‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 171 sur 589 · DEUXIÈME VOYAGE A JERUSALEM · texte numérisé non relu

DEUXIÈME VOYAGE A JERUSALEM

« (ait un Samarilain. Jésus lui dit : N’y en a-t-il pas eu « dix de guéris? Où sont les neuf autres? Il ne s'est donc « trouvé que cet étranger qui soit revenu pour rendre « grâces à Dieu? Puis il lui dit : Lève- toi, et t’en va, ta « foi t’a sauvé. » (Luc., xvu, il.) Parmi les douze apôtres de Notre-Seigneur, il n’v avait qu’un Juif au contraire, et ce Juif le trahit.

La Pâque approchait. Mais les personnes impures étaient exclues de la fête , et ne pouvaient assister aux assemblées religieuses, de sorte que, d’apres le Chelim, i, 8, ceux qui s’étaient souillés pour un jour seulement étaient exclus du portique des Israélites et des femmes. Ceux qui avaient touché un cadavre devaient se tenir en dehors des portiques extérieurs, et par conséquent de l’enceinte des murs du temple. Enfin, les femmes en couches, celles qui souffraient d’un flux de sang, etc., ne pouvaient pas même fouler le sol de la montagne où s’élevait le temple. Les lépreux étaient admis dans les synagogues, mais à des places particulières. Aussi , les prêtres et les lévites exerçaient une surveillance très- exacte pour qu’aucune personne impure soit parmi les païens, soit parmi les Juifs, ne dépassât la limite qui lui était prescrite. Celui qui s’était souillé avant la Pâque devait ou arriver à Jérusalem quelques jours, plus tôt, pour s’y purifier légalement, comme firent les Juifs dont parie saint Jean, xi, 55, ou fêter quatre semaines plus tard la seconde Pâque , appelée aussi la petite Pâque. Ceux qui avaient été guéris de la lèpre devaient, d’après les prescriptions de Moïse , se présenter au prêtre, pour qu’il pût constater leur guérison, et les déclarer purs. Ils donnaient comme offrande deux oiseaux, dont l’un était immolé et mis en terre.

tandis qu’on donnait à l’autre la liberté, après l’avoir toutefois baigné dans le sang du premier. Touchant symbole qui représentait en petit le même mystère et la même idée que le bouc émissaire à la fête des Expiations. Huit jours après ils pouvaient, s'il en était temps encore , prendre part aux fêtes de Pâque. { Lévit ., xiv.) Cette guérison miraculeuse des dix lépreux arriva, d’après la tradition , à Ginée , ville frontière dont il ne reste plus qu’un village en ruine, connu sous le nom de Genin ou Dschinin, à deux lieues de Samarie.

Delà, après avoir traversé un lieu nommé Arus ou Alharus, on arrivait à l’ancienne capitale de la Samarie, qui n en était éloignée que de cinq milles. On y voyait encore alors le palais du roi Achab, avec d’autres monuments de l’ancienne grandeur de cette ville. Après avoir été conquise sous Salmanasar, roi d’Assyrie, puis détruite de fond en comble plus tard sous le roi Jean Hyrcan , elle commença à se relever de ses ruines sous Pompée , qui avait entrepris de la rebâtir. Et le gouverneur de Syrie, Gabinius, qui avait commandé les armées romaines dans la guerre entre les deux frères Hyrcan et Aristobule, en avait achevé la reconstruction et augmenté la population. Mais Hérode, étant monté sur le trône, tit entourer Samarie de nouveaux murs et de forts, dans une enceinte de plus d’une lieue; puis il fit venir une colonie de 6,000 vétérans, et la nomma Sébaste, en l’honneur d’Auguste, à qui il fit aussi élever, au milieu de la ville, un temple qui rivalisait de magnificence avec les temples et les gplais de Home. A la place de cette cité, si belle et si riche autrefois, on n’aperçoit plus aujourd’hui, au milieu des ruines, qu’un pauvre village connu sous le nom de Subusta

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