CHAPITRE PREMIER
Deuxième Voyage à Jérusalem pour la Pâque. —
Les dix lépreux.
« Jésus, allant à Jérusalem, passa par Samaria et la « Galilée. # L’évangéliste veut nous faire remarquer ici que Notre- Seigneur prit la grande route, qu’il avait coutume de prendre toutes les fois qu’il allait à Jérusalem pour la Pâque. Elle partait de Galilée, traversait la Sa ma rie tout entière et débouchait dans la Judée. De Capbarnaüiu à Cana il y avait à peu près seize milles ; et celte dernière ville était à deux lieues au nord de Nazarelh , de même que Natm au sud-est. Après avoir traversé Nalin et Sion . située au pied du petit Hermon et sur la limite de l’ancienne tribu d’issachar, on laissait de côté Sulim, patrie de la Sulamite, puis Hadadremmon, qui prit plus lard le
nom de Maximilianopolis, et Ton arrivait à Jezraèl ou Esdrelon. Cette ville appartenait encore à la tribu d’Issachar : elle était située au milieu de la vallée du même nom, ou de la grande plaine de Samarie , au pied du mont Gelboé. C’était dans son voisinage qa était la vigne de Nabot, et l’on y voyait encore à cette époque les ruines de l’ancien palais d’où fut précipitée Jézabel. On trouvait aussi près de là, du cuté de Scythopolis, la source de Charod , où Gédéon avait bu avec son armée lorsque le Seigneur donna à ces trois cents héros la victoire sur Madian. On passait près d’un endroit nommé aujourd’hui Ain el Todschar, c’est-à-dire la source du marchand, où les caravanes passent encore maintenant, et s’arrêtent pour faire boire leurs chameaux. C’était là que se trouvait la
citerne d’où les (ils de Jacob avaient tiré- Joseph, leur
frère, pour le vendre à des marchands madianites qui venaient de Galaad. Puis on montait à Samarie, après une route de douze milles environ, en passant par Ginée, située à cinq lieues de Nazareth et formant la limite entre la Samarie et la Galilée.
« Jésus étant entré dans un bourg, dix lépreux qui se « tenaient de loin vinrent à sa rencontre. Ils élevèrent « la voix et crièrent : Jésus, maître, ayez pité de nous. » Ils avaient entendu parler du lépreux qu’il avait guéri l’année précédente dans une des villes de Galilée : c’est pour cela qu’ils s’adressaient à lui et qu’ils l'attendaient à son passage. « 11 les \it, et leur dit : Allez, et montrez- « vous aux prêtres. Or, pendant qu'ils y allaient, ils se « trouvèrent guéris. L'un d’eux, voyant qu’il était guéri, « retourna sur ses pas, loua Dieu à haute voix, se prou sterria aux pieds de Jésus en lui rendant grâces. Or c’é-