‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 213 sur 589 · LA TEMPÊTE SUR LE LAC · texte numérisé non relu

LA TEMPÊTE SUR LE LAC

« être submergés! Maître, vous importe- 1- il donc peu « que nous périssions? Mais Jésus leur dit : Hommes de « peu de foi, pourquoi êtes -vous si timides? Puis il se « leva , et dit au vent : Tais- toi ; et à la mer : Calme -toi. « Alors le vent cessa, et il se fit un grand calme. Ils « furent saisis d’une grande crainte. Il leur dit alors : « Pourquoi êtes -vous si timides? où est votre foi? Mais « ceux qui étaient dans les autres barques étaient dans la « stupéfaction, et se disaient les uns aux autres: Quel « est-il donc, pour que les vents et la mer obéissent à ses « ordres? »

« Or ils traversèrent le lac et vinrent sur l’autre rive « dans la contrée des Gadaréens, située en face de la .« Galilée. » Ceux-ci avaient en cet endroit des pâturages qui leur étaient communs avec les Géraséniens, leurs voisins. Gadara était située au nord, sur les limites de la Pérée ou de la seconde Palestine, et sur le bord de la rivière nommée Hiéromar ou Jarmuc , à huit milles romains de Tibériade, et à l’est du lac de Gennésareth. La route de Scythopolis à Damas passait par Gadara. Josèphe raconte, dans son livre de la Guerre des Juifs, que cette ville était habitée par un grand nombre de familles opulentes, qui pouvaient ainsi posséder de nombreux troupeaux. La ville de Magdala, située près de Dalmanutha, appartenait aussi aux Gadaréens. Un peu plus haut, au sud , était Gerasa. Ces deux villes faisaient partie de la décapole, et étaient, d’après Josèphe, peuplées en grande partie de païens. Gadara, fondée dans les temps anciens par les Chananéens ou les Phéniciens, et dont le nom signifie château - fort , avait trouvé dernièrement un restaurateur en Pompée, qui, pour faire plaisir à Démétrius de

Gadara, son affranchi, l’avait relevée de ses ruines après qu’elle eut été détruite par les Juifs. Elle était la patrie de plusieurs philosophes connus dans l’histoire, tels que Œnomaüs le cynique, Apsincs, Philodème l’épicurien, Méléagre, Ménippe et Théodore le rhéteur, qui avait été précepteur d’Auguste, l’empereur régnant alors. Cette ville était célèbre encore par ses bains chauds, nommés Chammath. « Trois sources chaudes, nous dit le Talmud « de Babylone, sont restées des eaux du déluge : la source « de Biram , les thermes de Tibériade et le tourbillon de « Gadara. » (Sanhédrin, fol. 108, t.) Schammath ou Emmaüs était peu éloigné de Magdala et de Gadara. Encore aujourd’hui dix sources chaudes jaillissent près de la ville. Slrabon nous raconte (livre xvi) que les animaux, après avoir bu de cette eau, perdaient leurs poils, leurs cornes et leurs griffes, et les porcs leurs soies. C’est pour cela qu’on menait paître les troupeaux un peu plus à l’est. Gerasa était, d’après son étymologie, la Lutèce, ou la ville de boue de la Palestine. Son nom venait de son sol bourbeux et des grasses prairies au milieu desquelles elle était située.

« Comme Jésus descendait de la barque oii il était, un « homme, sortant du milieu des tombeaux, accourut « aussitôt à lui. 11 était depuis longtemps possédé d’un « esprit impur, et ne pouvait ni être lié par des chaînes « ni garder aucun vêtement sur son corps; car souvent « déjà on avait essayé de l’enchaîner, et de le lier; mais « toujours il avait brisé ses liens et rompu ses chaînes; et « personne ne pouvait s’emparer de lui. 11 n'habitait point « sous un toit, mais, poussé par le démon dans la soli- « lude, il se tenait jour et nuit dans les cavernes sépul-

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