‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 217 sur 589 · LA FILLE DE JA1RE ET LA FEMME AU FL15X DE SANG · texte numérisé non relu

LA FILLE DE JA1RE ET LA FEMME AU FL15X DE SANG

« avoir avec les médecins, et qu iis avaient fait souffrir a beaucoup sans améliorer son sort, mais qui, au con- « traire, était devenue tous les jours plus mal, se glissa a par derrière dans la foule, et toucha le bord de son « manteau. Car, se disait-elle à part soi, si je touche seu- « lement son manteau , je serai soulagée. Et aussitôt son « indisposition cessa, et elle sentit qu’elle était guérie. « Jésus demanda alors : Qui m’a touché ? Et comme per- « sonne ne voulait avouer qui l’avait fait, Pierre répon- « dit , ainsi que ceux qui étaient près de lui : Maître , le « peuple vous presse et vous pousse, et vous demandez « encore qui m’a touché? Mais lui, se tournant, dit: « Quelqu’un m’a touché, car j’ai senti une vertu s’échap- « per de moi. Et comme il regardait autour de lui , la « femme, voyant bien qu’elle ne pouvait rester cachée, « vint craintive et tremblante se prosterner devant lui, et « lui découvrit la vérité devant tout le peuple. Mais il lui « dit : Console-toi , ma tille , ta foi t’a sauvée. »

Une tradition très-ancienne dans l’Église raconte que cette femme était une païenne, qu’elle habitait la ville de Césarée de Philippe, et que, comme souvenir de sa guérison miraculeuse , elle avait fait placer devant sa maison un monument qui la représentait à genoux devant le Sauveur, et le remerciant de la faveur qu elle en avait reçue. Qu’il en soit ainsi , ou que ce monument ait été primitivement élevé à quelque divinité, comme Escuiape, par exemple, ce que semblerait indiquer une herbe médicinale que l’on voyait au pied de la statue, toujours est-il que la tradition populaire attribuait l’érection de ce monument à la femme dont il est parlé ici. Et l’empereur Julien trouva celte légende assez importante pour se croire obligé,

par ses préjugés antichréiiens , à le faire enlever et à le remplacer par sa propre statue, qui fut quelque temps après brisée par la foudre. Pour ce qui est de la guérison de ce genre de maladie, nous avons de cette époque une douzaine de recettes qui nous donnent une idée de l'ignorance des médecins juifs ou des rabbins de ce temps-là. En voyant toutes les substances dont ils se servaient pour guérir cette maladie, et à quelle forte dose ils les employaient, on comprend sans peine les plaintes de cette pauvre femme, et l’on n’est plus étonné qu’elle ait dépensé inutilement une partie de sa fortune pour se faire traiter.

« Pendant qu’il parlait encore , il vint des gens du chef « de la synagogue qui lui dirent : Votre fille vient de « mourir; ne donnez pas au maître la peine d’aller plus « loin... Mais Jésus, ayant entendu cette parole, dit au « père de la jeune fille : Ne t’inquiète pas, crois seule- « ment. Étant arrivé à la maison de ce chef de syna- « gogue, il y vit des gens qui faisaient un grand bruit;

« des joueurs de flûte et une troupe confuse qui pleurait,

« gémissait et jetait de grands cris. » Chez les Juifs, la plus pauvre femme avait encore après sa mort au moins deux joueurs de flûte et une pleureuse. Mais ici le convoi était déjà beaucoup plus considérable. Les morts étaient emportés aussitôt hors de la maison ; on voulait éviter par là de multiplier les souillures légales. Jésus dit alors :

« Retirez-vous, car la jeune fille n’est pas morte; elle « dort seulement. » Un imposteur aurait dit : Elle ne dort pas, elle est réellement morte, afin de donner plus de poids et de consistance à son imposture; mais le vrai thaumaturge agit autrement. « Là-dessus ils se moquèrent

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JEAN DANS SA PRISON

« de lui, car ils savaient bien qu'elle était morte. Mais lui et congédia la foule , et ne laissa entrer personne avec lui « dans l’endroit où était la jeune fille, excepté Pierre, c< Jacques et Jean, et le père et la mère de la défunte. Et <e prenant celle-ci par la main , il lui dit : Talitha Cumi, ce c’est-à-dire. Fille, lève-toi. Au même instant son âme e< revint, et elle se leva aussitôt, se mit à marcher; et il te ordonna de lui donner à manger. Ses parents furent e< plongés dans un grand étonnement; mais il leur défente dit de dire à personne ce qui s’était passé. Cependant le « bruit s’en répandit bientôt dans tout le pays. »

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