‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 280 sur 589 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Jésus ami des enfants. Du scandale.

a On amena des enfants à Jésus pour qu’il les touchât, « leur imposât les mains et priât sur eux. Cependant ses u disciples, voyant cela, témoignèrent leur mauvaise « humeur à l'égard de ceux qui amenaient ces enfants, « et ils les repoussaient. Jésus le remarqua. Ceci lui déplut. « Il les appela donc, et leur dit : Laissez les petits venir « à moi, et ne les empêchez pas; car c’est à eux qu’est a le royaume du ciel. En vérité, je vous le dis: quiconque o ne reçoit pas le royaume de Dieu comme un enfant, n’y « entrera point. Quiconque reçoit un de ces enfants en mon « nom me reçoit ; or quiconque me reçoit ne me reçoit pas « seulement, mais reçoit encore Celui qui m’a envoyé. Quiu conque scandalise un de ces petits qui croient en moi, il « serait mieux pour lui qu'on lui attachât une pierre de « moulin au cou , et qu’on le plongeât ainsi au fond de la « mer. Malheur au monde à cause des scandales. Il est im- « possible sans doute qu’il n’arrive point de scandales; u mais malheur à l’homme par qui un scandale arrive. Gar- « dez-vous donc de mépriser aucun de ces petits; car je a vous le dis : leurs anges voient continuellement la face « de mon Père qui est au ciel. Puis il les embrassa, leur « imposa les mains, les bénit et s’en alla. »

Lorsque ces choses se passèrent, Jésus se trouvait avec ses disciples à Béthanie, au delà du Jourdain, tout près et en face du lac de feu ou de sel. C’est ce que nous pouvons induire de ce que Notre -Seigneur dit un peu plus tard en

saint Luc, chapitre xvn, lorsqu’il parle de la statue de sel , qui, encore au temps de Tertullien et même beaucoup plus tard, passait pour la statue de la femme de Lot. Nous le pouvons conclure encore de ce qu’il dit un peu plus loin quand il parle de sel et de feu. Non -seulement il existe au nord de la mer Morte trois sources salées, qui forment comme un étang fangeux ; non -seulement la contrée tout entière et les arbres eux -mêmes sont couverts jusqu’à une trèsgrande distance d’une croûte de sel formée par les exhalaisons du lac; mais la mer de Sodome elle -même contient quarante -deux pour cent de sel. Le naphte et l’asphalte qu’elle renferme la rendent tellement pesante qu’un corps solide a beaucoup de peine à aller au fond. Mais au sud, près du rivage , elle se partage en deux , de sorte qu’en deux endroits on peut la traverser à gué , parce que l?eau y est peu profonde, puisqu’on été elle vient à peine au-dessus des genoux. C’est pour cela que Notre-Seigneur, parlant de celui qui scandalise un enfant, dit qu’il vaudrait mieux qu’il fût jeté avec une pierre de moulin au cou dans la mer, là où elle est la plus profonde. Au reste , ce genre de mort se retrouve chez plusieurs autres peuples de l’antiquité. C’est de cette manière que chez les Germains on plongeait dans un étang les femmes adultères. Et c’est ainsi que Tarquin le Superbe fit périr Hérennius d'Êricie, sous prétexte de trahison. L’empereur Auguste lui -même fit périr ainsi le précepteur et les serviteurs de son fils.

« Ceux qui entouraient Jésus lui dirent : Jean , il est « vrai, n’a point fait de miracles, mais tout ce qu’il a a dit de cet homme est vrai; et beaucoup crurent en lui « dans la contrée. » Ces paroles sont remarquables. Le peuple, en effet, avait pour Jean un tel respect, qu’il

Page 1