LES PHARISIENS DEMANDENT A JÉSUS UN SIGNE AU CIEL
Mesilloth, et qui s’appelle aujourd’hui CalaatHamam, ou le Château des Tourterelles. Elle est située tout près des ruines dlrbid ou de l’ancienne Arbela, la ville de Dieu. Cette ville, imprenable par sa position, richement pourvue à l’intérieur de puits et de citernes, compte une histoire de plus de 26 siècles. Osée, en effet, parle déjà de Beth Arbeel avant que Rome existât. Les Syriens avaient réussi à s’y établir (Machabées , Ier livre, ch. ix, vers. 2), et le roi Hérode avait repris par la ruse le château , qui était devenu une retraite de voleurs. Josèphe en fortifia de nouveau les cavernes dans la guerre des Juifs, et elles jouèrent aussi plus tard un rôle considérable dans les croisades.
En face et au bas de cette ville de Dieu sont situées les sources chaudes de Chammath et de Magdala. C’est là , d’après une tradition rapportée par le Livre d'Énoch, ch. Ier, et par Celse, que soixante -dix des enfants de Dieu descendirent vers les filles des hommes , et que de leur union naquit la race impie des Titans, qui, à cause de leurs péchés, furent enchaînés sous la terre, de sorte que de leurs larmes brûlantes sortirent les sources chaudes qui coulent en cet endroit. Les populations qui habitaient ces contrées au temps de Notre -Seigneur Jésus -Christ se distinguaient entre toutes les autres par leur impiété et leur libertinage ; et , semblables à ceux qui les avaient précédés du temps de Noé et de Lolh, ils méritaient d’être précipités dans les ténèbres extérieures, ou jetés dans la mer, une meule au cou.
« Les pharisiens vinrent le trouver, et commencèrent « à disputer avec lui. D’accord avec quelques docteurs de u la loi et quelques sadducéens, ils cherchèrent à le ten-
« ter, et lui demandèrent un signe au ciel, en disant : « Maître , nous voudrions bien voir un signe de vous au « ciel. » On lit dans le Schabbat, fol. 139, que les disciples de José, fils de Kisma, lui ayant demandé quand viendrait le fils de David , il répondit : Je crains beaucoup que vous ne me demandiez un signe. Les pharisiens avaient appris par les disciples de Jésus le miracle qu’il venait de faire, et ils avaient été témoins des guérisons remarquables qu’il avait opérées. Ils ne pouvaient contester les prodiges qu’il avait faits sur la terre; il leur en fallait d’autres au ciel. Ce qu’il avait fait jusqu’ici ne leur suffisait pas, il fallait encore que, comme Moïse, il fit tomber le pain du ciel; que, comme Josué, il fit éclater des signes au soleil et dans la lune; que , comme Samuel , il fit gronder le tonnerre et pleuvoir la grêle ; et que , comme Élie enfin , il appelât sur la terre la pluie et le feu du ciel. Ce qu’ils cherchaient dans les miracles, ce n’était pas une preuve de la divinité de Jésus-Christ, mais une occasion de disputer avec lui. Ils demandaient ce qui était en apparence impossible; mais, lors même qu’ils l’auraient obtenu, ils n’en auraient pas été plus convaincus pour pela, à cause de leur mauvaise volonté. Et c’est là ce qui arrive encore tous les jours sous nos yeux pour les incrédules : plus on leur donne de preuves, plus, à la manière des Juifs, ils en demandent. Ce n’est pas assez pour les convaincre que nous leur montrions des signes qui ont paru , soit sur la terre, soit au ciel ; ce n’était pas assez pour les pharisiens que l’étoile du Messie edt paru dans le firmament, et annoncé le terme de l’attente et des espérances du genre humain. Pour leurs cœurs endurcis , il fallait d’autres signes et d’autres merveilles. Ils vinrent.