‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 117 sur 589 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De l’Imitation de Jésus -Christ.

a Jésus parcourait donc les villes et les villages en en- « seignant le peuple, et il monta à Jérusalem. » Il était accompagné de ses disciples. « Or, pendant qu’ils mar- « chaient ainsi, ils s’écartèrent un peu de la grande route

* pour prendre un sentier qui la côtoyait. Alors un de ses

* disciples lui dit : Seigneur, est-il vrai qu’il y en aura < peu qui seront sauvés? » Car ils étaient encore novices dans les voies du salut, et croyaient avec le reste des Juifs que le peuple d’Israël tout entier était prédestiné pour le ciel, et que tous les païens en masse seraient perdus. Mais Jésus leur dit: « Pourquoi m’appelez -vous « maître, et n’agissez- vous pas comme si je l’étais? Tous « ceux qui me disent : Maître, maître, n’entreront pas fl pour cela dans le royaume du ciel : mais celui-là seule- « ment qui fait la volonté de mon Père céleste. »

Revenant à la question qui lui avait été faite , il leur dit : « Large est la voie qui conduit à la perdition , et beau-

« coup la prennent : étroit est le sentier qui mène à la « vie, et il en est peu qui le trouvent. Mais, je vous le « dis, ils viendront de l’orient, du couchant et du midi, « et s’assiéront au festin du royaume de Dieu. n> Il leur parlait ainsi dans le langage figuré de l’Ancien Testament. Au reste, celte vérité si terrible, que le sentier de la vie est étroit, les peuples païens eux-mêmes l’ont reconnue: et leurs mythologies l’ont exprimée plus d’une fois dans un langage symbolique et énergique à la fois. Ainsi, chez les Perses, le Zendavesta nous parle du pont de Tschinevad, que les justes doivent passer après leur mort, qui est plus étroit que le tranchant d’un rasoir, aussi petit qu’un cheveu; et encore ceux qui doivent le passer rencontrent au milieu un taureau qui cherche à les renverser violemment avec ses cornes. Et ceux qui se présentent chargés du fardeau de leurs péchés sont inévitablement précipités dans l’abime de feu situé au-dessous du pont, pour y être consumés. Quant au festin qui réjouit les élus dans le royaume de Dieu, les Juifs, prenant h la lettre les paroles du livre de> Job aux chapitres xl et xli, croyaient qu’il y aurait dans le ciel un grand festin où les élus mangeraient la chair de Léviathan, le dragon de l’abîme, de Behemoth, ce taureau qui se lient sur mille montagnes, dont il dévore l’herbe chaque jour, et de l'oiseau Barjuchne, qui, du fond de la mer où il repose, touche de la tête le firmament, et obscurcit le soleil quand il étend ses ailes. De plus, les élus devaient, dans ce festin, boire à longs traits d’un vin fourni par des raisins d’un tel volume, qu’un seul grain suffirait pour donner trente seaux de moût. Nous trouvons toutes ces rêveries dans le Talmud et en d’autres ouvrages des rabbins.

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