‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 206 sur 589 · N0TRE-SE1GNEUR EST PRIÉ DE PARTAGER UN HERITAGE · texte numérisé non relu

N0TRE-SE1GNEUR EST PRIÉ DE PARTAGER UN HERITAGE

« beaux : ils ne sèment ni ne moissonnent ; ils n’amas- « sent point dans des magasins, ils n’ont ni celliers ni « greniers, et cependant votre Père céleste les nourrit. « Combien êtes-vous au-dessus d’eux? Qui de vous peut « avec tous ses soins ajouter à sa taille une coudée? Si « donc les moindres choses sont au-dessus de votre pou- « voir, pourquoi vous inquiéter du reste? Pourquoi vous « inquiéter du vêtement? Considérez les lis dans la carnet pagne, comme ils croissent! ils ne travaillent point « et ne filent point; et cependant, je vous le dis, Salo- « mon , dans toute sa magnificence , n’a jamais eu de « vêtement aussi beau que l’un d’eux. Si donc Dieu donne « une aussi belle parure à l’herbe qui est aujourd’hui « dans les champs, et qui demain sera jetée dans le four, « combien aura-t-il plus de soin de vous vêtir vous- « mêmes, ô hommes de peu de foi. Ne vous mettez donc « point en peine, et ne demandez point : Que mange- « rons-nous? que boirons-nous? ou, de quoi nous vêti- « rons-nous? Ce sont les gens du monde qui s’occupent « de ces choses , et votre Père céleste sait bien que vous « en avez besoin. Ne vous tourmentez point du lende- « main : le lendemain aura soin de lui-même; à chaque « jour suffit son mal. Cherchez plutôt le royaume de Dieu « et sa justice, et tout cela vous sera donné par sur- « croît. »

Salomon sert ici de sujet de comparaison à Notre-Seigneur; car la magnificence de ce prince et de sa cour était proverbiale , de même que le soin qu’il avait pris de tout ce qui concernait la vie temporelle , comme on peut le voir au troisième livre des Rois, chap. îv et x. Mais tous ces soins sont vains et inutiles, nous dit l’auteur de

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limitation. Ainsi pouvait parler la Providence divine, Celui qui s’était fait comme l’intendant de la table et l’administrateur du peuple qu’il s’était choisi, qui l’avait accompagné et nourri miraculeusement dans le désert. Dieu pouvait parler ainsi aux Juifs, lui qui leur avait ordonné de célébrer chaque septième année, et de n’v point cultiver leurs champs, et qui pendant ce temps les nourrissait de ce qui était resté sur le sol ou de ce que le sol produisait de lui-même. Dieu pouvait parler ainsi, lui qui avait ordonné à tous les hommes de son peuple de paraître trois fois l’année en sa présence, et qui ne manqua jamais de protéger contre les excursions des ennemis extérieurs le pays laissé sans défense par ces absences périodiques.

11 dit encore à ses disciples : « Un homme riche avait « un économe qui fut accusé devant lui de dissiper son « bien. 11 le fit donc venir, et lui dit : Qu’entends-je dire « de toi? Rends compte de ton administration, car tu ne « peux rester plus longtemps mon intendant. L’économe « dit alors en lui -même : Que faire? Je ne puis bêcher « la terre, et j’ai honte de mendier. Je sais bien ce que « je ferai, afin que, lorsqu’on m’aura ôté ma charge, « je trouve des gens qui me reçoivent chez eux. Il fit « donc venir chacun des débiteurs de son maître, et dit

« au premier: Combien dois-tu à mon maître? Il répon-

« dit : Cent tonnes d’huile. Il lui dit : Prends ton obli- « gation; assieds-toi tout de suite, et écris cinquante. « Il dit ensuite à un autre: Et toi, combien dois -tu? « Celui-ci répondit : Cent mesures de froment ; et il lui « dit: Prends ton obligation, et écris quatre-vingts. Et « le maître loua l’économe infidèle à cause de son habi-

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