‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 228 sur 589 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Embûches d’H érode le tétrarque.

Cependant Hérode Antipas avait essuyé une sanglante défaite sur les frontières méridionales de la Pérée, en combattant contre Arétas, prince de l’Arabie Pétrée, vers le commencement de l’an 28 de Jésus-Christ. Trahi par quelques transfuges du pays de son frère Philippe, il avait vu toute son armée anéantie. Le peuple, comme nous lavons déjà vu, avait attribué cette défaite à l’attentat commis contre Jean-Baptiste, d’autant plus que la bataille s’était donnée au lieu même où était tombée la tête de ce grand prophète. Humilié et découragé, le tétrarque alla cacher sa honte et son dépit dans la ville qu’il avait nouvellement fondée , et où il s’était fait bâtir sur le bord du lac de Gennésareth un magnifique palais. 11 avait pourvu sa nouvelle résidence d’un amphithéâtre à la manière des

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Romains. U avait compris l'ancienne Raccatli dans l'enceinte des mure , de sorte que la ville n'était ouverte que du côté de la mer. C’était la ville la plus considérable de la Galilée après Séphoris. Elle devait porter le nom de Tibériade, en mémoire de l’avénement de Tibère au trône. Plusieurs familles nobles s’y étaient déjà élevées, telles que les Capella, les Miari, les Compso et les Pisti, dont Josèphe fait mention, et dont les descendants jouèrent un rôle dans la guerre de Juifs. Avant cette époque, il n’y avait guère en Galilée que des paysans et des bourgeois ; et ce n’est que depuis Hérode que les choses commencèrent à changer de face, et que les habitudes des grandes villes s’établirent dans le pays.

Pendant le voyage qu’avait fait Antipas à Rome, Notre- Seigneur, obligé de fuir les embûches de ses ennemis du sanhédrin , et pour éviter d'ètre livré par Pilate et d’être mis en prison comme Jean-Baptiste, avait dû plusieurs fois sortir de Jérusalem et de la Judée ; et il avait trouvé en Galilée un lieu de refuge assuré où il avait pu exercer paisiblement son divin ministère. Une seule fois seulement il était allé en Phénicie, peut-être afin d’échapper aux pièges de ses ennemis. Mais les choses changèrent de face lorsque Hérode, après sa défaite, revint dans son nouveau palais, et qu’il entendit parler pour la première fois des merveilles que faisait le Sauveur. S’il jetait les yeux autour de lui, il trouvait dans sa propre maison des partisans zélés de la nouvelle doctrine. C’était Chuza, son intendant et commandant de Capharnaüm; c’était Jeanne, femme de celui-ci , qui faisait même partie de la suite de Jésus. Bien plus, son frère de lait lui-même , son ami d'enfance, qui avait été élevé avec lui dans le palais de son père , était

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