‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 382 sur 589 · SECONDE DÉRISION DU SAUVEUR · texte numérisé non relu

SECONDE DÉRISION DU SAUVEUR

qu'Hérode fit à Noire -Seigneur, pour le punir par lu de ce que scs propres sujets avaient voulu l'année précédente le proclamer roi, après qu'il eut multiplié miraculeusement les pains. Quant aux courtisans, ils ne pouvaient lui pardonner d’avoir dit que c’est dans les cours des rois que sont les hommes délicatement vêtus. •

Le manteau blanc était un des insignes de la royauté chez les Perses, les Égyptiens, et même chez les Romains. On en revêtait aussi les images des dieux. Les grands personnages aux jours de fête, les généraux au jour de la bataille portaient une chlamide blanche. Tous ceux qui briguaient quelque dignité étaient vêtus de blanc; et c’est même de là que vient le nom de candidat . Notre-Seigneur apparaissait donc sous ce vêtement comme un prétendant à la royauté. La robe du grand prêtre était blanche aussi, de même que la tunique des prêtres ordinaires. Le tétrarque, en donnant à Jésus un manteau blanc, voulait le déguiser par dérision en grand prêtre, pour se venger de ce qu’il avait repris sa vie licencieuse et les autres vices du temps avec plus de sévérité que le pontife luimême. Enfin, d’après le témoignage de Josèphe et des rabbins, c’était la coutume chez les Juifs que les accusés se présentassent devant le tribunal vêtus de noir jusqu’à ce qu’ils eussent prouvé leur innocence ; et alors ils étaient vêtus de blanc, comme les enfants après le baptême. Hérode , en renvoyant à Pilate le Sauveur couvert d’un manteau blanc, semblait vouloir le présenter par dérision comme un homme d’un esprit trop faible pour qu’on put lui imputer aucune mauvaise action.

Quoique les évangélistes ne le disent pas d’une manière expresse, Hérode avait probablement aussi donné au Sau-

veur le sceptre de roseau dont les soldats romains le frappèrent un peu plus tard dans le prétoire. Il avait voulu sans doute se venger par là de l’insulte qu’il croyait avoir reçue de lui lorsqu’il avait dit au peuple : « Qu’èlcs-vous « allés voir? Un roseau agité par le vent. » Mais cette indignq dérision retomba sur lui et sur scs courtisans. Dix ans plus tard, en etFet, Hérode fut dépouillé de son manteau roval et de toutes ses richesses, et renvorê honteusement à Lyon, en France, avec Hérodiade, sa femme; et, après y avoir vécu quelque temps dans la misère, il alla mourir en Espagne. « En ce jour, Hérode et Pilate devinrent amis, d’ennemis qu'ils étaient auparavant. » Ainsi Notre - Seigneur, dans son extrême abaissement, servait encore de médiateur entre ses ennemis. Hérode ne veut point faire usage de sa juridiction sur le territoire étranger. 11 renvoie le prisonnier au forum apprehensionis . Le peuple se rassemble de nouveau devant le prétoire et demande justice à Pilate.

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