EXCOMMUNICATION ET MANIFESTE CONTRE LE CHRIST
célébraient la mort de Moïse. Il y avait, au reste, vingtquatre causes d'excommunication , parmi lesquelles plusieurs pouvaient être appliquées au Sauveur par la mauvaise foi de ses ennemis, comme, par exemple, le mépris des traditions, la profanation du sabbat, etc. L'excommunication n'était pas une institution particulière aux Juifs; mais on la retrouve chez tous les peuples et dans toutes les religions. César la trouva chez les druides. Le premier excommunié fut Caïn; et c’était à ce meurtrier de son frère que l’on égalait le Sauveur du monde! Saint Paul, dans sa première Épître aux Corinthiens, ch. xn, constate aussi que Jésus fut frappé d’anathème par les Juifs. Les prêtres ne se contentèrent pas de l’excommunier dans le secret du temple; mais, comme saint Jean le témoigne à plusieurs reprises dans son Évangile, ch. xi, ils l'excommunièrent publiquement, et le dénoncèrent au peuple , de sorte que chacun pouvait le prendre et le tuer. Et le même apôtre nous apprend au chapitre xii que beaucoup des principaux d'entre les Juifs n'osèrent se déclarer publiquement en sa faveur dans la crainte d’encourir l'excommunication.
u A cause de cela, continue l’évangéliste, Jésus ne u parut plus en public parmi les Juifs; mais il s’éloigna « dans une contrée près du désert , dans une ville qui « s'appelait Éphraïm , et il y séjourna avec ses disciples. » Éphrem ou Éphraïm , que le Sauveur choisit pour sa dernière retraite après son excommunication , était une petite ville de l'ancien royaume d’Israël, non loin de Bethel, et à huit lieues environ au nord de Jérusalem. Elle était située sur la lisière du désert pierreux et montagneux qui s’étend, au nord, de Bethhaven à Scythopolis, et au sud
jusqu’à la mer du désert. 11 parcourut ainsi les voies où l’avaient précédé les prophètes , et il chercha son dernier asile dans ce même désert où Élie , fuyant la persécution d’Achab et de Jczabel, avait été nourri miraculeusement par des corbeaux, et près de ce même ruisseau, nomme Crilh, où Jean, le second Élie, avait baptisé. Quoiqu il ne reste plus aucune trace depuis longtemps de la ville d’Éphraùn, on sait néanmoins d une manière certaine qu’elle existait au lieu où est aujourd’hui le bourg arabe el-Taiyibch, Comme elle était peu éloignée de la grande route de Galilée, Notre-Seigneur y avait probablement séjourné plusieurs fois. Peut-être aussi ses apôtres, dans leur mission, y avaient trouvé un accueil favorable; de sorte qu’il put y jouir avec ses disciples de la sécurité qu’il cherchait. 11 n'y resta que quatre semaines environ, après lesquelles les jours du Fils de l’homme furent remplis, et sa dernière heure arriva. Ainsi fut accomplie, eu quelque manière , cette ancienne prédiction , que le Messie , le fils de Joseph, viendrait d'Éphraïm, et entrerait dans sa gloire par beaucoup de souffrances.