

ip4 La Vie

1 ierre Restif voyait une classe d'Hommes , que jamais son Fils n'a été à portée de fréquenter ; C'était celle des Gentilshommes cultivateurs, la plus estimable & la plus sespectable peutêtre de ' la No ' blesse française. Mon vertueux Ami Loiseau, dont je parlerai beaucoup dans ma Vie , le même dont il a été question dans la Malédiction paternelle, connaissait beaucoup la Noblesse Cultivatrice de nos Cantons \ il m'en a raconté plusieurs traits estimables: Entr'autres , celui de m. D'Angeliers , proche parent 4'un Marquis de la Cour , & auquel celui-ci reprochait de -ne rien faire pour s'illustrer: m. D'Angeliers lui re- | pondit: — Il est vrai, Monsieur^ que j

comme cet Ouvrage ne paraîtra pas de sitôt , )t I vais en détacher un trait, relatif à Pierre Restif , qui pouvait être placé à la tête dé la ; Vie de mon- Pire, .sans, quelques raisons particulières fui en ont* empêché*

demonPïre. ipf

jusqu'à présent, mes Ancêtres & moi, nous n'avons fait que servir l'Etat de nos biens & de notre personne pendant là guerre , faire valoir nos terres pendant la paix , contribuer à la subsistance générale, par une culture savante & bien entendue , & rendre heureux nos Vassaux : Nous aurions peut être pu , comme d'autres , chercher à surcharger l'Etat de notre entretien , par des pensions sollicitées j maisnous avons préféré d'être utiles à être parasites : Nous ne nous sommes pas illustrés , il est vrai} mais nous avons honoré > par notre conduite , le titre de Gentilhomme , & la qualité de Citoyens :

Adieu, Monsieur: sachez que je suis un vrai Gentilhomme , & non un Chevalier d'industrie-. ,

Il y avait nagueres , dans nos Cantons , une branche de la maison de Cour*tenais les Uns disent bâtarde , les Autres légitime. LesCouuenai, Comtes d'Aifc

i$6 La Vie

rerre, avaient donné à cette branche^ tm franc-aleu, qui existe encore à cinq Keues Je la Ville, chef du Comté : ces Seigneurs dans la maison desquels deux- dfe nos Ancêtres ont pris feins Femmes j savoir Uii-Eleâ2ar Restif, en t£jo, 6c Elie- Elisée Restif en 1 66® , cultivaient îéurt terres eux-mêmes: Us n'avaient point d'autre nom que celui de Courrehai, donné à leur franc-aleu, par les Comtes d'Aucerre, leurs auteurs, avant qu'ils partissent pour la croisade , & qu'ils devinssent Empereurs de Constatothiopla J'ai vu le Dernier de ces Courrenài ; il n'y a plus que de* FHles , depuis quarante ans. Une d'elles avoit épousé fe ftommé Moreau, de Verttianton, qui se fit connaître à Orléans , & fat protégé, à cause de son origine maternelle, dont néanmoins il ne rendait pas un compte fcren clair. Les Seigneurs De-Ôertro, desquels sort ma Mère , cultivaient également kurs terres , & s'allièrent aux Courtenai.

'de mon Père, tçj

Mon Grandpère Pierre , qui avait de la .fortune , voyait donc les Seigneurs voisins, .qui l'aimaient, & qai le plaisantaient quelquefois sur la perte de ses titres. Il s'avisa, un jour d'une plaisanterie singulière , ce fut de faire écrire sur de vieux parchemins lavés , une généalogie , par laquelle il descendait d'un Empereur Romain, dont lenom latin a du rapport avec | le notre en français. Voici ce morceau traiment original :

Généalogie s dcs Hestifs.

vxrand^, qui vous enorgueillissez de ▼otre rang, de votre naissance, du sang çû coule dans vos veines , fisez la gença- Wgie d*ùn pauvre Diable, que votts regardez avec cette morgue insolente, que k Noble montre toujours au Roturier!

On l'a soigneusement conservée dan* nu Famille j & c'y fyt toujours une loi ,

ip8

La Vie

que chaque Descendant écrivît son nom sur un antique rouleau de velin, renfermé dans un étui de bois de noyer.

Je descends de l'Empereur Pertinax y successeur de Commode j & auquel succéda Didius-Julianus , élu Empereur , parce-qu'il se trouvait assés riche, pour payer l'enchère à laquelle les Soldats avaient mis le souverain pouvoir.

Vous alez voir dans ce rouleau généalogique, que l'Empereur Pertinax avait un Fils nommé Helvius -Pertinax , dont Ctfracalla ordonna la mort , uniquement parce-qu il était fils^ftm Empereur. Mais Un des Affranchis d'Helvius , surnommé du nom de son Maître, s'offrit gène- ^ reusement aux Assassins , qu'il ttompa , & mourut pour son Patron \ trait précieux, dont l'Histoire du temps avait sans-doute fait mention j mais qui n'est parvenir jusqu'à nous , que par la généalogie de Pierre Pertinax y ditRestif.

de mon Fïrc 199

Echappé a la mort , Helvins-Pertinix se sauva dans les Appennins , où il reçue

dans l'obscurité.

L Un-jour qu il se promenait dans les détours de sa retraite sauvage , il l'entrevit une Jeune-esclave , qui chassait devant elle quelques Chèvres , 8c les ferait entrer dans une caverne. . Il la suivît , «ans en erre aperçu , & pénétra sur ses pas, jusqu'au fond de l'ancre. Mais , quelle fut sa surprise, lorsqu'il entendit une autre Femme parler à l'Esclave , & qu'il reconnut la voix de Didia-Ju~ fana, fille du Successeur de son Père , proscrite comme lut , & que toute la Ville de Rome croyait massacrée ! Il se découvrit av«c précaution, de peur de l'effrayer, & les deux illustres Infortunés, charmes de se retrouver , sentirent qu'ils pouvoient adoucit mutuellement leur* sort.

Helvius avait une cabane plus com-

aoo La Vie

mode que l'antre: il y conduisit Dùàa^' lui donna des habits convenables ; car ceux qu'elle portait étaient en lambeaux* Se l'épousa.

Leurs noms sont à la« tète de la Ge* nealagie, de la manière suivante :

Nous , Hclvius-Pertina'X 6c Didia-Ju* liana # fils- & fille d'Empereurs , nous estant unis par mariage, avec las 8c h balance, avons iryscript nos noms sur ce< velin , pour servir de commencement i une nouvelle Famille patricienne : Nostr© Ascendance est assés connue dan» tout l'Univers }, il est inutile de la rappeler: mais ! nostre Descendance devant est<re- cachée ,' nous voulons que nos En&ns j pour s*ex-»

cita: à la vertu, sachent qu ils proviens nent des Maistres d'un Peuple , toi dit monde : nous escrivons ici nos noms y Se nous ordonnons,, par notre auctoricé saincte & paternelle , à chaquun de no* Itescendans , d^scrirelesJeues ih suite,

de mon Fhre. 20c

taoyc que le nom Romain sera cogna dans fie monde- Ainsi, nous commençons à escrire, de nostte main.

Helvius-Pertinax, engendra, de Didia- Juliana, Cœsario-Hel vt us-Pertinax , qui passa dans lesGaules, & fut errant:

Lequel engendra ^ de LucîarVera., exilée* Octavkss-. Helvius-Pemuax , qui acheta quelques terres :

Lequel engendra CUudius.-H.-Pertiiiax,

qui fut Laboureur :

Lequel engendra Titus-It-Pertinax, qui fut dépouillé de ses terres , par. un Pro* consul, auquel il avait résisté:

Lequel engendra Maximus^ÊL-Perdnax t

qmi fut Porcher:

Lequel engendra Augustulu^Hl-PôrtâmX)

qai fui Bejrger, Lequel engendra. Julbnus-H.-Pertînax ,

qui, fat comme, son Père:

Lequel engendra Constans-H.-PertinaK y <jqi &t .cçmojô sw.Pèrei:

aoa La Vie

Lequel engendra Carus-H.-Pertînax ,

qui fut Muletier :

Lequel engendra Tacicus-H.-Pertinax ,

qui fut comme son Père :

Lequel engendra Decius-H.-Perrinax ,

qui fut Maquignon :

Lequel engendra Honorius-H.-Pertiuax,

dont le Roi Chilperic I. cc convoita la

Femme:

Honorius & Chilperic

engendrèrent Olibrius (*) Pertinaxj

qui fut écuyer du Roi Clovis.

Lequel engendra Meroveus - Pertinax ;

qui fut Custos-Venatonim , ou Grand- , garde des chasses :

Lequel engendra Charibertus-Pertinax,

qui fut Comte d'Aucerre :

Lequel engendra Chlodoveus-Perrinax, . qui se fit tondre , lui , sa Femme & ses Enfans , fesser & cloîtrer , par les mains

(*j Ici cesse le prénom romain Hclvius* \

de \

de mon Pîre ê

2oy

de Saint-Benigne , de Dijon, dont il se déclara serf, lui & toute sa Postérité % pour le salut de son âme, Ôc des Siens: ■ ' •

Chlodoveus Pertina* ; échappe a la tondure ,• s'enfuit', avec le. tableau généalogique , pour tout héritage, & se .maria dans la viHe èe$ Biturigés* c'est-à-dire, Bourges, asses singulièrement : Il passait dans la place publique , très-mal vêtu , comme on poursuivait un Meurtrier f , qui venait de s'échapper du gibet, à l'aide de si K Famille, qui étak puissante & nombreuse : On le prit pour le Coupable : Les Parens de Celui-ci t pour sauver leur Consanguin , jurèrent devant le . Juge ,, que c'était bien l'Homme qu'on lui présentait, qui était Yvo- Teutobocus, leur cousin : Le Juge n'en était pourtant pas trop sût:

mais comme c'était un Inconnu , sans protection, il résolut de le laisser IL Patrie K

zqj± La Vit

pendre, pour foire exemple, & pour que les préparatifs d'un aussi beau specc . tacb ne fussent pas perdus ; ce qui eût morrifié les Bourgeois: H al*it ^Joncfctre: accroche, lorsqu'une Fillepublique» touchée de sa bonne-mine , . «guoiqjue aous des haillons, & surtout Âe sa jeunesse , usa en faveuc du .Patient, djuprtviicgequelesProstilu^s , avaient alarsi i Booeges , de sauver un Homme de Fcchafkud % m offrant de l'épouser swr-le-chantp , à -condition de menés une vie honnête : Ce qui . fut agffeé de* Beouchom , lesquels pen* nsèsene que ce mariage ks àtnuseraic ^ ptesqu autant quuué exécution, & i qu ainsi y leur curiosité n'y perdrait rien : Il n'y eut que les Dévotes & les Confréries, qui» ayant de}a quêté pour ensevelir le. Mort., & lui faire dire des xtfeeses., auraient bien désiré t\$ rien ;changer à leucs *age$ dispasirba*:

De ce ftiariage issit Chfotarius P^stmax;, qui fut Galopin route sa vfe»

dèmvàP\rc. ±of

Uqad erig«BAor Dagote^-Ffertiriâ*, 1 qui fut Marmiton, puis Maîttë-d'hoeel, dés umiuottm de Péitier$: *

lequel eagendra Egïnhatdus-I* Perrfaàx, qui fût fevori d'Emma , fille de Ghaf leoag«ft:d* laquelle

Il engendra k Bataîrd* Carfomahrtui-Pfertinauty T

quiptit ( dtt-ori ) , dé gtàftdespri vantés avecJûditH,- s&oi^fétafoedfclxniis* le- débonnaire.

Lequel engendra Eginhardùs-II - Pertina*y qui fit une chronologie de nos Rois;

Leqad* engendra Akumùs-Pertmat, ' qai fait Poèœ j ptais Evè^uë de Remis ;

Lequel avait engendré Theodorus-Pbrtinax ,<

qui fut imbécile , Se > cependant écrivit les Âheciotts du Règne <k Zhàries-tt* simple 9 avârit qu'il eût reghé -.

Uquel engendra Ricardus-Perrinâx, qui fat fou , & fe un. livre de se* faits & gestes > intitulé, Les mille 6 ; unt PôÛes*

Kij

&o6 La Vie

Lequel engendra'Gontramaus-Pertuiax ;

qui fut Ramoneur de cheminée :

Lequel engendra Rodericus-Pertmax,

qui fesait pour les'Hommes, cequHer- | . cule fit pour les Chevaux d'Augias :

Lequel engendra Gondemaros-Pertinax,

qui fut Bourreau, de Paris 2 .

Lequel engendra Ordonius-Pertinax ,

qui fut comme son Père.

Lequel engendra Ramirus - Pertinax 9

qui fut comme son Père:

Lequel engendra Froïla-Pertinax ,

qui fut comme son Père:

LequeJ engendra Gregçrius perrinax»

. qui étant trop jeu^e, fut supplante par

le Mari de sa Scfeur ^ & se fit Boucher:

Lequel engendra Garsias-Pertinax »

; qui fut Marchand-de-Bçeufs ; Lequel engendra Convallus-Pemnax %

qui fut Vivan<lief de Y Armée. Se de la

Cour , sous le règne du Roi Henri I ?

Lequel engendra Rçmundus-Perdnax,

qui fut Capitaine d'Infanterie; ,

de mon Père. noj

lequel engendra Îndulphus-Pértinax , qui fut tolonel de' Cavalerie 9 Se brigand , comme c'était alors Pli$age : .

Lequel engendra Edwinus-Pertinax , qui fot General d'armée :

Lequel engendra Edgarus-Pertinax , qui fut Comte de Mets:

Lequel engendra Aroldus-Pertinax qui ¥ut massacré a. Tohgres > dans une émeute:

Lequel engendra Catenus-Pertinax, que la Comtesse, sa mère, sauva du massacre, déguisée en mendiante :

Lequel engendra t)iffus-Pertinax , d'unëtâout'gahdine qu'il épousa, après la mort de la Comtesse sa Mère., qui fut vagabond :

Diffus .engendra Uracà-Pertinax ,* de la Tilfedu'Ciief d'une Troupe de Bbhemietis ; qui fut un vaurien :

Uraca engendra Grimus-Pertinax , .

qui iùt comme son Père & son Ayeul i

Lequel engendra Edmundus-Pertinax ^

Kiij

/io$ La Vie

qui naquit en prison , huit jouis après que son Père eut été pendu , (k trois semaines avant qu on pendit sa Mère :

Lequel engendra Hugo~Pertinax., qui fut Gâgnepetit :

Lequel engendra Guido-Pertinax , qui fut Garson de-magazin d'un Marchand-de-drap :

Lequel engendra Ikldv]p,u$-Peumaï % de la Fille du Marchand qui s'arppurach&delul, parce»qu il éçait beau-garson , qui fit très-bien $ç$ a$yrts 9 par l'aunage en zigzag:.

Lequel engendra Foulquesr-pertwvx 9 qui négocia ça Guinée , jBç„ qty $n t*pponzla,SyphilGs, à Dieppe >$a patrie:

Lequel avait engendré Marcel-Pertin^x ,

dit Restif , Prevôt-desrM wh^$ £ ?fl

\ ris , qui fut massao*,, soijs <j^uyJe$ Y :

(Ici cesse le nom tarin. Pertiqax, tiaduit par celui de Restif). '. . y

Lequel avait engendré Baltazard Restif, qui resta orfelin , sous la tutelle de son Oncle * Conseiller au Parlement;

dtmonPkre. £b£

Lequel engendra JeanrPicrre-Restif , qui fut Conseiller-d*Etat : - # -

Lequel engendra Hierome-Restif ,-

qui s'attacha au premier Prince de Condé, 8c fut banni par les -Guises:

Lequel engendra Alexand.-Cesar-Restif , qui se fit Huguenot , & perdit la charge dé Son Grand-onde : ;

Lequel engendra Abraham-Isaac Restif, qui fut massacré à la Saint-Batheletni au faubourg Saint- Germain i

Lequel avait engendré Dahiei-ïf abacuc- Restif, qui fut Maître-d'école à Aucerre, & perdît sa place:

Lequel engendra Charles- David-Restif , qui fiât à Noyers , comme son Père à Aqeerre , Se perdit sa place , qui ne lui rapportait rien :

Lequel engendra Benîgne-Machabce Restif, qui se fit Commissionnaire devins, gagna du bien, acheta le territoire de Villiers-l^Grange , & y fit bâtir des maisons.

Lequel engendra -Esdras-Nehemie Restif f

£io La Vie \

àhYHomme-ju/le , qui vécut paisiblement dans . son bien :

Lequel engendra Uri-Eieazar-Restif , surnommé Tintamarre + qui aban- . donna la terre de Villiers-la-Grange , & s'enfuit depeur d*être pendu > parcequ il était Ministre ; Lequel engendra Elie-Elisee-Restif 9 , surnommé le Dolent, qui se convertit, à la sollicitation des Dragonades :

Lequel engendra Pierre - Restif 9 dit le Fier. y d'Anne de -Courtenay- la- Loge (*) , qui montra un-jour la présente Généalogie à des Nobles dedai* gneux.

Il est vrai qu'il y a eu dans sa Famille bien des Personnages , dont les emplois ne furent pas relevés; Quelques r uns qui exercèrent des professions infâmes \ Ut* ou Deux qui furent pendus : mais cela i

* (*) Cette Branche est bâtarde, & descend de \ Maribert-Courtenai , fils-naturel d'un Court enai,

Comte d'Aucerre , & Grandpère de l'Empereur ;

de Constantinople Courtenai. . [

de mon Pire. ait

et bien compensé par la source originelle ; ■ par les illustration* suivantes * tôlier que^ celles de deux Comtes, d'un General-; darmée: par celle des alliances, qui, jusqu'à l'antépénultième/ tiennent à des Maisons-royales» Je doute fort que parmi les plus grandsSeigrieurs , s'ils nous fournissaient leurs généalogie depuis: Pcrtinax * ou seulement Charlemagne, il s'en tirouvârUnod-Deux , . qui pussent ne pascomp.

ter dans leur noble Famille , des Scélérats, des Brigands-militaires, des Pendus, des Massolés , des Brûlés , des Noyés avec le sac, le chat & les vipères , &c. Que de Malheureux aujourd'hui languissent dans la héhte & la misère, dont les Ancêtres ont. porté le fcèprre! - Combien , parmi les Paysans , serfs autrefois , vassaux aujourdHmide riches Afcfbayes , ne s'en trouve* t-il pas qui sont les fils des Seigneurs Francs , lesquels se tondirent , & se donnèrent pour esclaves , eux & leurs Fa-*; milles aux Moines , qui leur persuadaient

%i% f La Fïe

qi# k monde finirait en iooq, & que

c éjait un n\oyen s&r de gagner le Ciel, p$W eU« 5c pour le«r postérité L . Vous vqus glorifiez de voire sang , No* hlfts d'un jour I de vot^re naissance ! Tous Us Hommes sont d'un sang égal ; l'éducation seule merde la dîf&Fence dans ks 4ispbaiciorfcs: Groyez-en un Roturier, 6 Nobles I I&issçb-U vos Ancêtres , & fondez, votre valeur sur votre propre mente.

L'air dç vérité avec lequel lisait Pierre* Rescifj la vétusté des parchemins , récriture gothique., bien imitée , tout les em- ^amssa^ ils crurent la Généalogie vraie* & çefut T Avocat JVeçtif qui les détrompa»

: On vpkt par ce jeu d'esprit , que Pierre fcait un Horçicne de mérite.

Ce qu'il y a cependant de précieux dans cette généalogie , c'est qu'elle vous aprend Jes noms de nos derniers Ancêtres, Catf il- est probable que, Pierre ne leur aurais {tos^dônfté <^e foux noi^da *bapt£me* 14 faut cependant ajouter à cette pièce , trois

demonPïre* xîf

où quatre ^itftes noms , afin de se conformer à son esprit , si par-ava)wure > ii 7 avait? quelque chose de mi: " '<,

Pierre y dis le fier , ehgetfdra d*Ànne-Mar* guerite-Simon-de-Cœurderoi , £dme~ Restif, dit Y Honnête-homme , lequel fut • Lafcoureuri Saci.

Edme engendra Jtficolas-Ednte Rèçtif, Restif, ou Rétif > qui fut père de deux Filles., Agnès & Marianne, ouMarion:

Lequel fit un grandnombre d'Ouvrages, dont la liste est ci-après :

11 eut pour \ Frère, Pierre Rétif, le-»

quel engendra , deFanchètte Piochor, plusieurs (îàrsbns, dont. pierre Rétif le jëunê , reste Paysan à' Saci ; éstTaîné.

Tel est le tableau gênçral, en cette znnéçi-fi&T y le i^jfuin, de toute notre t Famille. „

Je ne place pas ici le' Conte , quiaccon*^ pagnait cette Généalogie , & que fat remis en français oislinaire l ^è'ut-être mat à- propos, parcequil se trouve dans, le

ai*

LaVU

L** Vojume clés Parisiennes > />. 191 & smv, Mai$ je vais donner un échantillon de la manière de conter de Pierre , lorsque quelque craie saillant venait à sa connaissance.

» Il y avait à Saci , où j'alais souvent dans ma Jeunesse , un Habitant honpète, appelé Jean-Piaule , qui avait un Filsaîné , qu'il ne pouvait morigéner. Jean était d'une faible santé, qui lui ôtait lé courage & la force de corriger son Fils : Ainsi donc tjuand M'io ( c'est le nom de ce Garson ) > avait fait quelque faute considérable , pu qu'on ne pouvait tirer de lui aucun travail , son I^ère se contentait de lui dire avec douleur: — Mlo , M'io ! tu me feras mourir-! Il mourut en effet , ce bon Père , & il laissa une Veuve avec six autres Errfaus.en bas âge , \ dont cinq Filles.

La Veuve se trouva . très r embarassce !

Mais l'on avait observé , que pendant la «paladie de son Père, M'io était de-

de nionFère. àif:

venu sédentaire, laborieux; Lorsqu'il apprit le coup fatal , il fondit en larmes :

Mais plein d'activité , on le vit tout faire . lui-seul. Après le trouble des funérailles , Mlo devint sérieux } il se refusait à tous les divertissemens : Il ne jouait plus , il ne .mit plus les pieds au cabaret; il. tra* vaillait du matin au soir > il était doux , respectueux envers sa Mère , compatissant pour son jeune Frère & s^ Soeurs. IL était même trop sérieux , car il était triste; mais il se cachait pour pleurer. A la fin cependant , on le surprit. On voulut le consoler: — Hâ! dit- il, er\ sanglotant mon pauvre Père me l'avait, bieg dit , que je le fêtais mourir ! je ne me.sujs pas;, corrigé de son vivant, & il est mort-!

Des pleurs & des sanglots suivaient ses;; rçgrecç vivement exprimés. y^inegiepty ou -lui pipuva^que sou Père av^it june 2 ma* ; Udie, qui devait occasionner sa motif ; il -, se^peg^rdait comme l'auteur de cette pia- :

ladie. On observa, que lorsqu'il revenait les soirs de son travail aux champs,

nid La Vie

il disparaissait an* environs de ! 'église. 1 On l'examina mieux ,- Se Ion fit qu'il :

se glissait dans le Cimetière, auprès de la grille des Femmes , où était enterré son Père , & que prosterné sur la fosse , il y demeurait immobile , fondant en larmes. On craignit que sa douleur ne lui devint funeste , soit en lui donnant la mort, sok<eu dérangeant sa raison:

Le Curé de Jàci, m.* Potier y le même qui a fait mettre sur -k.jporte du Presbytère l'inscription qu'on y vofc encore »

Figulus Nsmini Invi^ehS e (kl hge Potier y qui n'est tmitux' dePerionne ) , ' u. Potier employa tous lt$ moyens pos-^ sifeles poulie rassurer} 1 & en eflfetv le Jeunè-hommè parut plus tranquile : mais il akît toujours sur la fossé de son Père,* le soir; en revenant des travaux charnu pèttesr Le Curé, ainsi que lé Mafîtred'écofc-, GuittàuMc Rààrd, Vf trouvé* rtht ùn-soit. ' -^O Eddie : J lîùîdtt Guillaume , que vieri^-tit 'faire dahs ce îteti triste , qui renferme ëii un si petit et--

demmPtye* 217

pace toute* lesgenerarioris passées? — -jy viens montrer à moii Père \ un Fils repeneai*.. -«-Il . »€st pas nécessaire d* Venir îçî ( dît \e Pasteur ) , du sein d'Abraham; ouest ion Père, il tenroir de partout.. -r-ÇX! Monsieur le Curé! mais, moi, je sera mieux ici sa présence , & je viens lui jeter delçwjbenitç. -r-Oijtapreiistu? notre église est fermée le soir ? ; (die lç Maître-d'école ), — JeU porté dans mes ïtuxvv Ce mot fit une fi force impression, sur Je Pasteur &$u/r le Maître-d'école qu'ils se mirent & genoux sur la fosse y sans répondre à M'io , & puèrent avec lui, pour son Père ; ce qui donna une si grande, joie à ce pauvre Garson, qu'il osâmes embrasser tous-deux 9 quoique ses Supérieurs. £t depuis , il paraissait content ; car il disait : —Mon Père a vu du sein d' Abraham , çomipe quoi M. . Ip Qur^ te m* le Maître mpnt approuvé j & il m^ppf^vera, aussi > car il çtftic toujours du* même avis eux-. ] ■ --?

Mïtsm

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