‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 303 sur 589 · LES ENFANTS DANS LE TEMPLE · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DANS LE TEMPLE

plit cette attente. Dès sa première enfance, poussée par inspiration du Saint-Esprit , elle s’était , comme le permettait la loi, consacrée par un vœu à Jéhovah dans son temple. Les veuves pouvaient aussi par exception émettre ce vœu , comme nous le voyons par l’exemple d’Anne la prophétesse. Mais lorsqu’une vierge s'était consacrée au Seigneur, elle ne pouvait plus se marier, d’après ce principe que personne ne peut servir deux maîtres, et qu’une femme mariée ne peut plus disposer d’elle, ni se considérer comme appartenant uniquement à Dieu. Le service de ces vierges consistait dans le jeune et la prière; c’est ce qu’on peut conclure de la version d’Alexandrie, qui traduit le mot servir, employé par ^foïse à propos de ces vierges, au chapitre xxxvm de l’Exode, vers, vui, par le mot jeiiner; tandis qu’Onkelos le traduit par prier. Au reste, ce passage de l’Exode nous indique en peu de mots quelle était la condition de ces femmes. On y lit en effet : « 11 fondit un bassin d’airain et son piédestal avec les u miroirs des femmes qui servaient sous la porte de la « tente de l’assemblée. » Ainsi, ces femmes livrèrent leurs miroirs, symbole de la vanité féminine, pour qu’on en fabriquât un bassin où les prêtres pussent se laver, afin de paraître purs devant Dieu. Nous pouvons conclure de là qu’elles menaient une vie ascétique, et qu’elles avaient renoncé aux ornements et aux parures de leur sexe. Àben-Esradit à ce propos : « C’est une coutume des

* femmes de se regarder chaque matin dans le miroir

* pour arranger leurs cheveux. Mais il y avait en Israël «i des femmes qui, consacrées au service du Seigneur, « avaient renoncé à ce passe-temps, et livré leurs miroirs a comme une offrande volontaire ; car elles n’en avaient

LA VIL DE Ji. -S. JLMJ.<-CURl$T,

k plus besoin; mais elles venaient chaque jour devant la k porte du tabernacle pour prier et entendre les paroles « de la loi. »

Jephtc était l’une de ces vierges, qui renonçaient à tout en ce monde, pour se donner entièrement à Dieu. Son père l’avait consacrée au Seigneur sans attendre le consentement de sa volonté. C’est pour cela qu’il est dit au livre des Juges, ch. xi, qu’elle pleura pendant deux mois sur la montagne avec ses compagnes la virginité à laquelle son père l’avait obligée; mais qu’ensuite elle revint vers lui, consentit au vœu qu’il avait fait, et ne connut aucun homme. Dans le même temps à peu près que Jephté, nous voyons chez les Grecs Iphigénie immolée à Artémis de Tauride, c’est-à-dire consacrée à son service par Àgamemnon, son père. Ce parallèle n’a pas échappé aux anciens; car nous lisons dans le livre 2 des Iiïrmes de saint Épiphane, que les Samaritains honoraient la ülle de Jephté comme la déesse Iphigénie. Ne nous étonnons donc point si Hérodote nous parle d'un institut de saintes femmes chez les Égyptiens. Les oracles célèbres de Patare et de Dodoue étaient servis aussi par des vierges, qui s’appelaient Pallades, à cause de leur virginité. A Babylone, de même qu’à Thèbes ou à Tauris, une vierge dormait toujours seule dans le temple de Bel, où un lit était dressé pour le Dieu qu’on attendait. C’est pour cela que cette vierge s'appelait aussi la fiancée divine. Dans les grandes Èleusinies, qui coïncidaient avec la fête des Tabernacles chez les Juifs, on dressait aussi le lit sacré de Proserpine, comme nous l’apprend Clément d’Alexandrie. A Rome même, dans les grands malheurs publics, on dressait les lits sacrés,, comme pour proclamer qu’on attendait

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