LA CONFESSION DF. PIERRE
ciel pour y venir chercher la décision d’un illustre rabbin , ainsi les décisions de Pierre ont force de loi , même aux yeux de Dieu.
Notre-Scigneur, dans les paroles qu’il adresse à Pierre, fait allusion aux idées et aux usages en vigueur chez le peuple au milieu duquel il vivait. Ces paroles, avec celles par lesquelles il institua le sacrement de l’Eucharistie, sont les plus claires et les plus faciles à saisir qu'il ait jamais prononcées pendant sa vie. Dans les clefs consiste toute l’autorité législative du chef suprême de l'Eglise. Elles supposent ou plutôt elles lui donnent le droit de lier par des commandements tous les fidèles sur la terre , ou de les en délier. Elles expriment et signitient le plein pouvoir de commander et de dispenser; et c’est en ce sens que les écoles de Hillel et de Schammée ont entendu les mots lier et délier, et les ont opposés l’un à l'autre. Et tous les contemporains de Notre -Seigneur, en entendant ces paroles, ne pouvaient les prendre autrement que dans le sens le plus étendu. Les clefs expriment le pouvoir qu’a le chef suprême de recevoir qui que ce soit dans le temple de l’Église, ou d’exclure de la communauté ceux qu’il ne veut plus y laisser; le pouvoir de la communion comme celui de l’excommunication et de l’interdit. Ce sont les clefs de la maison de David qui confèrent le droit de juger et de gouverner l'Église.
Trois fois Notre -Seigneur a parlé de cette manière à Pierre. Et d'abord en le choisissant, il en avait fait l’ancre et la pierre fondamentale de son Église. Puis il change son nom pour récompenser sa fidélité à espérer dans le Messie. Maintenant il lui donne la juridiction suprême
sur tous les croyants, pour récompenser sa foi. C’est de la foi de Pierre que s’informe le Fils de Dieu; c’est à lui qu’il demande si on le regarde comme un prophète et un docteur. Les autres confessions ne lui suffisent pas. Puis, lorsqu’il est près de quitter la terre, il s’enquiert jusqu’à trois fois de l’amour de Pierre à son égard, et le charge de paître ses brebis et ses agneaux, et de les conduire à travers les pâturages du royaume céleste à la jouissance des sacrements qui sanctifient l’homme. Mais quant au pouvoir de retenir les péchés dans le tribunal de la pénitence, qui n’est que la puissance de lier et de délier portée à son plus haut point. Notre -Seigneur ne l’a donnée à ses apôtres qu’après avoir porté lui -meme sur la croix tous les péchés <}u monde.
C’est pendant qu’ils approchaient de Césarée de Philippe, capitale de l’Iturée, que Notre -Seigneur nomma Pierre chef spirituel de son Église. Or, en ce moment, d’après la remarque de saint Luc (ix, 18), « Jésus était seul avec ses disciples, et il priait; » en d’autres termes, Jésus, avant d’accomplir cet acte si important, voulut prier son Père, et faire descendre sa grâce sur l’apôtre qu’il établissait son vicaire. Toutes les fois qu’il entreprenait quelque chose d’important pour la fondation du royaume de Dieu sur la terre, il s’adressait auparavant dans la prière à son Père céleste. 11 prie dans un lieu solitaire avant de commencer sa première mission dans la Galilée. 11 prie avant de distribuer aux hommes dans le sermon de la montagne la plénitude de la doctrine céleste. 11 prie avant d’être glorifié sur le Thabor. 11 prie avant d’envoyer pour la première fois ses disciples prêcher. Il se retire h l’écart pour prier avant la multiplication miraculeuse des pains. 11