‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 279 sur 589 · QUESTION DES PHARISIENS SUR LE DIVORCE · texte numérisé non relu

QUESTION DES PHARISIENS SUR LE DIVORCE

et par un bain. Le grand prêtre ne pouvait entrer dans le Saint des saints, à la fête des expiations, s'il n’avait dompté pendant quelque temps la concupiscence de la chair, à laquelle la foi de tous les peuplés rattachait tous les maux qui afiligent l’humanité. D’après une ancienne tradition conservée dans le traité intitulé Joma , il devait garder la chasteté pendant sept jours ; et pour s’assurer qu’il accomplissait ce devoir on renfermait dans une des chambres du temple. La continence était imposée chez les païens aux prêtres de Cérès à Eleusis, de Cybèle eu Phrygie, d’Isis en Égypte, etc.

Les protestants, en abolissant le célibat, ont montré clairement qu’ils ne comprenaient rien à l’esprit de la religion chrétienne ; et du même coup ils ont aboli le sacerdoce. Le protestantisme, sous prétexte de réformer l’Église», n’a fait , on peut le dire, que séparer la science de la foi , livrer l’Église à l’État et l’esprit à la chair. On a été jusqu'à prétendre que le célibat est contraire à la nature et aux commandements formels de Dieu. 11 est bien vrai que Dieu, après avoir créé l’homme et la femme, les bénit et leur dit : Croissez, multipliez et remplissez la terre . Mais lorsque le monde fut peuplé , on vit bien que la génération corporelle n’était pas le but principal de la création, et qu’elle n’a qu’une place secondaire dans les plans de la Providence. En effet, Dieu, ne trouvant plus sur la terre un seul lieu où il fût vraiment honoré, anéantit le genre humain tout entier, à l’exception d’une seule famille qui avait échappé à la corruption universelle. Le déluge une fois passé, Dieu bénit encore Noé et ses enfants, en leur disant: Croissez, multipliez-vous, et remplissez la terre . Ce commandement, si toutefois c’en était

un, était parfaitement accompli : la terre entière regorgeait d’habitants, et était soumise à une seule puissance lorsque le maître du ciel descendit parmi nous. Un autre commandement allait prendre la place du premier. Dans les temps primitifs, les patriarches, ou les pères des différents peuples, avaient engendré trois fils. Cette triple génération était comme un reflet des trois personnes divines. Adam avait engendré Seth , Caïn et Abel ; Noé , Sem, Cham et Japhet; Abraham, Isaac, Ismael et les fils de Cethura. Chez les Perses , Feridun avait engendré Iradsch, Thur et Selm. Chez les Grecs, Hélène avait engendré Éole, Dorus et Xuthus. Chez les Allemands, Tuisko ou Mann avait engendré ingve, Islve et Irmin. Chez les Scythes, Targitaûs avait engendré Leiporaïs, Arporaïs e( Colorais. Le héros des Lithuaniens avait engendré aussi Bork, Kunas et Spera, etc. Mais, depuis la venue de Jésus- Christ, ce commandement donné aux premiers hommes reçoit une signification spirituelle. Une génération spirituelle succède à la génération corporelle ; et les patriarches du genre humain renouvelé reçoivent la bénédiction suivante : « Allez dans tout le monde; enseignez tous les peu- « pies, et baptisez-les au nom du Père , du Fils , et du « Saint-Esprit. » Le Christ est le fiancé de l’humanité rajeunie et purifiée ; l’Église est sa fiancée. Les fils du royaume sont engendrés pour le ciel , et le temple du Seigneur sc construit avec les membres vivants du corps mystique de Jésus - Christ. Si le commandement fait aux premiers hommes devait être pris à la lettre encore aujourd’hui , la terre ne pourrait nourrir tous ses habitants, à moins que la peste , la guerre , la famine ou de grandes mortalités ne vinssent éclaircir les rangs, et remplacer le célibat.

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