‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 390 sur 589 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

Couronnement d’épines.

« Les soldats tressèrent alors une couronne d’épines, « et la mirent sur la tète de Jésus. » Le Fils de l’homme prenait ainsi sur soi d’une manière symbolique la malédiction de la terre; car les ronces et les épines sont les fruits de la malédiction qui fut prononcée sur tout le monde après que l’homme eut quitté le paradis. Israël en particulier, la vigne du Seigneur, était couvert de ronces et d’épines, et ne produisait plus de raisin, comme le dit Isaïe (chap. xxvn); et c’est en arrachant ces épines que le Sauveur fut blessé et ensanglanté. Il était lui-même , en cet état, la parole de Dieu tombée entre les épines. C’est alors que l’Agneau de l’alliance tomba et s’embarrassa dans les épines, comme celui qu’Àbraham immola sur le mont Moria. Clément d’Alexandrie fait à ce propos un parallèle ingénieux entre le Christ et Moïse, et aperçoit un mystère profond dans ce qui arriva lorsque Dieu apparut à celui-ci dans un buisson d’épines.

La couronne qui ornait le front des rois, avec sa forme

T. III

dentelée, de meme que l’auréole des dieux, était l'image

des rayons du soleil. Car, aux yeux de l’antiquité, le roi

était le représentant de l’astre du jour, autour de qui les

autres hommes se meuvent comme des planètes ou des ^ , •* satellites. C’est autour d’une couronne que s’agitent presque

toutes les luttes de ce monde; et le laurier qui ceint

le front des conquérants est toujours teint du sang de

quelque ennemi. Les rois et les puissants de la terre

peuvent venir apprendre ici de Jésus-Christ à renoncer à

leurs projets ambitieux. C’est ici que trouve son application

cette parabole d’Abimélech, au Livre des Juges, chap. a,

où le buisson d’épines prend la domination sur tous les

autres arbres, après que l’olivier, le figuier et la vigne

font refusée.

L’évangéliste ne nous dit point de quelle espèce étaient les épines dont on couronna le Sauveur. Il y avait au nord de Jérusalem une vallée des Épines; il y en avait une autre de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où les enfants d’Israël célébrèrent les funérailles du patriarche Jacob. Ce lieu s’appelait Area Atad . Atad est le nom hébraïque de l’épine nommée par Linnée Rhamnus paliurus , qui au-dessus de sa racine pousse un grand nombre de branches semées de pointes. Elle produit des baies noires, et croît en abondance en Syrie et en Égypte, mais surtout sur le rivage du Jourdain, près du pont de Jacob et à Jérusalem. C’est à ce genre d’épines qu’appartiennent l’épine des Juifs, appelée chez les Mores épine d’ Abraham; l’épine de la croix, et enfin l’épine du Christ. Celle-ci atteint souvent une hauteur de quinze à vingt pieds, produit des feuilles semblables à celles de l’olivier, et sert à faire des haies. C‘est de cette dernière espèce d’épines, ou

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