CHAPITRE XXXV
Agonie de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
« Ils arrivèrent donc à la métairie de Gcthsémani. » Huit gros oliviers désignent encore aujourd'hui la place du jardin où s’arrêta Notre-Seigneur. C’était une propriété particulière, peut-être la villa de quelque disciple de Jésus. « Là il dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant « que je vais prier là-haut un peu plus loin. Mais il prit « avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, Jacques et « Jean. t> Deux mille cent ans auparavant, Abraham laissait à peu près à la même place ses compagnons, pour monter seul avec son fils, qu’il allait immoler. Ceux-là
seulement qui avaient été témoins de la glorification du Sauveur sur le Thabor devaient être témoins de ses angoisses et de son agonie au mont des Oliviers. « Il com- « mença à devenir triste et à trembler; et lorsqu’il fut « venu à ce lieu, il leur dit : Mon âme est troublée jus- « qu’à la mort; restez ici et veillez avec moi. Mais lui alla « plus loin, à peu près à la distance d’un jet de pierre; il « s’agenouilla, tomba la face contre terre, et pria en « disant : Père, si c’est possible, éloignez de moi ce « calice; cependant que votre volonté se fasse, et non la « mienne. Puis il revint à ses disciples, les trouva en- « dormis, et dit à Pierre: Tu dors, Simon? Ainsi vous « n’avez pu veiller une heure avec moi. » Son agonie avait donc duré une heure de temps. « Veillez et priez, « afin de ne point tomber en tentation : l’esprit est vif, « mais la chair est faible. 11 s’éloigna une seconde fois , « et pria en disant : Mon Père, s’il n’est pas possible que ce « calice s’éloigne de moi , que votre volonté s’accomplisse. « Il revint, et les trouva encore endormis; car leurs veux « étaient appesantis, et ils ne savaient que lui répondre. « Il les laissa de nouveau, s’éloigna, et pria une troisième « fois avec les mêmes paroles. Une angoisse mortelle « s’empara de lui : il priait avec plus de ferveur encore , « et sa sueur devint comme des gouttes de saug, qui « tombèrent sur la terre. Un ange du ciel lui apparut « alors et le fortifia. »
Le Messie, au commencement de sa carrière , avait été assailli par une triple tentation : il devait être tenté trois fois encore avant de l’achever. 11 avait vaincu la triple concupiscence, à laquelle les hommes succombent ordinairement dans les trois régions de leur être terrestre.