LaVie
souper , prit ce qu il trouva sous sa main , L & courue par le chemin de NitrL On ne trouva rien. L'Ivrogne entendant venir cette Foule ( car il n'y avait pas moins de cinq cents Personnes ) , se jeta dans les vignes. Les Habirans continuèrent lent route, 9c ils auraient été jusqu'à Nitri, j si au coin dés bois communs de ce Bourg, ils n'avaient rencontré mon Père.» qui revenait tranquilement. Il avait été étrangement surpris du bruit qu'il entendait devant lui : dès qu'il put parler aux Plusavancés, il leur cria: — Hé! mesEnfàns»
qu est-ce donc, qu'est-ce donc ? Ya-t-il quelque malheur au pays-? On lui expliqua le sujet du tumulte qu il entendait.
11 remercia avec effusion de cœur, & en arrivant à la maison , il fit percer le meilleur tonneau , que la petite Armée eut bientôt mis à sec»
Cette avanuire fit du bruit dans le eau* ton: on Ta diversement racontée i on savait qu Edrae Restif apportait de l'argent
demonPkre* 127
d'une tournée de chés ses Débiteurs, 8c tout le monde a cru , & le croit peutêtre encore 9 qu'il avait été réellement attaqué par Balcon j mais qu'il avait voulu le sauver > en cachant ce crime. Pour moi, j'ai rapporté la vérité.
Après avoir exposé la conduite d'Edme Restif avec son Epouse & $és Domestiques , il ne me resite plus à parler que de • telle qu'il a tenue avec ses Enfans.
Il était sévère, sans être dur, & la preuve sans réplique , que c'est la meilleure méthode « cest qu'il fut beaucoup plus sévère avec Ceux du premier-lit , qu'avec Ceux du second , & qu'en ge«?
neral Ceux-là valurent mieux que Ceuxci. Une nouvelle preuve encore ; c'est que les premiers Enfans du seconcMit, traités presqu aussi sévèrement que les Aînés, ont plus de vertus oiorales qu* leurs Cadets. Je parle ici désintéressement, & je moublie autant qu'il est po*
ia8 La Vie
ttble , pour jie songer qu'à la vente.
Aussi , dans sa vieillesse fut-il d'une indulgence excessive. C était une vertu de plus dans ce respectable Vieillard; mais le. caractère des Restifo est en gênerai trop verd , pour que ce régime puisse leur être favorable.
Il n'a cependant jamais exercé sa sévérité envers son Fils-aîné : ce caractère heureux se porta au bien dès l'enfance; il s'y porta avec excès, pour être Restif j en quelque chose ( c'était une des expressions de m. l'Avocat Restif ) & Ton n'avait d'autre affaire avec lui , que 'de le modérer. Tel fut Aristore ,. au rapport de Platon. Quel bonheur pour un Père qu'un pareil Fils ! si ce bonheur n'était pas trop souvent mêlé de la crainte de perdre l'Enfant qui le donne !
Quant au . Fils-cadet du premier-lit, je n'ai pas non plus euï-dire, quç notre Père ait été obligé de le traiter durement:
Cependant il était paresseux , Se son ex-
de mon Père. 129
cessjve bonté , dont aujourd'hui Tousceux qui le connaissent tirent tant de fruit, pouvait alors, passer pour le défaut qui en est l'excès. Aussi n'était-il pas aimé de Thomas-Dondaine son Aycul • &sonparejn, qdi était entièrement sub- , jugué par les qualités brillantes de l'Aîné: ; mais Edme Restif encourageait ce se* | coud Fils , Se lui marquait la plus tendre \ affection , en lui disant souvent: — Thoi mas , comme j'aimais mon Père plus que moUnême, Dieu m'a fait la grâce de lui donner le Premier de mes Fils, dans lequel sa divine bonté le fait revivre : mais elle m'a donné le Second , dans lequel je me reconnais avec plaisir : Sois bon , mpn cher FHs j 'l'esprit est une qualité bien dangereuse , quand la dose de bonté qui l'accompagne ne suffit pas pour se mélanger également avec lui (*). Tu es Eût pour être le plus heureux, sinon
(*) QaeHe belle Yerité! r """
*3<* • La Fie
le plus apparent: que cela te console»
mon cher Thomas-.
Je m'étendrai davantage sur ces deux Frères , après avoir terminé l'histoire de ledr-Père.
Je suis 1 aîné des Enfans du second lit.
J'ai les traits de mon Pire & de mon Frère aîné, sans avoir leur figure agréable.
Quant au caractère , infiniment inférieur au Premier , pour la bonté , ■■ & cette force de vertu qui le rendait si vénérable; également inférieur au Second en génie, en lumières , je gémis avorton informe , également indigne & du sang dont je sors, & desexemples que j'ai eus.... Pardonnez, ô mines de mon Père! &vous, son Lieutenant à mon égard , mon respectable Aîné, pardonnez aussi ! je vais redoubler d'efforts , pour mériter l'honneur de porter le même nom que vous !...
On verra bientôt toute l'histoire A une vie agitée par les passions & par les inquiétudes ordinaires au genre-de-vie que j'ai
embrassé ,
de mon Père. 13 r
embrassé, dans un Ouvrage important, intitulé, Monsieur Nicolas, ou les Ressorts du Cœur humain dévoilés; Je m'attache, à y developer philosophiquement les motifs secrets de nos actions.
On sent que Je ne pouvais tenter sur Un.
autre un pareil essai : il faut que le St$r jet lui-même anatomise son propre cœur^ Je renvoie à cette production , pour une infinité de détails interessans , qui étonneront autant les Amis que les Inconnus»
Jeanbaptisce , le second des Fils du second lit, est mort à quatorze ans. Son esprit était borné ; mais il aurait été un second Thomas : son ingénuité & sa bonhommie ont fait , pendant toute sa jeunesse , l'amusement de la Maison , sans que f>our cela il en fût le jouet: notre Père , dont il était chéri , & qui riait lui r même de ses naïvetés, ne l'aurait pas souffert. .1
Charles est le troisième des Fils. Ce* tait le portrait vivant de mon Père pour la
//, Partie. G
132 LaVïe
figure , & pour|^œirn^b îesprit : mais il était inventif, ' aSftht 5 Jte un mot , c'était l'esprit de Pierre Restif , avec la vivacité de notre Mère, dans lecorps d' Edme.
Cet Enfant d'une si grande espérance, fut tué en 1 7 5 7 , en Hanovre. II était dans le Régiment d'Auvergne , & n'avait pas dix-sept ans.
Pierf$, le plus- jeune , occupait la maison paternelle. Son éducation s'est trop ressentie , comme je le disais , de l'indulgente vieillesse de notre Père. Il était intriguant, menteur, ivrogne, fainéant.
Il trouva, en 1777, en fouillant dans îçs décombres de la maison paternelle, des J pièces de monnoie d'or , grandes comme un écude j livresj mais extrêmement minces ; ce qui donnait la facilité de les rogner: Jelesaivues, mais je n f ai pu les avoir en communication : Pierre les agiota, je ne ■ sais comment, ici à Paris, avec un Homme du Gros-Caillou. C'est un malheur, que ces pièces n'aient pas été découvertes du
demonFère. 133
vivant de mon Père, Elles paraissaient avoir deux ou trois cents ans. L or en était pur^ à ce qu'on m'a dit , & les Agioteurs se hâtèrent de les fondre* Pierre est mort quatorze mois après, le 5 auguste 1778, laissant sept Enfans , dont quatre garsons* J ajouterai seulement , qu'on nous écrit beaucoup de bien de son Fils-aîné ( qui n'a que vingt an$ ) , pour l'entente des travaux rustiques, pour le goût de l'économie 8ç de l'occupation. Puisse cet Enfant reçracer la conduite d'Edme Res- ' tif , & le faire revivre dans le pays qu'il a si longtemps & si utilement servi !
Lorsque Quelqu'un de nous avait commis une faute , il en était repris sur- lachamp avec sévérité ; mais sans aucune correction active. Selon la gravité dé 1* faute, mon Père décidait aussitôt du châtiment y qui était , ou des privations, ou même le fouet. Les privations étaient annoncées plusieurs jours d'avance, âc tous les jours» on prononçait au Coït;
Gij
La VU
pable sa sentence : Si c'était le fouet ; , il était renais à huit jours : la sentence était prononcée en ces termes, après la j réprimande: —Mon Fils tel (ou ma j Fille une telle) dans huit jours, à telle j heure, vous aurez le fouet, pour expier ; la faute que venez de commettre , & \ servir d'exemple à vos Frères & Soeurs, de ma main (ou si c'était une Fille) de la main de votre Mère-. Cette sentence du fouet, ne se prononçait qu'une fois. , Mais à l'heure de l'exécution , le Cou- j 'pable était appelé j on fesait l'examen de ] $a conduite, depuis la sentence: si sa conduite avait été excellente , le pardon était accordé \ si médiocre, le fouet était modéré j si méchante, la correction était.- bien rigoureuse: j'en ai éprouvé une de ce genre de la main paternelle, qui se fesait encore sentir plus de quinze jours; après. H est inutile de dire que la fuite « .était impossible. Mais pour avoir le foue«, ilfalait un cas trè$-grav$: je v ne l'ai eu
de mon Pire. 13 y
que deux fois de la main de mon Père ,.
& j'étais fort méchant : la plupart des autres Enfans ne l'ont jamais eu, surtout les deux Aînés, & les Filles.
Mais lorsqu'un Enfant avait quelqu'ac- !. non qui méritait des éloges , il les recevait le même soir devant la Famille as* semblée, & ils étaient proportionnés à 1& beauté de l'action.
L'Un des Fils fut loué ainsi, pour, avoir donné à un pauvre Malade , la soupe au lait & l'œuf frais qu'on lui avait porté pour son dîner, dans un champ où il gardait du blé qu'on y avait étendu sur des draps, pour le faire sécher. Il reçut entité la bénédiction paternelle.
Un-autre fut loué, pour avoir été courageusement ôter de gros Bestiaux qui gâtaient un héritage , & avoir ainsi sauvé au Propriétaire ledommage, & au Maître «es Bestiaux l'amende & le coût du dégât ; 1 Enfant n'avait que huit ans.
Un des Fils fut loué} mais d'une ma-
Giij
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nière moins solemnelle , pour avoir, à l'âge de dix ans, seul, triomphé d'un Loup, qui attaquait le troupeau : il lui avait d'une main hardiment arraché sa proie d'entre les dents , en lui donnant de l'autre des coups d'an bâton ferré: la vie* toire éjait entièrement remportée, lors* que Ceux qui étaient témoins du combat, purent venir au secours.
Une Fille fur louée solemnellement , pour aveir contenu la Troupe desMoissônneurs de la maison , qui disait des paroles grossières à une pauvre jeune Glaneuse , d'une aimable figure , & pour avoir fait manger cette Fille avec elle , dans la vue de lui attirer de la considération. Pour mieux marquer aux Moissonneurs l'horreur qu'il avait de leur conduite, Edme Restif rendit cette cérémonie très- touchante, & voulut que la Glaneuse moissonnât par la suite, & gagnât autant qu'une des plus habiles de la Troupe. Il lut le soir le livre entier de Ruth, qui fit pleurer les Coupables,
de mon Fère. 137
Dans sa jeunesse, le vénérable Edtne- Nicolas Restif fils-aîné , avait été loué souventefois , pour diverses a&ions éclatantes de charité , de modestie , de piétéfiliale envers tous s^s Parens.
Anne Restif, fille-aînée, & déjà m»»
riée , fut . louée pour sa bonne-conduite en ménage , avec un Mari très-dissipé , peu laborieux , dont elle avait fait un bon Mari par sa douceur, ses complaisances, les encouragemens qu'elle lui donnait , & lardeur incroyable avec laquelle elle lui épargnait une partie des peines, en fesant elle-même autant , & plus qu elle ne pouvait.
Marie Restif, quoiqu absente, & étant alors à Paris , fut louée pour sa conduite dans cette Ville, sur le témoignage de ses Maitresses , & d'une de nos Tantes :
comme elle était jolie , elle avait été exposée à quelques épreuves , dont elle s'était tirée avec autant de modestie que de courage, &c. a .
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138 LaVtt
Il est inutile de faire observer combien cette conduite, vraiment patriarcale , m était efficace, pour donner de bonnesmœurs : ceux-même des Enfans de notre maison , qui malheureusement jetés dans le tourbillon d'un monde corrupteur, ont pu se livrer pendant quelques années d'effervescence à des plaisirs dangereux , ii ont pas tardé à rentrer en eux-mêmes , & à revenir au* bons principes qu'ils ont reçus dans leur enfance.
Il est beaucoup d'autres détails interessans, que j'omets. Je reprens le fit de l'Histoire, à un trait frappant , où.
je fus moi-même acteur. Mais je vais le faire précéder par un mot d'éclaircisse-* men t , qui achèvera de faire suffisamment connaître le digne Citoyen auquel je dois le jour.
Mon Père avait enfin obtenu , comme surnom, le titre qu'il avait si vivement, désiré de mériter, celui de THonnetehomme 11 avait tous les jours occa*
de mon Fère. 139
sion de se l'entendre donner. Un soir entr'autres, le; dialogue suivant, entre Jacquoc- Biaise le Berger , & Germain , le garson-de-charrue, dut lui être bien agréable!
Jacques-Biaise. Dites-moi donc, Germain , qu'est-ce que ça veut dire, l'Honnête- homme , qu'on dit après qu'on a nommé note Maître? Germain. Mais, est-que tu n entens pas ce que ça signifie ?
Jacques. Je vois ben à-peu-près : mais je n'enrens-pas ce mot-la ben clairement^ Germain. Sais- tu ben ce que c'est que d'être bon père ? Jacques-Biaise. Oui.
Germain^ Bon pour sa Femme ? Jacques.
Oui, Germain. Bon maître? Jacques.
Oui. Germain. Bon juge ? Jacques.
Un peu. Germain. Bon envers Un-chacun, & ben craignanjp Dieu? Jacques.
Oui , je sais ce que c'est que tout ça.
Germain. Hé ben-donç, c'est ça qui «'appelle être honnête-homme. Jacques.
Me v'ia instruit. .Ma-foi ! note Maître
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140 La Vie
est ben nommé ; car il est bon tout ce vous venez de dire là , Germain-.
Lesoir après souper , l'Honnête-homme nous dit , devant toute la Famille assemblée : —Mes Enfans , il est un héritage que j'ambitionne beaucoup de vous laisser ; c'est que partout où vous irez , partout où vous vous clirez mes fils, Chacun vous reponde aussitôt: : — Ha! vous êtes les Fils d'Edme Restif ? . c'était un honnêteliomme! Croyez-moi , mes Enfans, cela vaudra mieux que si on disait : C'était un riche homme ! C'était un habile homme! C'était un savant homme!
Il a battu une Armée à lui'-seul , & le Roi l'a fait comte, marquis ou duc, oii telle autre chose que ce puisse être \ Et tous tant que vous serez , mes Enfans, dans tout le cours de votre vie , que vous ne faites que de commencer , n'ayez pour but & pour unique ambition , que de dignement mériter cette belle & utile qualité $ car si vous la méritez bien , on
de mon Fère. 141
vous la donnera à la fin. — Comme à vous, Maître, dit Germain: car Unchacun vous la donne , & surtout nous , qui vous voyons de plus près , & pour qui vous n'avez pas la moindre chose de dérobée. — Dieu en soit loué, Germain; & la puissé-je conserver !
Voici le trait que j'avais annoncé, où le titre de l'Honnête-homme causa au.
4 respectable Vieillard une joie aussi vive que pure. i
; Un de ses Fils , qui demeurait alors 1 | Aucerre, partit là veille des fêtes de la I Toussaints , avec un de ses Camarades , ] pour aler voir son Père. Ils passèrent par un Village qui était à moitié chemin , où demeurait un proche Parent. Mais une escapade de jeunesse très-recente, fie mal accueillir le jeune Restif. Humilié d'être traité de la sorte devant son, Ami ", * forcés de partir sur le diamptous-deux, à la nuit , le Jeune-homme prie le parti de se rendre à Saci , par des chemins
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142 La Vie
couverts de bois, Environ à demie-route les deux Voyageurs n'en pouvaient plus de lassitude & de faim. Ik n'avaient pas grand'monnaie: le jeune Restif surtout , qui n'en avait encorç jamais senti l'utilité f avait négligé de se munir d'une dixaine de pièces de deux sous > qu'il laissait rouiller dans sa chambre avec quelque ferraille.
Le besoin les obligea de frapper à une poi-te, en passant parle village du Puits* debond. Ils trouvèrent les 'bons Paysans a table, qui soupaient avec du petit-salé; une grande cruche de vin était devant te feu : c'étaient trois Familles réunies qui se régalaient , a la an de leurs semailleslis étaient Suitiers les uns des autres 5 c'est-à-dire, associés pour faire une charrue xle trois chevaux.
—-Nous. voudrions bien avoir un coup à jboire , en payant > dirent les. jeunes À£famés. — - Oui-da , Messieurs : mettez- -vous-ti; tout-près du feu j * il faut céder ijkt place aux Nouveaus-venus. «—Mais
de mon P\re. 143
c ^st que.;, dit le jeune Restif, nous ne sommes pas bien riches-. Et le Camarade tira six sous & demi de sa poche. , somme totale de leurs richesses. — Il y a là pour vous bien régaler , dirent en riant les Paysans,: mettez-vous à table , Messieurs j & reprenez votre argent y on ne paye pas ici d'avance.... Pourrait-on vous demander d'où vous venez? — D'Aucerre. —Et vous vous mettez en route si tard ! — Vous voyez bien , dit le Camarade, que nous n'avons pas peur des Voleurs. Et puis c'est que nous devions coucher à une lieue & demie d'ici , ctoés le Frère de mon Camarade \ mais ,.<. on nous a mis à la porte-...
Le jeune Restif rougissait , & donnait des coups de coude à l'Indiscret. — Il faut bien que je me venge un-peu , lui repondit Celui-ci : mais je garderai le silence chés ton Père-.
Les deux Jeunes-gens se miren; à manger , non pas suivant un appétit de seize à
: La Fie
'Atf-septans; mais avec la mocléfttfloiS -Gens- qui ft ont ^ chacun quë';}< Jrard à; ddnher pôtfr/-fcûr écètv - .' [Cependant le Maître delà maîsem; iXtriAâitciHrieasem^htsès Convives j'y ,gure * Ai: jeiiftè RëStif - surtout : , - le; pait n * :— Mé&îetiFS^ - die il ertfîn >être trop euHeux , ^ où alez-votii? 'i ■ Saei. *^ïe : riéthëttwhpe-pasv ♦Amis- té sont ses Fils** Confinent nommez-vou$ ? '* — Je mé nomme, ; : mier, At leC^mâf âdé/j&é mon A : tif-. A ce dernier riom, ^OHtë la taïÀ leva avec une sorte cte transport -— • êtes le Pikdeât. Rectif ! que ne l'avez-^ dit en entrant!- Hâ! Thonnête-hoi de Père que vous avez* II n-'y a :
Habitant dans Puits debond à- qui il- d rendu service, 8£amôi ; , çntti&n 'riculîer^. j&iaifiîe', apporter te - : fe An: il ne peut être- Aiangé éri pïu$' ~ri6îrat3e Compagnie y . à moik^qufè le- j ^tri-même -ny/fùu • Aions,; Méétie
Ih 1 l'Iunmete-hemme de Père (p te vmt* <wf** -
demonPïre. 14^
on ne part pas ce soir: voila un lit, ce sera pour vous , &c a . Toute la maison était en Pair. Le Camarade, gaillard fort éveillé , était ravi. À tout moment les Bonnes-gens se récriaient, Ha* l'honnête homme de Père que vous avez L.
Monsieur, disaient-ils à Cormier , dans tous les environs , votre Ami serait reçu comme ici... — Je ne m'étonne plus , dit ce Dernier à son Ami , que tu fasses si peu cas de l'argent ! tu n'en as que faire en route! Alons, alons, je te pardonne notre réception de tantôt , & l'escapade qui l'a occasionnée (*).
Enfin les deux Jeunes-gens, à demi-rassasiés, se disposèrent à partir, malgré Ws peurs qu'on voulait leur faire pour les en empêcher. A leur Sortie , toute la tablée porta la santé d'Èdme Restif , en lui donnant mille bénédictions.
(* ) C'était une Lettre <Taihour écrite à JeàKhette Rousseau, jeune & aimable personne du Bourg de Courgîi,
La Pie
Les Jeunes-gens arrivèrent à Saci en moins de deux heures , quoiqu'il y eût près de trois lieues. Mais ils s'étaient refaits, par le vin & le régal d^s Bonnesgens. Ils entrèrent comme le Père-de-famille achevait la lecture d« la Bible. C'était le chapitre de la Genèse, où Jacob revenant de chés Laban , rencontre fon Frère Esaii, & trouve moyen de^le fléchir. Cette lecture attendrissante avait ému tout le monde j le Fils de la maison fut reçu avec transport, quoiqu'on le grondât un-peu d'arriver tard. On fit un accueil proportionné à son Camarade.
Leur appétit était presqu aussi vif qu'au Puits-debond ; on leur servit à souper, ~ & la Famille entière resta, pour écouter le récit de leur voyage , le jeune Etranger ayant annoncé, qu'ils avaient eu beaucoup de peine.
Ils mangèrent d'abord j ensuite le Père* de-Famille leur dit : — Alons , mes Enfans, faites-nous un -peu le récit de vos
de mon Pire. 147
traverses, dans le grand voyage que vous venez de mettre à fin ? — Ne vous moquez pas, Monsieur, dit le jeune Etranger -, nous en avons eues , des traverses , & de cruelles! mais la plus cruelle de tontes , c'a été celle de courir les risques de mourir de faim. Nous sommes partis d'Aucerre à neuf heures. Vous vous êtes donc égarés? — Justement! — Corn* ment, mon Fils ! tu ne sais pas encore la route ! — -C'est que nous avons pris, continua l'Etranger , par des chemins de traverse j bien nommés, je vous assure!
& à six heures du soir , nous n'avions encore rien mangé : car notre déjeuner d'Aucerre n'en mérite pas le nom. Avec cela, pas d'argent dans nos poches. Mais si j'avais su la pièce de crédit qu avait m. votre Fils ! — Comment, une pièce de crédit? —Et une bonne , Monsieur: votre nom. Dès que nous l'avons eu prononcé , le pain, le vin, la viande, d'excellent . boudin, un bon feu, des caresses presque
La Vie
comme celles que nous recevons ici , tout cela nous a plu sur le corps. Je n'avais , je vous assure , encore vu rien de pareil-*
EtleJeunehomme,sansprendre haleine, raconta tout ce qui s'était passé au Puitsdebond : Toutes les foisquil répétait l'exclamation des Bonnes-gens, qui servait co m me de refrein jt leurs discours , L'honnête-homme de Père que vous avez! on voyait le respectable Vieillard lever les yeux vers le Ciel , & retenir à peine ses larmes.
Quel moment délicieux! &:. la verra.-, n'eût-elle que cette recompense, ne surpasserait elle pas toutes les prétendues jouissances que le vice procure ? Quand Edme Restif , quelque temps auparavant trouva une bourse pleine, en alant à la foire de la Ferté-Milon , & qu'arrivé dans .ce Bourg, ii se promena dans le marché, en criant, Qui a fait une perte? & qu'un pauvre Père-de-Famille se présenta, disant, J'ai perdu ma bourse , ôc je suis
de mon V\re. x 14P
ruiné : Quand Èdme Restif, en la lui présentant, le vit tressaillir de joie , & tomber à genoux pour remercier le Ciel} quand l'Epouse de cet Homme , qui voulait mourir de desespoir, vint lui rendre grâce de la vie, pense-t-on que l'Honnêre homme n'ait pas eu un milion de fois plus de plaisir , que s'il avait gardé cetar gent, & qu'il l'eût employé secrettemenc à son profit !
Ji vais terminer cette intéressante Histoire : mais je la ferai suivre par quelques traits de la conduite de mes deux Frèresaînés, capables d'achever de donner une idée complette du Père vertueux , qui a su former de tels Enfans.
Edme Restif jouit d'une assés bonne santé, jusqu'en 1762, qu'il fut attaqué de la maladie dont il mourut en 1763, le 16 décembre. I/année précédente, la prairie avait été inondée par les pluies. Le temps de la fauchaison étant arrivé, le respec-
ï jo La Vie
table Vieillard , dont rien n'avait jamais pu suspendre les travaux , crut qu'il avait encore \ l'invulnérabilité de sa jeunesse (qu'on me passe le terme ). Il coupa luimême Therbe dans l'eau > avec une adresse dont lui-seul était capable, & en tira la plus grande partie. L'eau était si froid», que Tous ceux qui lui aidèrent en furent incommodés : mon plus jeune Frère eut une fièvre tierce. Mais l'effet le plus funeste , fut sur mon Père , qui avait travaillé davantage & plus long-temps. Une fièvre lente s'empara de ce corps robuste , & le mina insensiblement pendant près de deux années.
Je n'ai pas eu occasion de parler du Fils aîné de ma Mère dans le cours de cet Ouvrage: Il avait pris un art aussi utile aux Hommes, qu'il est noble par l'évidence & la sûreté des secours qu'il procure , la Chirurgie. Il s'y distingua: Il connaissait surtout si bien le tempérament de mon Père & de ma Mère , qu'il ne les traita
. de mon Père. i^r
jamais envain y soit que sa méthode fût infaillible y soit plutôt, que la confiance en lui fît plus que le remède. Cet excellent Garson était mort à vingt-six ans, dune chute de cheval, laissant une jeune Veuve (Mademoiselle Patri, dePonthierri, près Fontainebleau),, qui lui a donné un Fils posthume. Durant tout le cours de sa maladie , Edme Restif ne disait antre chose dans ses souffrances, sinon* — Helas ! si j'avais ici mon pauvre Boujat-! Ce fut la seule plainte qu'il se permit.
Messire Antoine Foudriat n'était plus; ce fut un jeune Curé ( m. Jolivet ) , qui administra les derniers Sacremens : mais le respect de ce jeune Pasteur pour le Vieillard été déjà si profond , qu'il lui rendit des honneurssans exemple en cette occasion. Il était suivi de toute la Paroisse ; les Vieillards en larmes , remplissaient la chambre du Malade, & tout le reste, à genoux dan*
La Vie
Ucour, fi^may: des voeu* pmu^pL •9g?v'atîou* 1 . ■• fc • ; - : :*."^"«
130& EU* assistais , sur la hec#^riba préparer de loiriijaiwôrt» sjc s adressant k Dkuï » »0 ujqâ Sèïf krestdaris le. T<d#rnaçie< lé pkts rcous que: je yais vous placée aujoucd'l Je corps de. l'Bomttie-de-l}ieri est 1$ tetap Je plus agréable à la Divinité,:,,, * Pu coutage* mon digne Père(ea£ par r€ epect, il posait > /a-rt-il:dii;; > . kinnêj le nommer mon Frère ) : ou vous alëz et «ndu à rie»' râceùx > où tous aies jouir h bienheureuse vk dans le sein d'Abira -hatn, avec tous Jes lusres, âquivousaye iessemblék Mais de cous des Justes y j'ose] Je die y: il !n!eu ;es{ :pa& qui dônte ienikèdcr.plus glorierâe; récompense^-:
4e bobfièjœ-'de fanàUlev qui a fait aui ad'Heur eux & d© Vertueiyc .qu'il a eu>;j J?jumliers;v q^i.'a .donné; à ÎEgKseV à
'de mon F\re. i$$
lignes Ministres; à la Patrie , de braves Défenseurs ; à l'Etat , des Ciroyens de joutes les classes, & surtout des Mè*es- He-familles exemplaires & fécondes : ce lera un cri-de-joie dans le Ci$l à votre fcntrée , & le saint Patriarche Jacob , Se jtous les Saints des premiers âges que vous ^vez révérés , vont vous présenter aux lieds du Trône de Celui qui ist , » &c\
' Cette exhortation était bien dans le goût Jiuvenerable Vieillard : aussi lui tira-t-elle les larmes, & depuis ce moment, il attendit la mort avec une sérénité, & même une joie, qui n'était troublée que par l'affliction de ma Mère.
H n'est plus ! Dieu tout-puissant ! votre plus noble Ouvrage n'est plus ! car un Père vertueux est votre vivante & sainte image! Béni soyei*vous j ô mon Père , & du séjour des Justes, jetez urç regard f topice sur vgtrs infortuné Fils ! Amea,
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La vente m oblige à dire, qu'il y i peut-être un reproche à faire à cet Homme vertueux : * c'est qu'il aurait voulu avance! tous ses Enfans dans le monde. Il net a élevé qu'Un aux travaux champêtres (8 c'était Celui qui n'y était pas propre : ) 1 a soigné notre éducation , autant & piti que ses moyens ne le lui permettaient, & il nous destinait à vivre dans la Capitale, Cela venait sans doute de l'estime que le vertueux Pombelins lui avait inspirée poat ce dangereux séjour, & des avantages dont il avait été sur le point d'y jouir. Mais autant il avait de goût pour nous voir établis à Paris , autant il nous détournait de nous fixer dans les Villes de Province ; & voici ce qu'il nous répétait souvent, pour nous en éloigner: — Mes Enfans , la qualité d'Homme est si belle, jgu il faut éviter tout ce qui peut y donner
atteinte:
i de mon Père. iff
! atteinte : Ôr , je n'ai vu nul endroit ou I cette belle qualité soit plus avilie, que dans îles petites Villes de Province : cinq à six Lgros Habitans s'en regardent comme les y [Proprétaires., & il femble que c'est par ;râce qu'ils veulent bien y souffrir l'u- Popukce qui cultive la terre , exerce imetiers, &faitale* le commerce. J'en fû va quelquefois des exemples revoltans m les promenades publiques , de la part ile ces prétendus Propriétaires, qui ^possédant les principales charges de Magisrra- , Jure j avaient en main tout le pouvoir. Je «rais mort dérouleur dans un pareil séjour.
A Paris , au contraire , l'Homme est en^ core ptuslibte qu'ici ; il n y a qu unMaître, tyii lest de tout le monde ; & si un Duc-&- , pair vient à vous éclabousser, vous pouvez le lui rendre l'instant d'après. Grand \ & bel effet de la liberté dans cette Ville immense / où Ton voit non seulement 1* Nation datls toute sa majesté } mais où le Genre-huinain respite Xùt salutaire & le IL Partie H
j$6 La Vie
précieux parfum de l'égalisé. Je n'ai jamais entrevu Paris de-loin , qu avec le tendre sentiment d'un Fils qui revoit sa Mère. A-la- vérité, cette Mère est un-peu capricieuse : elle est quelquefois bien dure ! mais aussi Ijl plupart du temps , elle chcrçe ses En&ns, au - peint de les gâter. Je ne vous pailmi pa$ des auiusemens & des recreajjpas qu'on trouve, dans Paris ; cette grande Ville. eft m spectajcle continuel, où. ks. scènes changent à chaque pas & à ehaqtœ instant i Mais ce qui est bien mieux , c'est un livre toujours ouvert, où vouspottves lire toute la jo*irn&, si vous a are* âsn 4 &* r€ î ce qui es* vrai i>on-sç«leraeitt au figuré s mais au. p*opc*j puisqu en p^eonfant sui les qusis les Maa&ands de viem Livres, on y en trouve à vil prix de qwi j^sasier « curiosité : Vous voyez encore en es« tanipes les plus beau* trais & l'Histoire :
& si vous, ares quelques çQramsnçeu** 1 * 4'àude , vous vous inscruisez.en vous pr#
démon Père.
*sj
mirant, en fes^t même vos affaires, A tout moment, vous pouvez y être utile au Prochain , sans bourse délier , si vous n êtes pas riche ; à toute heure du jour 9 vous pouvez, en passant, satisfaire votre piété} on y loué Dieu à tous les instans du jour & de la nuit. Ajoutez que le corps humain y étant assés bien soigné* pour l'ordinaire* il y est frais comme unç belle rose au matin > avant que le soleil & la poussière aient séché la rosée. La parure même, que je ne condamne pas , y donne aux figures un certain air de bonne* humeur & de satisfaction ( *) j les Femmes y sont dix fois plus aimables qu'ailleurs, Paris, mes Enfans* ou notre Village:
(*)Le respectable Homme voyait tout en beau & bon: c'est ainsi que sont faits les Coeurs droite — Les Caustiques, les Chagrins sont fenudades d'esprit, disait-il souvent-, les Me- <*ans. vota* nui en &4> parce^u'ils n'ont cas
WtoebeUe-,
Hij
158 La Vie I
mais pourtant plutôt Paris que notre Village-. !
Rien de plus vrai que ce sentiment du digne Homme j j'ai éprouvé tout ce qu'il dit : la peinture qu'il fait de la Capitale, qu'il regarde comme le refuge de tous j les Opprimés , & la consolation du Genre-humain , est un de ces traits!
de génie, que l'on conçoit mieux, qu'on !
he les peut exprimer. Mais les mœurs j y courent bien des dangers ! Helas!
est-ce un vice inhérent à la Capitale, & Celui qui s'y corrompt, n'a-r-il pas ap-i porté dans son cœur le germe de la corruption ? Edme Restify vécut aussi pur que 'dans son Village... Heureux Mortel!
Heureuse la Patrie , fi elle n'avait que des Enfans comme toi!
Mon Père n'était pas mauvais prophète, en croyant que la Capitale pouvait être avantageuse à ses Enftinls.; Sans de malheureuses circonftances , deux de ses Fils y ftliraieçt ttouvé le même bonheur que leur
de mon Pîre. ijp
Père. Châties Restif, le cicme qui .esc more soldat dans i 'Hanovre, avait été pris en affection chés un Notaire de Paris , qui fut fi charmé de ses. qualités , qu'il se proposait de lui donner un jour sa Nièce»
Nous avons encore la Lettre qu'il écrivit à mon Père à ce sujet, après l'engagement du Jeunehomrae; engagement qui ne fut pas l'effet du libertinage, mais d'une sorte , d'enthousiasme qui saisit Charles , & lui fitdesirer de servit l'Etat, en payant de sa personne.
Un autre Fils- aurait encore été plus heureux : Mais cet Infortuné fut toujours poursuivi par un sort contraire :
triste exemple pour les Enfans indisciplinés, qui prétendent disposer d'eux-mêmes à leur gré dans la circonstance la plus importante delà via, le mariage-.. Il faut, avant de rapporter son avanture, mettre l'honorable Lecteur au fait d'une circonstance inattendue.
En 1764, par une singularité frap-
H iij
i6o La Vie
pâme, sans être miraculeuse , il se trou- Taie à Paris , dans le même commerce de m. Pombelins, avec une fortune égale à celle qu'il possédait , Un de ses Petitsenfans par Eugénie > qui avait deux Filles , de la plus charmante figure : l'Àinée 9e nommait Rose j Se la Cadette Eugénie* comme leur Grand* mère & leur Grandtante. Par une aiœre singularité , un des Fils d'Edme Resti£ vit ces deux Jeunespersonnes , sans les connaître y Sc devint éperdûment amoureux de l'Aînée* Emporté par une passion dont il n'était pas le maître, cet infortuné Jeunehomme, sans but fixe y puisqu'il était marié , écrivit des Lettres anonimes, ou s^s sentimens étaient peirm avec une véhémence & une vérité qui firent impression > non !
sur -la^eunepersonne » mais sur son j Père (**). Il désira de connaître quel
(*) Ces douze Lettres sont Imprimées dans h vingt-cinquième ContempQrauie x intitulée VAnr vienne Inclination •
dtmonP'ère* 16 1
était Celui qui pouvait écrire ainsi , & donna ordre à ses Garsons de tâcher de ! h surprendre. Ils £ réussirent à la dou* zième Lettre, non à l'instant où il la posait , le Jeunehomme prenait de trop ! exactes précautions ; mais dans un mo- : ment où il s'enivrait du plaisir de regar- 1 der la belle Rose Bourgeois, à une fé- | nêtre basse. IJs le saisirent, & le traînèrent dans une salle , où étaient les deux Jeunespersonnes , leur Mère , & le reste de la Famille : le Père était alors absent.
Quelle conFufsion pour un Homme natu* Tellement timide, & qui était dans un très-grand négliger !.... Il essuya beaucoup d'humiliations ! la Foule criait à la porte, que c'était un voleur.... Mais la plus cruelle de toutes , Fut le dédain de Celle qu'il adorait j dédain trop mérité pourtant
LePère-de*famille survint à l'instant où on venait de lui faire écrire quelques mots, pour se convaincre qu'il était l'auteur des
H iv
La Vie r
Lettre?. '«Dès que m;. Bourgeois; vit* leunehomme* il fit sortir tout fë mondte$ sans .exception ; & sentant .que son ce s'intéressait, vivement pour cet Inconnu ] ce fut avec douceur qu'il lui parla. ; - — Pqutquoi cherchez-vous à developc dans-le.cjOHir; d'Urîe<le mes' Filles, -jjà .passion qui peut y faire : d'affi:eûx ravages H Pourquoi m'outragez- vous *, moi ^ Quii Vous.ai jamais rien fait? Tâchez de me fournir aumoins quelque motif <le voig excuser-?. •":'.: :"""••"
Le jeune Imprudent , confondu d& %m de, bonté, se jeta aux geiïo'jxde M f -Boujj geois. — J'ai tort , lui dit-il j voila tou ce que je puis & tout ce que je veux dife^ niais j'ai été entraîné malgré moi j faute n'a; pas été volontaire. , —h çuse ordinaire de jTous- ceux qui font 3 —Je suis au-desesppir de ce que j'ai £3^ mais je suis trijp vrai pour vous dire que j$î i\e,le.ferais pas , si j'étaiçile faire. -— Qui 1 ctes-votis ? — Un Jeunehomme de Pra?
Qtfà.WTfVMXIjfj^
,' Pourquoi m'outnuja-votur f
/£ïT2^
démon PYre. 163
vince. — Vous la nommez ? —La Bouc-
i gogne. — La Bourgogne ! Votre
nom , je vous prie •? Il le dit. — Mon
I cher Ami , causons tranquileroent : vo-
| tre Père n'a-t-il Jamais demeuré à Paris?
! -—Oui , Monsieur ; & il y a étéplus heu-
I reiflc que moi. —N'a-t-il pas connu un
m. Pombelins ? ; — Hâ-oui, Monsieur!
beaucoup, jevousassure. — Beaucoup!..»
Je suis fâché de ce qui est arrivé : mais
revenez me voir demain , & faites une
toilette un-peu plus soignée. J'ai à vous
parler. Je présume que vous êtes libre ;
je veux dire garson , .& sans aucune sorre
d'engagement. Adieu : sortez par cette
porte-de-derrière : la Foule est dissipée..*
Revenez demain ; vous me demanderez
moi-même > entendez-vous-?
Le Jeunehomme sortir.... le desèfpoir.
dans le cœur. Mais le lenderpain^. il neut pas le courage de se, présenter; il ûëtait pas libre... 11 écrivit -, & sugpjia
hV
164 La Vie
%i. Bourgeois de vouloir bien l'encoor rager , en lai inarquant en gros ce qui!
avait à lui dire.
Réponse*
s» Vous savez mon nom : Je suis fils d'Eugénie Pombelins : J ai su de ma Mère l'histoire de votre Père & de ma Tante. léserais charmé de réaliser un ancien projet , supposé que vous teniez de votre Père, comme Rose , ma Fille-aînée, tient de sa Tante ," & Eugénie, ma Cadette , de son Ayeule. Nous vous attendons ce soir. Eugénie Pombelins, qui vit encore % se fait une fête de vous voir ».
R £ JP £ I Ç V JE-
Monsieur >
Un Démon , ennemi du repos de mes jours, m'a poussé dans votre quartier.
Je n'irai pas chcs vous j je ne le puis ;•
de 'mon P\re. 16$
mais j'en mourrai. Je suis, Monsieur; avec un profond respect ».
Le Jeunehomme avait raison. Qu'eûtil été chercher ? Mais le restede ses jours fut empoisonné. Malheureux aupara* vant, il sentit ses peines s'accroître; sa santé succomba ; il descendit aux portes du tombeau, & si la force du tempérament l'en a. ramené , il n'a jamais recouvré i je ne dis pas le bonheur , mais k tranqailité. Condamné à d'érernels regrets , il est justement puni de l'espèce de violence qu'il a fait à ses Parens.....
Paisse son exemple , être une* leçon profitable à Tous ceux qui seront tentés de limiter ! C'est ai«si que le vice est son propre bourreau (*).
(*)* Voyez , au sujet de ce Fils d'Edme , la Femme Infidèle , & surtout, l'Ouvrage intitulé , Monsieur Nicolas , qui doit paraître **i'?po»' Ce né sont^poim ici des fables controuvées $ pour amuser foiliveté; c'est ufle histoire vrai*. - . .,
Hvj
166 La Vie
Les Enfans v sont un prolongement de
l'existance des Pères , & c'est encore parler dignement jJ'Edme Restif, que de
présenter le tableau des vertus de ses
deux Fils-Aînés.
Edme Nicolas est le. second des Enfans d'Edme-Restif. On peut dire de lui ce qu'on lit dans la Vie de presque tous les Saints canonisés , qu'il fut vertueui^lès l'enfance. Ce qui est d'autant plus «tonnant, qu'il joignait à beaucoup de vivacité, un esprit peu commun, & une très-aimable .
figure. Sçn ardeur pour 1 étude était inconcevable; il y donnait une partie. desnuits, & il ala jusque incommoder ^ sa santé. Ses progrès furent aussi rapides qu'ils devaient 1 erre ; car si pertinax la* bor vinck naturam , un travail opiniâtre la seconde encore bien mieux qu'il ne : la surmonte. II a professé la philosophie pendant plusieurs années au Séminaire
demanPïre. i6j
d'Aucerre , où l'on fesaît alors toures lés classes, & les Principaux de la Ville , presque tous ses Elèves , conservent pour lui la plus haute considération. Il fut ensuite vicaire à Vermanton , Tune àes plus fortes Paroisses du Diocèse , & voisine de son lieu natal. Il s'y fit chérir , quoique sa vie fur si retirée, qu'il ne paraissait jamais au-dehors , que pour remplir les fonctions du saint ministère.
Après ce vicariat , il fut nommé à la cure de Courgis , petit bourg voisin de Chablis. Cette Paroisse est nombreuse & tanvfe ; les Habkans ont un caractère àimcifé, ''déguisé sous utrair assés : preveriartty *'&> ik pbrtetit la dissimulation & fèri'tetfemérit aussi 1 loin qtfe ces deux viceâ peAVehtafeh • •
Une fois pourvu de cette cuTe,' Edme- NicolaS s 9 f est attaché irrévocablement , ; & s'est crû lié à son Eglise d'une manière indissoluble. M. De-Caylus le chérissait ; ce digne 'Prélat, après dix années d'ex-
16$ La Vie
perience , fuc enchanté de voir que la conduite d'un Homme pour lequel il avait toujours marqué de la prédilection, répondait parfaitement à ce qu'il -en avait espéré : aussi fesait-il les caresses les plus obligeantes au Curé de C. lorsque Celui-ci alait le voir à Regennes , & il le nomma un jour , . devant une nombreuse Assemblée, ï honneur de son Clergé. Ce digne Prélat sachant le bon usage que le jeune Curé fesak des revenus de son bénéfice , voulut lui en donner un plus consir derable , la cure de Vermanton même j où il avait été vicaire , & où il était aimé. Il lui en fit faire la proposition par feu M. Craqoty . respectable Pasteur d'une des Paroisses de la Ville- épiscopale , homme vraiment apostolique , & d'utœ vertu si pure & si relevée , qu elle est audessus de tout ce que Ton peut imaginer : mais le jeune. Pasteur repondit à son Père spirituel ( m.. Creuiot était son confesseur) , qu'il avait épousé l'Eglise de Courgis j &
'de mon Fkre. 169
qu'il ne la quitterait qu'à la morr. Le saint Evèque fut édifié de cette réponse > Se comme toutes les parties de son Troupeau lui étaient également chères, il laissa Edme-Nicolas où il voulait rester. Eneffet, qu'était-il nécessaire de lui donner une meilleure Cure pour le revenu , puis-»
que ce véritable Pastenr n'en garde rien f
Il est consolant pour notre siècle , qu'il se trouve de temps-en-temps, d'espace en espace, de ces dignes Ecclésiastiques + qui rappellent au Clergé parleur exemple , le véritable emploi des biens consacres à Dieu. . A-la-ver ité> ils ne se rencontre guère que parmi les Curés; ordre aussi rcspecsable qu'utile , 6c mal partagé de biens temporels. Edme-Nicolas ne s'est jamais plaint de cette pauvreté des Curés j.
^contraire , ' je 1 ai entendu plusieurs fois féliciter &qs Confrères de ce trait de conformité avec Jésus ; il regardait la pureté des mœurs de la plupart des Pasteurs à\x second-ordre 5 comme un effet de cette
xjo La Vie
heureuse pauvreté, dont Jésus fait une loi à ses Disciples , Se qui est d'obligation étroite pour ses Ministres.
Voici le tableau de sa conduite , exactement conforme à la vérité , tel que je l'ai déjà tracé dans l'Ecole des Pères, Ouvrage auquel on a rendu justice en Allemagne, où on le traduit.
— Le Curé deCourgis se regarde comme le Père de tous ses Paroissiens, l'arbitre des différends, le consolateur & le stcoureur des Malades. Il a une maxime qui règle sa conduite dans ses aumônes, c'est de dpnner le double de ce qu'il a:
Ceci va s'éclarcir dans l'instant. Quoiqu'il ait de pauvres Parens , il ne leur donne que peu de chose, & voci comme il rendit compte de sa conduite à l'Un d'eux qui s'en plaignait. » Je suis gros decimateur du finage. Ma cure rapporte environ 1500 livres > 500 francs suffisent pour l'entretien de ma maison^ le surplus ne doit pas sortir de ma Paroisse,
de mon Pire. tyl
«juiestfmtvre v je rie le;dçmnecep£ndamt pas ; jeprèçe mon bled & le.resré à moitié prix , durant Phiyer , à mes Pauvres , à mes Enfans-nés : je le mets en dépôt entre leurs mains j j'emprunte aux .Riches pour prêter att$ plus Misérables * lorsqu'on me rçnd ma moitié dans, la belle ^ saison ,' je paye ce que l'on m'a avancé ; & si je ne puis suffire , je vais à la Ville demander l'aumône , pour que le Laboureur n'y aille pas. : (Et voila comme i\ donne plus qu'ilne possède ). J'ai adopta ces Pauvres gens,, en acceptant leur cure & le no*n de leur. Pasteur. Comment ycmdriez-yptts quç mes prédications fissent la moindre impression sur eux > si je manquais à mes obligations , . & si je ne leur -donnais pas l'exemple çies vetr tus chrétiennes \ Mes Paseissiçifis savent ce qye fai \ ils n'ignorent pas que mon superflu leur appartient j que jfc ^uis pour eux l'image de Jésus-Christ même :
je dois donc les nourrir y m'en faite aimer >
Ijz La Vie
pour rendre ma doctrine aimable , ou renoncer à mon bénéfice. Voici, moucher Parent, tout ce que je puis- faire poar vous $ je possède de mon patri moine trois* cents livres environ de revenu \ prenezen , cette année , où vous êtes gêné pât des malheurs que Dieu a permis pour votre sanctification, prenez- en la moitié , j'ai déjà disposé de l'autre dans notre Famille; si cela ne suffit pas, je retrancherai quelque chose, non sur la portion de mes Enfans ; - mais sur ma dépense! , pouf Vous le dorinerr c'est avec joie que je ne mangerai que du pain pour aide* mes chers Parensj mais si vottt-étiefc à ma place, que^vous vissiez au lit de la mort des Malheureux qui n ? ont d'espérance qu'en vous j à qui vous devez , non-seulement Vos biens, mais votre vie même, sui* vant Tordre du saint Legiflateut, pourriez- vous les négliger , Se croire en Dieu, vous dire chrétien, ministre des autels, Curé •> ? La Parent ne put s'empêcher
de mon Père. J73
Ae convenir que le Curé de Courgis .lésait son devoir*
Cet Homnfte a rendu sa vie plus dure que celle du dernier de ses Hahttans: tout l'emploi de son temps esc utile. Il se lève à trois heures du matin , Se médite
I ecritttre-sainte j pour l'instruction de son Peuple , jusqu'à six. Il va ensuite à l'église , s'y prépare pour la messe, qu'il célèbre à sept heures. Il.resce ordinairement dam la maison du Seigneur , pour y attendre Ceux qui ont besoin de
*on ministère y il est à genoux au pied de l'autel : une cloche que Ton sonne , l'avertit de se rendre où il doit éclairer les consciences , & donner. des avis paternels.. Ces soins prennent jusqu'à midi, à-moins qu'il n'aie des Malades, car alors il sort pour les visiter , & revient ensuite*
II dîne y se promène une heure dans sa chambre en hiver ? toujours sans feu, lui qui procure du bois à tous sqs Paroissiens , & dans son jardin durant l'été j
1^4 La Vie
il écoute à cette heure-là Tôus-ceux qui ont à lui parler de besoins temporels > & l'après-midi il exécute ce qu'il faut pour les soulager. Il visite chaque semaine sa Paroisse. Sa douceur & sa bonté font désirer cet heureux jour , aulieu de le faire craindre , comme on le dit d'un autfe Curé , qui imite celui de Céurgis ; mais qui ne sait pas assaisonner comme lui ie bien qu'il . fait , & . porte toujours *iir son front l'indice de la sévérité de s® moeurs.
Il a fondé des Ecoles à ses frais: elle* sont gratuites. Celle des Garsons est te* nue par Thomas Restif , qui ne regar<le pas cette importante fonction comme audessous de lui i celle des Filles lest par Une de nos Sœurs , & le sera toujours dans la suite par deux Veuves exemplaires, fylais le Curé n'en veille pas moins sur le$ Enfans. Il oblige les Paréns à les envoyer à l'école aumoins tour-à-tour r quand on a besoin de leur service j & comme il
de mon Pîre.
I s'en trouve qui sont forces de se tenir aux, champs, tout Te jour , le Pasteur va chês jeux, le soir, lès fait lire & écrire lui- I même une fois par semaine , leur donne s les Livres & lé papier. Les autres jours ? il est suppléé par son Frère Thomas Restif , qui lest à son tour , par ceux des ; Paroissiens les plus aisés & les niieux-vi-j vans, que le Pasteur a engagés à con- , sacrer une ou deux heures tous les huit ï jours à i'instrû&ïon de ces Infortunés : H semble quils soient d autant plus chers ifeur Curé, qu'ils mènent une vie plus dure, Se qu'ils ont plus difficilement Jes moyens de s'instruire. Si on luidemande A quoi sert l'instruction à des Gens si pauvres? itrepond: «A leur donner le plus doux des plaisirs, celui de connaître & d'exercer l'intelligence ; plaisir si. grand à que si Ton proposait à un infortuné,, de cesser de l'être , en perdanc ses lumières > il renoncerait plutôt au bonheur ; & voila ^ourqubi connaître Dieu parfaitement;
jj6 La Vie
est l'ineffable bonheur des Saintsauciel ».
Ge n'est pas tout, il les habille : c'est l'emploi de ladîme du vin, dont je n'ai pas encore parlé; cette dîme est mal nommée , car elle n est qu'un vingt unième , ainsi que celle des gerbes ; sur vingtaine , le Curé prend la dernière : dîmeplus raisonnable ,
" xlans sa taxation & dans son application, que U nôtre- Cet honnête Pasteur encourage les mariages des Pks-pauwes comme des plus riches. Il dit, qu'un Individu qui n'a que ses bras, est un trésor pour la Société, s'il parvient vi« goûteux i l'âge de seize à dix-sept ans.
Qc qu'on en ait fiât «m homme. Arts, métiers , presentesUui ce que vous vous voudrez, il embrasse tout avec ardeur ; 'heureux de se procurer du pain par son activité. Un Homme actif forme autourde lui, continue le bon Curé, un tourbillon, comme on dit qu'en ont les Planètes ; dix dé ses Semblables aumoins
. jont mus par l'activité de ce seul Homme ,
de mon Père»
& deviennent urîlçs. Si je conseillais le célibat à Quelqu'un, ajoutait-il, ce se* I tait aux Opulens j à ces Individus qui ; missent pour être obeïs ., pour faire con- . courirvingt, trente, cinquante Hommes t à la conservation de leur inutile & pondereuse existance. C'est un autre touri billon que forment ces Derniers, bien plu$ | étendu que celui de l'Homme utile : ils 4 çaiploient .opille bras pou* nourrir, vê- | rir, délicate* un Homme* & ^Industrieux J nourtit seul dix Hommes , en les fesant cojitribner.i h nourriture de cent autres, Qtfon qe ^imagine pas que ce- Seigneur ou ce Puhlicaiu, qpi.kit bâjtir des châteaux* pebdrp & dojrer ,des équipages, broder . desi habits , entretient des Çatins , de une Valetaille plus vile encore; qu'on ne s'imagine pas que cet Homme nourrrisse ces Ge.ns-Û ; il les a arrachés n } l'utilité ; ils eussent vécu ailleurs à moins de frais; ils eusseat contribué au
bien gênerai* icc,u , .
La Vie
Le digne Curé de Coiirgîs , eut une cruelle épreuve à soutenir en 1749, le x 2, octobre , je crois ! cent quarante-neuf maisons de sa Paroisse furent réduites en cendres. Le premier Pasteur , m. De- Caylus, tendit une main secourable à ses pauvres Diocésains ; il les nourrit pendant riiiver 2 le Pasteur particulier implora en personne & par des lettres circulaires , le secours de tous les Pays circonvoisins , & il ne fut pas éconduit.
Dans le nombre des Curés que l'on
Visita , il s'en trouva Un entre Tonnerre
& CoUrgis , qui était un vrai philosophe;
il vivait au jour-le-jour, ne gardait rien
four le lendemain , & fesait si peu de
cas de Targâtit, qu'il ne daignait pas le
serrer j ce qu'il en possédait était sur le
irebord d'une chemirfée à l'antique , mêlé
avec les cèrtdffcs 8c la suie. Lorsque^
l'Envoyé dé la Paroisse incendiée futentré, ]
'<& qu'il eut'ahtidn^éfe sujet de sa visite, te!
Curé philosophe se fèpaiidit* en louanges^
* du
de mon Eerc. iyg
du Curé deCçurgis , de son frère Thomas Rcstif qui lui sert de Vicaire , & du bon Chapelain m. Foynat, excellent homme & digne Prêtre. Comme tous les Parois-* siens de ce bon Curé étaient aisés, il conduisit l'Envoyé de maison en maison, en exhortant à lui donner. De retour' chés lui , après l'avoir fait dîner à sa table, il lui dit: —M on Cher, voyez fur. cette cheminée , mon trésor y est :
nous alons partager-. 11 y avait quelques louis ; il obligea l'Envoyé de recevoir la moitié de la somme ; ace présent il ajouta une Lettre obligeante & mille témoignages d amitié pour les trois Ecclésiastiques, qu'il n'avait cependant jamais vus.
Mais l'Homme qui fut le plus utile aux pauvres Incendiés, après leur Evêque, ce fut m. Clément , trésorier de la Cathédrale, frère & oncle de mm. Clément, conseillers au Parlement de Paris. Il es- ' timait paaticulièrement le Curé de Courgis, & il lui en donna des marques en cette