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passé aussi dans le parti déjà populaire du Sauveur. Ménahem , c'était son nom , ou Manahem , dont il est fait mention comme prophète aux Actes des apôtres, à côté de Barnabé et de Saul, était le fils d’un essénien. ( Act ., xni , 1 ; Josèphe , Antiq . , xv, 1 0 ; iv, 5 .) Son père Manahem avait prédit autrefois au vieil Hérode , lorsqu’il était encore enfant et qu’il allait à l’école , qu’il serait roi un jour, ce qui lui avait mérité les faveurs de ce prince. Nommé président du sanhédrin avant Hillel, il partagea, plus tard, pendant quelque temps avec celui-ci le souverain pontificat. Mais c’était un naturel inquiet et mobile; c’était en quelque sorte le Voltaire de son temps. Aussi il ne tarda pas à se retirer du grand conseil et des loges de la secte des esséniens, pour passer entièrement dans le parti du roi. Il alla même jusqu’à se marier, ce qui irrita tellement contre lui les anciens Juifs que le Talmud dit de lui qu’il s’est précipité dans un abîme de perversité. Mais il jouissait d’un crédit considérable auprès d’Hérode l’Ancien, à cause de ses grandes qualités et des partisans qu’il lui avait faits; de sorte que le roi , reconnaissant de ses services, fit élever son fils avec ses propres enfants. En effet, c’était la coutume dans l’antiquité, comme nous le voyons en particulier par l’histoire de Sésostris et de Cyrus, que les fils des familles nobles fussent élevés avec ceux des rois. Ainsi le jeune Ménahem avait suivi la cour d’Hérode Antipas en Galilée, et s’était attaché intimement à lui comme à son compagnon d’enfance.
A partir de la mort de Jean , Ménahem fit partie des soixante-dix disciples qui suivirent Jésus - Christ. « En ce « temps-là, la renommée de Jésus vint aux oreilles du * tctrarque Hérode; car son nom était connu partout. Or
« il était dans un grand embarras; car quelques-uns dite saient : Jean est ressuscité, et d’autres: Élie a paru. « D’autres encore croyaient qu’il était un prophète, ou « qu’un des anciens prophètes était ressuscité en lui. 11 « dit donc à ses serviteurs : J’ai fait décapiter Jean : quel « est cet homme en qui opèrent de si merveilleuses puis- « sances? Et il désira le voir. » Ce désir fut satisfait plus tard, quoique d’une manière imparfaite, le jour de la mort de Jésus, lorsque Pilate lui envoya celui-ci. Mais ce n’était pas seulement la curiosité qui poussait Hérode; il était encore poursuivi par son crime comme par un spectre effroyable. 11 voyait Jean partout; et, quoiqu’il eût peut-être des doutes sur l’existence d’une vie future, il ne pouvait cependant étouffer cette voix intérieure qui lui reprochait son crime, et il se disait : « Ce Jean que j’ai fait « décapiter, c’est celui qui fait toutes ces merveilles; il « est ressuscité d’entre les morts. » La cruauté suit toujours la volupté, et est suivie à son tour de la mélancolie , qui cherche à 'se dissiper dans de nouveaux meurtres , jusqu’à ce que cette manie furieuse ait atteint son terme , et que le criminel ait trouvé sa condamnation.
« Le même jour quelques pharisiens vinrent à Jésus , et « lui dirent: Éloignez-vous et sortez d’ici; car Hérode « veut vous tuer. Mais Jésus leur répondit : Allez dire au « renard que je chasse les démons et guéris aujourd’hui « et demain , et le troisième jour je serai mis à mort. Je « dois donc marcher encore aujourd'hui, et demain, et « le jour suivant: il ne convient pas d'ailleurs qu’un pro- « phète meure hors de Jérusalem. » 11 fallait trois jours pour aller de Galilée à Jérusalem. Notre -Seigneur prend ici ce terme de comparaison pour désigner le temps que
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devait durer sa vie publique jusqu’à ce qu’il mourût à Jérusalem. Ses jours sont pris ici pour des années, et par conséquent il réduit le temps de sa mission évangélique à trois ans et demi. Il prédit en même temps l’époque et le lieu de son martyre , qui devait avoir lieu bientôt après son troisième voyage à Jérusalem pour la fête de la Pâque. C’est dans la vallée du jugement et de la résurrection que le Sauveur veut accomplir son sacrifice. Il appelle Antipas un renard, parce que c’est lui qui le premier ravagea la vigne du Seigneur. Quelques-uns croient qu'en cette circonstance les pharisiens étaient d’accord avec Hérode, et qu’en rapportant à Notre-Seigneur les menaces de celui-ci ils voulaient l’effrayer, et le décider à quitter volontairement le pays.
« Lorsque Jésus entendit ces choses, et que les apôtres , « de retour auprès de lui, lui eurent raconté tout ce « qu’ils avaient fait et enseigné, il prit à part ses dis- « ciples, monta avec eux dans une barque, passa près « de Tibériade, en traversant le lac de Galilée, et s’enfuit « dans le pays du tétrarque Philippe, » que l’historien Josèphe nous représente comme le meilleur de tous les enfants d’Hérode l’Ancien. « 11 se retira avec eux dans le dé- « sert de Bethsaïda , » patrie de trois de ses disciples, afin d’échapper pendant quelque temps à l’attention de ses persécuteurs. C’était la première fois qu’il fuyait dans le désert. 11 devait fuir deux fois encore, la première à Hphrern, et la seconde au delà du Jourdain.