CHAPITRE XXVIII
Le Jeune homme riche.
« Pendant que Jésus marchait sur la grande route, un « homme riche accourut, se prosterna devant lui, » c'està-dire embrassa ses genoux comme on le faisait pour honorer les principaux d’entre les rabbins, « et lui fit cette « question : Bon maître, que dois-je faire pour obtenir la u vie éternelle? » Les Juifs, quand ils parlaient à Jésus ou à leurs docteurs, ne les appelaient jamais par leur nom, mais seulement par celui de seigneur ou de maître. « Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon? 11 n’y a que « Dieu qui soit bon. Veux -tu entrer dans la vie, garde « les commandements. Quels commandements? lui de- « manda celui-ci. Jésus lui répondit : Tu sais les comman- « dements, à savoir : Tu ne commettras point d’adultère ; a Tu ne tueras point ; Tu ne voleras point; Tu ne porteras « point faux témoignage ; Tu ne tromperas point : Tu hono-
« reras Ion père et ta mère; et Tu aimeras ton prochain « comme toi -même. Le jeune homme lui répondit : « Maître, j’ai observé tout cela dès ma jeunesse; que me « manque-t-il encore? » La bonne volonté de ce jeune homme et son zèle pour son propre salut doivent d’autant plus nous étonner et nous toucher que le peuple au milieu duquel il vivait avait une bien faible idée de la perfection morale, et, négligeant les choses essentielles, semblait n’attacher d’importance qu’à des pratiques extérieures et minutieuses. « Jésus, entendant ceci, le regarda, se prit « d’affection pour lui, et lui dit: Une seule chose te « manque encore. Veux -tu devenir parfait, va, vends « tout ce que lu as et donne -le aux pauvres; tu auras « ainsi un trésor dans le ciel; puis viens, et suis-moi. Le u jeune homme, entendant ces paroles, fut consterné et a s’en alla triste; car il était riche, et possédait de grands « biens. Mais Jésus, voyant son étonnement, regarda « autour de lui, et dit : Comment ! tu aimes ton prochain « comme toi-même, et voilà que beaucoup d’enfants d’Au braham, tes frères, sont sur le fumier et meurent de « faim pendant que ta maison est pleine de richesses , et « qu’il n’en sort rien pour eux? Puis il se tourna vers « Simon Barjona, et dit à ses disciples : Combien pour- « tant il est difficile à ceux qui ont beaucoup d’argent « d’entrer dans le royaume de Dieu. ! » C’est dans l’évaugile apocryphe des Hébreux que nous trouvons rapportées en entier les paroles que Notre-Seigneur prononça en cette occasion. U est probable que l’auteur les a puisées à une source authentique.
« Ses disciples s’étonnèrent de ces paroles. Mais Jésus <i recommença, et leur dit : Mes petits enfants, qu’il est