LES ENFANTS DANS LE TEMPLE
maintenant avec ardeur la venue du Sauveur promis. C’est là le sens mystérieux de ce mythe qui nous représente une tille de roi enfermée dans une tour inaccessible; que cette fille s’appelle Perséphone ou Danaé, comme chez les Grecs, ou Velléda ou Brunhilde, comme chez les Germains.
Marie aussi, la véritable mère du Seigneur, était de race royale, et fut élevée dans le temple comme vierge consacrée à Dieu. Origène nous fournit un témoignage remarquable à ce sujet, lorsqu’il écrivit dans son commentaire sur le chapitre nui de saint Matthieu : « Une tradition « parvenue jusqu’à nous rapporte qu’il y avait dans le
« temple un lieu qui servait de demeure aux vierges, et « où elles se livraient à la pratique de la prière. Marie, « après la naissance du Sauveur, ayant voulu entrer en a ce lieu pour y prier avec les autres vierges, on voulut « l’en empêcher, parce qu’on savait qu’elle avait eu un « (ils. Mais Zacharie se leva, disant qu’elle était digne « d’y entrer, parce qu’elle n’avait encore coqnu aucun a homme. Cependant, comme il paraissait agir contre la « loi en admettant une femme mariée dans l’état des a vierges, les hommes de cette génération le tuèrent « entre le temple et l’autel. » Ce document prouve, du moins, l’antiquité de la tradition d’après laquelle la fille de David aurait passé sa jeunesse dans le temple au service du Seigneur. Celte tradition est aussi consignée dans l’Évangile apocryphe de saint Jacques et dans celui de la naissance de Marie. C’est à 12 ans, d’après le premier, ou à 14, d’après le second, qu’elle quitta le temple, après avoir tissé avec ses compagnes le grand rideau qui était devant le saint des saints. Le Coran lui -même
LA VIE DE N. -S. JESUS-ClIKIST.
(Sure 3) s’étend longuement sur l’éducation de Marie dans le temple, sous la direction de Zacharie.
Mais ce n’est pas seulement de la bouche de ces vierges innocentes que Dieu voulut tirer sa louange en ce jour. Il y avait encore dans le temple de jeunes garçons qui étaient employés au service du Seigneur. La Mischna raconte que bien souvent des femmes juives, introduites par les prêtres dans les appartements souterrains du temple , y faisaient leurs couches, et que les enfants qui venaient au monde en ce lieu y étaient élevés dans la retraite jusqu’à l’àge de sept ans, ou de treize ans selon d’autres. Lorsqu’un homme qui avait contracté une impureté légale venait se purifier, l’un de ces enfants allait à l'étang de Siloé, monté sur un bœuf, pour y puiser de l’eau dans des vases de pierre; puis, revenant de la même manière, il aspergeait l’homme impur avec cette eau mêlée à la cendre d’une vache rouge. 11 jy avait chez les Juifs une tradition singulière relativement à l’origine de ces enfants du temple. Pendant la captivité des Israélites en Égypte, les femmes juives allaient accoucher dans le désert, afin de soustraire leurs enfants aux Égyptiens. Mais, ceux-ci s’en étant aperçus, les enfants qu’elles avaient mis au monde furent tout à coup cachés dans le sein de la terre, et reçus dans des demeures souterraines. Ils y passèrent les années de leur jeunesse, séparés du commerce des hommes, mangeant du miel des rochers et favorisés souvent de la visite d’un enfant merveilleux, qui les consolait et les fortifiait. Plus tard , lorsque réunis à leur famille ils passèrent avec elle la mer Rouge, ils reconnurent cet enfant céleste dans le Seigneur, qui les conduisait. C’est en souvenir de ce trait merveilleux de la bonté divine que l’on
I AMBASSADEUR DKS AllMKNIKNS.
élevait, disait-on, dans les souterrains du temple des enfants pour servir ]p Seigneur. Ces enfants portaient jusqu’à l’adolescence le nom de nourrissons. Ce sont eux qui, avec les vierges du temple, inspirés par l' Esprit-Saint, allèrent au-devant du (ils de David en criant : Honanna ! « Mais les pharisiens disaient entre eux : Vous voyez que « nous ne venons à bout de rien ; tout le peuple court « après lui. Et ils pensaient aux moyens de se défaire de u lui en secret; car ils avaient peur, parce que tout le « peuple était entraîné par sa doctrine ; mais lui les laissait « faire. Il lui vint alors des aveugles et des boiteux , et il u les guérit.