‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 128 sur 589 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Marthe et Marie.

u Jésus alla ensuite avec ses disciples dans la Judée , il a y séjourna avec eux et y baptisa. [Év. saint Jean , m, 22.) a Et comme ils parcouraient le pays, il entra dans un a village; et une femme nommée Marthe l’accueillit dans « sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie : celle-ci « se tenait aux pieds de Jésus, écoulant ses paroles. « Mais Marthe, qui se donnait beaucoup de mouvement « pour le servir aussi bien qu’elle le pouvait, s’approcha

• de lui et lui dit : Maître, trouvez-vous bien que aw « sœur me laisse servir toute seule? Dites-lui donc qu’elle

* m’aide. Mais le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, « tu te crées bien des occupations et des soucis. Cependant » une seule chose est nécessaire : Marie a choisi la meil- « ieure part, qui ne lui sera point enlevée. » (Luc, x, 38.)

Marthe et Marie étaient sœurs de Lazare, que Jésus ressuscita plus tard. Les rabbins parlent d’un certain R. Lazare, faisant beaucoup d’aumônes, célèbre par »on hospitalité, et qui offre beaucoup de traits de ressemblance avec saint François d'Àssise. Mais il est douteux que ce Lazare soit le meme que celui de Béthanie, dont il est parlé dans l’Évangile. Nous lisons dans le Pea de Jérusalem , fol. 21. 2, que le K. Lazare étant entré un jour dans sa maison, étayant demandé ce qu’il y avait

de nouveau, on lui répondit : Plusieurs personnes sont venues ici, et, après avoir bu et mangé, elles ont prié pour vous. Ce n’est pas là, dit-il , une bonne récompense. D’autres vinrent une autre fois; et après qu’on leur eut servi à boire et à manger, ils répondirent par des injures à ce témoignage de bienveillance. Lazare dit alors : Voilà ce que j’appelle une bonne récompense.

Le nom de Marthe se trouve fréquemment dans les ouvrages des rabbins. Le Sauveur, voyant Marthe occupée à lui choisir les meilleurs mets, en prit occasion de dire que Marie avait choisi la meilleure part. Les deux sœurs, priant et servant comme les anges devant le trône de Dieu, appliquées, l’une à la vie contemplative, l’autre à la vie active, sont à la fois et le modèle et l’image de toutes les âmes qui devaient plus tard se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Ainsi, dès les commencements, ce sont des femmes qui s’attachent les premières au service de Noire-Seigneur, et qui forment comme les prémice> de son Église. Cet honneur insigne accordé au sexe féminin sc renouvellera bien des fois dans la suite des siècles. Combien de peuples, en effet, ont reçu le tlanibeau de la foi par l’entremise d’une tille ou d’une femme de roi, convertissant sa famille d’abord, et puis la nation tout entière, par l’influence de ses prières et de ses vertus! Cet épisode si touchant de la vie de Notre -Seigneur eut lieu à la fin de la semaine de Pâques, lorsque Jésus-Christ, retournant de Jéiusalem .passait par Béthanie, située près de la grande route, au milieu de collines ravissantes et entourées d’une ceinture d'arbres et de jardins. C'était probablement le 23 nisan ou l'avant-dernier jour du mois d’avril de l’an 29 après Jésus-Christ.

JEAN-BAPTISTE A AENON.

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