LA PRIERE DU SEIGNEUR
« donnez- nous nos péchés comme nous pardonnons à « ceux qui nous ont offensés; ne nous exposez point à la « tentation, mais délivrez -nous du mal. Amen.n On trouve çà et là dans les livres des rabbins des prières semblables à celle que prescrit ici Notre-Seigneur ; comme par exemple celle-ci : « Notre Père qui êtes aux cieux, « laites à notre égard comme vous avez promis par les « prophètes. (Maimon. in Tephillot.) — La prière où il
* n'est point fait mention du règne de Dieu n'est point « une prière. (Babyl., Beracoth, fol. 40, 2.) Quel est « l’abrégé de la prière? R.- Éliézer dit : Faites votre « volonté dans les cieux, et donnez le repos de l'esprit h à ceux qui vous craignent sur la terre. — Les besoins « de votre peuple d’Israël sont nombreux, et leurs con-
* naissances bien courtes. Que votre bon plaisir soit de « donner à chacun ce qui suffit pour sa subsistance, a (Ibid., fol. 29, 2.) — Celui qui prie doit s’unir d’in- « tention à l’Église. (Beracoth, f. 30t.) — Quand dix « personnes sont ensemble et apprennent la loi , Dieu est « au milieu d’elles. (Pirke avoth. , cap. 3. ) — Juda avait
* coutume de prier ainsi : Que votre bon plaisir soit de « nous délivrer de l’impudence et des hommes arrogants
* et mauvais, de toute mauvaise rencontre, des mauvais
* voisins, de Satan destructeur, des jugements et des « adversaires impitoyables. » (Beracoth , fol. 16, 2.)
Notre-Seigneur continue : « Je vous le dis, lorsque vous
* demandez quelque chose dans la prière, croyez seule-
* ment que vous l’obtiendrez, et il vous sera donné.
« Lorsque deux d’entre vous s’accorderont sur la terre « pour demander une chose, elle leur sera donnée par
* mon Père céleste. Car là où deux ou trois personnes
« sont réunies en mon nom, je suis au milieu d’elles.
C’était la coutume chez les Juifs que chaque rabbin ou docteur prescrivît à ses disciples une thcphilla ou formule de prière. La prière du Précurseur exprimait sans doute l'attente et le désir du Messie. Le Messie était venu, et il devait enseigneraux siens une autre prière. Les Juifs avaient réduit leurs prières en général à dix-huit demandes. Jésus réduisit à sept celle qu’il voulait laisser aux siens. L’école des rabbins prétendait que lorsque dix personnes s’assemblaient et priaient en union avec l’Église la Divinité descendait parmi elles et les exauçait. Mais Jésus rend cette faveur plus facile encore en déclarant à ses disciples que lorsque deux personnes seulement prient Dieu avec ardeur, et lui exposent leurs besoins, elles ne peuvent manquer d’être exaucées.
Il leur dit encore : « Si quelqu’un parmi vous avait un « ami qui vint le trouver à minuit , et lui dit : Ami, préte- « moi deux pains ; car un ami est arrivé chez moi d’un « long voyage, et je n’ai rien à lui offrir. Et si cet autre. « sans ouvrir sa porte, lui répondait de l’intérieur de sa * maison : Ne me dérange pas; ma porte est déjà fermée, »< et mes enfants sont avec moi dans ma chambre. Je ne « puis me lever pour te donner ce que tu me demandes. « Si celui-ci ne cesse de frapper, je vous assure que, « quand même il ne se lèverait pas parce que c’est son « ami, il le ferait cependant à cause des instances de ce « dernier, et lui donnerait tout ce qui lui est nécessaire. « Priez, il vous sera donné; cherchez, et vous trouverez; « frappez, et l’on vous ouvrira. Car qui demande reçoit: « qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. « Y a-t-il parmi vous un père capable de donner une
LA PRIÈnE DU SEIGNEUR.
<r pierre à son fils quand celui-ci lui demande du pain ,
« ou de lui donner un serpent quand il lui demande un « poisson ; ou de lui donner un scorpion quand il lui
* demande un poisson ; ou de lui donner un scorpion « quand il lui demande un œuf? Si donc malgré votre « malice, vous savez faire à vos enfants de vrais dons, « combien plus votre Père céleste fera-t-il du bien et ac- « cordera-t-il son esprit droit à celui qui le lui demande. »
Il leur dit encore une autre parabole pour prouver qu'on doit prier sans cesse, et il leur dit : a II y avait dans « une ville un juge qui ne craignait ni Dieu ni les
* hommes. Or il y avait dans la même ville une veuve « qui vint le trouver, et lui dit : Donnez -moi raison a contre mes adversaires. Mais lui n’en voulait rien faire. « Cependant il se dit à soi-même : Quoique je ne craigne a ni Dieu ni les hommes, je veux cependant faire droit « aux réclamations de cette veuve qui m’est si importune, » afin qu'elle ne me tourmente plus continuellement par
a ses visites. Avez-vous entendu ce que dit ce juge impie?
« Et Dieu ne ferait pas droit aux prières de ses élus qui « l’invoquent jour et nuit? Et il les verrait opprimer d’un « œil indifférent? Je vous le dis en vérité , il leur donnera « raison, et cela bientôt. Cependant quand le Fils de fl l’homme viendra trouvera-t-il encore de la foi sur la « terre? »
LA VIE DE y'.- S. JÉSUS-CHRIST.