‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 161 sur 589 · PARABOLE DES DIX VIERGES · texte numérisé non relu

PARABOLE DES DIX VIERGES

* sages prirent avec les lampes de l'huile dans leurs vases. « Or, comme l'époux tardait, elles eurent toutes besoin « de sommeil, et s’endormirent. Mais un grand bruit se fit « entendre au milieu de la nuit : Voici l’époux qui vient; « allez à sa rencontre. Aussitôt toutes ces vierges se le- « vèrent et ornèrent leurs lampes. Mais les folles dirent « aux sages : Donnez -nous de votre huile, car nos lampes « s’éteignent. Mais les sages leur répondirent : Nousn’au- « rions peut-être pas assez d’huile pour nous et pour « vous; allez plutôt en acheter chez les marchands. Or, « pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva, et « celles qui étaient prêtes entrèrent dans la salle du festin « avec lui, et la porte fut fermée. Enfin les autres vierges « vinrent aussi, et dirent : Maître, maître, ouvrez-nous; « mais il leur répondit : En vérité, je vous le dis, je ne « tous connais point. Veillez donc , car vous ne savez ni

• le jour ni l’heure.

« lien sera comme d'un homme qui, voulant voyager, « assembla ses serviteurs, et leur confia ses biens. A l’un

■ il donna cinq talents, à un autre deux, à un troisième un « seulement; à chacun selon ses dispositions; puis il partit « aussitôt après. Or, celui qui avait reçu cinq talents partit, « et sut si bien les faire valoir, qu’il en gagna cinq autres. « De même celui qui en avait reçu deux en gagna deux « autres. Mais celui qui n’en avait eu qu’un alla creuser « une fosse dans la terre, et y enfouit l’argent de son ° maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs « revint et leur demanda leurs comptes. Alors celui qui « avait reçu cinq talents approcha, et, présentant cinq « autres talents, il dit : Maître, vous m’avez confié cinq

■ talents; avec eux j’en ai gagné cinq autres. Le maître

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« lui dit alors : C’est bien, bon et fidèle serviteur; puis- « que tu as été fidèle en peu de choses, je fen confierai « beaucoup : entre dans la joie de ton maître. Puis vint « celui qui avait reçu deux talents, et il dit : Maître, « vous m’avez confié deux talents, et j’en ai gagné deux « autres encore. Son maître lui dit : C’est bien, bon et « fidèle serviteur; puisque tu as été fidèle en peu de « choses, je fen confierai beaucoup : entre dans la joie a de ton maître. Celui qui n’avait reçu qu’un talent vint « à son tour, et dit : Maître, je savais que vous êtes un « homme dur; que vous moissonnez où vous n’avez point u semé, et recueillez où vous n’avez point jeté de grain. « Craignant donc, je suis allé cacher votre talent dans la « terre; voici ce qui vous appartient. Son maître lui ré-

* pondit : Serviteur méchant et paresseux , tu savais donc « que je moisonne où je n’ai point semé, et que je re- « cueille où je n’ai point semé de grain? Tu aurais dû « alors porter mon argent aux banquiers, et à mon retour « j’aurais trouvé le capital avec les intérêts. Prenez -lui « donc son talent, et donnez- le à celui qui en a dix, car « à celui qui a on donnera encore, pour qu’il ait en abon- « dance ; mais à celui qui n’a pas, on lui prendra encore h ce qu’il paraît avoir. Pour le mauvais serviteur , jetez-le

* dans les ténèbres extérieures, là il trouvera des pleurs « et des grincements de dents.

Il s’agit dans ces paraboles des divers degrés auxquels la grâce nous est donnée et de la récompense qui répond a chacun d’eux. La première a principalement pour objet de nous prémunir contre la négligence et la paresse à nous préparer au royaume de Dieu. Quoique le sens de ces paraboles soit universel , et puisse s’appliquer à tous

par aboli; des dix vierges.

les hommes, à tous les temps et à tous les lieux; quoique chacun de nous en particulier puisse y trouver un fonds inépuisable de réflexions et d'enseignements, elles ont néanmoins un rapport spécial et immédiat à certaines circonstances de la vie de Notre* Seigneur. C’est lui qui nous est représenté par l’époux dans la première parabole , et par le maitre dans la seconde. Après avoir prêché l’Évangile dans le pays où il se trouvait alors, il l’avait quitté pour aller faire d'autres missions. Avant de se séparer des habitants de cette contrée, il les avait comblés de grâces, afin qu’ils en fissent leur profit. Ces paraboles nous montrent qu'il ne trouva pas sous ce rapport tout ce qu’il avait droit d’attendre. Un petit nombre seulement avait gardé la lumière de la foi. Les autres avaient, comme Simon le pharisien, enfoui le talent qu’ils avaient reçu, et laissé s’éteindre l’espérance du Messie dans le mouvement des affaires qui agitent la vie de l’homme ici-bas.

Chez les Juifs, de même que chez les Grecs (Xenoph. , Ephes., tre partie, 10. — Statius, Theb.t 8, 234), les Romains, les Perses et chez plusieurs autres peuples encore, c’était l’usage de conduire l’épouse dans la maison de l’époux au milieu d’un chœur de vierges portant à la main des lumières. Les lampes allumées sont le symbole de l’éclat que répand autour de soi l’innocence et la pureté du cœur. Éteindre les lampes, c'était, au contraire, un symbole auquel on attachait un mauvais sens. On ne les éteignait en effet que lorsque la ceinture de l’épouse était déliée. De là la colère de l'épOux dans la parabole. C’était dans un festin, après avoir choisi Matthieu pour apôtre, qu'il avait, au commencement de

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l'année, prononcé ses premières paraboles, celles de l'Enfant prodigue et du Père de famille qui invite aux noces de son fils. C'est encore pendant un festin, après avoir appelé la femme égarée, que Jésus prononça la parabole des cinq talents et celle des cinq vierges sages et des cinq vierges folles. Pour Madeleine, elle avait reçu de grands dons, mais elle en retira de gros intérêts; car elle les mit aux pieds de son Sauveur, consacrant à son service tout ce qu'elle possédait, afin de recevoir de lui dans l’autre vie la récompense de son dévouement, et de s’asseoir avec lui au céleste festin.

Pendant que saint Matthieu (xxv) nous raconte ces paraboles du Sauveur, saint Luc (xix) nous en rapporte une autre semblable, dans laquelle il s'agit de dix livres qu'un noble distribue à ses dix serviteurs avant de partir pour un voyage. On voit que Notre-Seigneur veut exprimer ici une égale distribution de grâces, diversement employées et donnant un produit inégal, tandis que dans la parabole des talents il veut nous représenter des hommes qui ont reçu la grâce à des degrés divers, et qui reçoivent aussi des récompenses différentes.

, Nous trouvons dans les livres des rabbins ces mêmes paraboles exprimées à peu près dans les mêmes termes , .soit que Notre-Seigneur Jésus -Christ les ail trouvées déjà Len circulation de son temps parmi le peuple, à peu près comme Salomon , qui , en publiant ses trois mille proverbes, n'avait fait que puiser dans un fonds commun à • toute la nation juive; soit que ces docteurs aient copié et ;imité les récits des Évangiles, pour avoir à opposer aux chrétiens quelque chose qui put contre- balancer les enseignements du Sauveur ; et cette hypothèse est de beau-

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