‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 300 sur 589 · EYTKÉE DE JÉSUS A JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

EYTKÉE DE JÉSUS A JÉRUSALEM

arriver à sa rencontre des centaines d'hommes et de femmes, qui tout à coup, comme par une inspiration subite , étendirent leurs habits par terre devant son cheval, le suppliant d’intercéder pour eux auprès du vice -roi d’Egypte, dont ils avaient encouru la colère en se révoltant contre lui.

De tout temps et chez tous les peuples, les branches de palmier ont été considérées comme un signe de triomphe. Elles étaient la récompense des vainqueurs aux jeux olympiques. Les Juifs les liaient en faisceaux lors de la fête des Tabernacles, et quelquefois aussi à celle de la Pâque, et on les appelait alors lulabin ou arcablin , ou même Hosanna. Hosanna au fils de David! semble avoir été chez les anciens juifs une manière de se saluer, comme on se salue encore aujourd’hui dans beaucoup de pays par ces paroles : Que Jésus -Christ soit loué. Il est certain, du moins, que les Juifs se saluaient en se disant : Bcni celui qui vient , à quoi l’autre répondait : Au nom du Seigneur .

L' Hosanna, d’ailleurs, ne se chantait qu’à la fête des Tabernacles, lorsque le peuple faisait le tour de l'autel en portant des palmes à la main. Le jour où Notre-Scigneur fit son entrée à Jérusalem était celui où, d’après la loi, on allait chercher l’agneau qui devait être immolé pour la Pâque. Cette année-là, il n’était pas nécessaire d’aller le chercher; car il se présentait de lui-même.

« Lorsqu’il fut plus près et qu'il aperçut la ville, il <i pleura sur elle en disant : Jérusalem , Jérusalem , qui « tues les prophètes, et lapides ceux qui ont été envoyés « pour ton salut, combien de fois ai-je voulu rassembler « tes enfants, comme une .poule ramasse ses petits sous

a ses ailes! Mais (a ne l’as pas voulu. Oh! si lu pouvais « reconnaître, et même encore en ce jour qui est à toi, « ce qui peut te donner la paix! Mais ceci est cache « maintenant à tes regards. 11 viendra sur toi des jours où « tes ennemis élèveront un mur autour de toi, l’enfer- « nieront et te tourmenteront de tous les côtés. Bien plus, « ils t’égaleront à la terre, te détruiront, toi et tes enfants « au milieu de toi, et ne laisseront pas pierre sur pierre, « parce que tu n’as point compris les jours de ta visite. *> L’Homme-Dieu , qui, pendant toute sa vie, n’a pas ri une seule fois, comme on le lit dans la lettre de Lentulus, pleura sur la miscre et l’opiniâtreté des hommes. Le don des larmes, ce sang de l’àme, comme les appelle saint Augustin, était bien plus commun dans l’antiquité, où l’àtne était plus accessible aux impressions profondes, où la froide raison n'avait pas encore absorbé toutes les autres puissances de l’homme. Dans l'antiquité, comme au moyen âge, la poésie était riche en larmes. Non-seulement nous voyons pleurer les héros d’Homère, Achille à leur tête , mais encore Godel’roi de Bouillon avec toute

Tarmécdcs croisés lorsqu’ils aperçurent pour la première fois Jérusalem. Richard Cœur de Lion pleura tout haut lorsqu’il vit qu'il ne pouvait délivrer la ville oii était mort son Sauveur. Saint Louis et une multitude d’autres saints ont eu le don des larmes. « Il est plus grand, » dit saint Ambroise, « d’ètrc accessible à la douleur que d’avoir « l’ indifférence des stoïciens et d’être insensible aux souf- « frances des hommes Ou à leur conversion.

« Lorsqu’il entra donc à Jérusalem , toute la ville se

« mit en mouvement, et l’on disait : Quel est- il? Mab

* le peuple disait : C’est Jésus, le prophète de Nazareth

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