‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 220 sur 589 · TRANSFIGURATION SUR LE THABOR · texte numérisé non relu

TRANSFIGURATION SUR LE THABOR

« deux personnages entraient dans la nue, il en sortit « une voix qui disait : Voici mon Fils bien -aimé en qui u j’ai mis ma complaisance; écoutez-le.

« Ses disciples ayant entendu ces paroles, tombèrent la « face contre terre , et furent saisis d’une grande crainte. « Mais Jésus, s’approchant, les toucha et leur dit : Levezcc vous, ne craignez point. Et aussitôt, levant les yeux et « regardant de tous côtés, ils ne virent plus personne, que u Jésus seul avec eux. Mais ils gardèrent le silence. Comme « ils descendaient de la montagne, Jésus leur commanda « de ne parler à personne de cette vision, jusqu’à ce que u le Fils de l’homme fut ressuscité d’entre les morts. Et a ils tinrent la chose secrète, et s’entre-demandaient ce « que voulaient dire ces paroles : Jusqu’à ce que le Fils de cc l'homme soit ressuscité d’entre les morts. » C’était la première fois qu'il parlait avec eux de sa mort. « Mais « ils gardèrent le silence, et ne dirent alors rien à perce sonne de ce qu’ils avaient vu.» (Marc., ix, t. — Matth., xvn , \ . — Luc , ix , 28 . — Jean, i , 14.)

C’est là la transfiguration qui se fit sur le mont Thabor, et qui forme le point culminant de la vie du Messie. Nous trouvons ici trois témoins d’en-haut qui lui rendent témoignage : Le Père et les deux grands prophètes de ranciennc alliance; et trois témoins vivant encore sur la terre, à savoir les trois disciples que Notre -Seigneur avait pris avec lui. Tous forment ensemble le nombre sept, nombre nivstérieux et sacré. Trois fois dans sa vie la voix du Ciel s’est fait entendre : la première au Jourdain , la seconde au Thabor, et la troisième au Golgotha, à la fin de sa carcarrière, quelques instants avant sa mort. Jusqu’ici Jésus avait enseigné ; il va maintenant commencer à souffrir et

se préparer à mourir. L’époque de sa transfiguration coïncide précisément avec le milieu de sa carrière publique; car elle eut lieu vingt et un mois après son baptême, le 6 du moisd’août de l’an 780, ou 27 de l’ère chrétienne : il avait alors trente-deux ans sept mois et douze jours.

Le Thabor, c’est-à-dire, d’après l’hébreu, le sommet de la montagne , ou bien encore sommet de V élection, servait au nord de limite à la tribu d’issachar : il était à une demi-journée démarché au sud-ouest de Capharnaum. 11 s’élève de la plaine sous la forme d’un cône coupé, jusqu’à une hauteur de 1760 pieds au-dessus du niveau de la mer, tandis que du côté du nord il est inaccessible, tant il est escarpé. Ses flancs sont couverts de chênes, de pistachiers et de fourrés épais pleins d’oiseaux et de gibier, tandis que sa crête forme une plaine fertile d’un circuit de 20 stades, que l’historien Josèphe fit entourer d’un mur pendant la guerre des Juifs. Il y fortifia ensuite la citadelle d’Itabyrion à l’endroit où était autrefois, du temps de Josué, le fort d’Asenoth - Thabor. C'était là que Barac avait campé avec ses dix mille lorsqu’il marcha contre Sisara. C’est là que plus tard les Sarrasins, au moyen âge, élevèrent une forteresse contre les Croisés. Aujourd’hui tout cela n’est que des ruines; mais la montagne elle-même est toujours là comme la montagne de Dieu, dominant toutes les autres, placée au milieu de la contrée, et offrant au spectateur un magnifique horizon, d’où il embrasse la mer Méditerranée, les hauteurs du Carmel, . la mer de Galilée, le fleuve sacré du Jourdain, les montagnes d’Hauran, le mont Liban au nord avec son sommet couvert de neige, et au midi les montagnes de la Samarie. A ses pieds sont Capharnaum, et plus loin la montagne

JEAN EST DÉCAPITÉ

des béatitudes; ici Cana, Nazareth; et deux lieues plus loin , à l’ouest, Séphoris, capitale célèbre, située au milieu de la Galilée; là, N&fm, Endor, Jezrael, Dothaïm et la grande plaine de Samarie, qui s’étend jusqu’au delà de Tibériade. Cette enceinte nous offre le théâtre tout entier de la vie de Jésus dans la première moitié de sa carrière publique. C’est, comme l’a dit ingénieusement un pèlerin moderne, un véritable Évangile écrit dans la nature même. Le Thabor était pour la Galilée la sainte Montagne, comme le mont Garizim pour la Samarie, comme le Moriapour la Judée; et c’est pour cela que saint Pierre, dans sa seconde Épitre, l’appelle la montagne sainte. Ainsi toute la contrée put être témoin de la merveille qui s’y opéra : tous purent voir le nuage léger qui enveloppa le sommet du Thabor, et la gloire de Dieu descendre sur le mont Horeb, non au milieu de la tempête et de la foudre, mais dans un éclat doux et tempéré.

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