‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 357 sur 589 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Découverte de h trahison de Judas.

Après que Jésus eut institué de cette manière le sacrifice de la nouvelle alliance , « il fut troublé dans son este prit; il dit et il affirma : En vérité, en vérité, je vous u le dis, un de vous me trahira. Les disciples se regar- « dèrent les uns les autres, inquiets de qui il parlait. Mais u Fun d’eux, celui que Jésus aimait, était couché près de a la poitrine de Jésus. Simon-Lierre lui fit signe de voir u quel était celui dont il parlait. » Car, dans la position où était Pierre, il n’aurait pu parler en secret à Notre-

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Seigneur sans se mettre sur son visage. C’est Pierre qui cherche le premier à découvrir celui qui doit trahir soc maître; et ce soin, il l’a transmis à tous ses successeurs; car c’est lui qui, comme administrateur de la maison <te Dieu, porte les clefs et gouverne l’Église. « Là - dessus .

« celui-ci s’approcha plus près encore de la poitrine de « Jésus , et lui demanda : Seigneur, qui est-ce ? Jésus ré- « pondit : C’est celui à qui je trempe et donne cette booa chée. 11 trempa la bouchée et la donna à Judas Isca- « riote, fils de Simon.» Il ne s'agit point ici du pain consacré, mais probablement de ce second gâteau dont nous avons parlé plus haut , ou de cette bouchée que le maître de la maison trempait dans le eharoseth. Or les anciens, comme encore aujourd’hui les Orientaux, n’avaient, on le sait, point de fourchettes, et ne se servaient que de leurs doigts. « Et après cette bouchée, Satan entra en lui ;

« après quoi Jésus lui dit : Ce que lu veux faire , fais-Ie « bientôt. » C’est qu’en effet un crime commis à la hâte est jugé moins sévèrement que celui qui a été longtemps médité. « Cependant aucun de ceux qui étaient à table « avec lui ne savaient pourquoi il disait cela. Car quel- « ques-uns pensaient que. Judas ayant la bourse, Jésus <t avait voulu lui dire : Achète ce qui nous est nécessaire « pour la fête , ou bien qu’il avait quelque chose à don- « ner aux pauvres. »

Comment les apôtres pouvaient-ils avoir cette pensée?

Ne venaient -ils pas de manger l’agneau pascal? Nous avons vu plus haut que ce repas qu’ils venaient de prendre n’était point au fond le repas de la Pâque, mais qu’il en était seulement une anticipation. Les apôtres pouvaient donc hésiter à le regarder comme le festin pascal propre-

ment dit. C’était précisément la veille du 14 nisan. Le 14, les Galiléens, observateurs plus exacts des fêtes, ne travaillaient point, tandis que les Juifs pouvaient jusqu’à midi achever les travaux qu’ils avaient déjà commencés, quoiqu’ils ne pussent en commencer de nouveaux. Les Galiléens se hâtaient donc de faire tous les préparatifs nécessaires pour la fête, et les pèlerins étrangers profitaient des heures de la nuit, pendant lesquelles les boutiques restaient probablement ouvertes et éclairées, pour acheter tout ce dont ils avaient besoin. Quant aux pauvres, ils demandaient aux étrangers compatissants quelque aumône, afin de subvenir aux frais qu’entraînait pour eux la Pâque.

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