DU PRÉTOIRE ET DU LITHOSTROTON
nommée Gazith, et par rassemblée des grands préires, des scribes et des anciens. Mais, par reflet de cette conduite particulière de la Providence que nous remarquons dans toute la suite de la vie de Jésus, le Gazith païen, sur le forum extérieur, remplace le Gazith juif de l’intérieur du sanctuaire. Il devenait manifeste par là qu’à la venue du Messie le pouvoir avait passé des Juifs aux Édomites et aux Romains. Le juif Philon, contemporain de Notre -Seigneur et de l’apôtre saint Paul, mais qui, de môme que Plutarque, ne parle jamais de Notre-Seigneur, s’étend longuement sur la vénalité, les pillages, les meurtres fréquents et la cruauté de Pilate. Il ajoute qu’il tomba dans de grandes angoisses, parce que les Juifs l’avaient menacé de dénoncer à l’empereur ses méfaits et ses violences. 11 semble que Philon ait eu ici en vue la condamnation de Notre-Seigneur, tout en évitant de le nommer. « Ainsi fut accomplie la parole que Jésus avait a dite pour indiquer de quel genre de mort il mourrait, « à savoir : de môme que Moïse a élevé le serpent dans le « désert, ainsi doit être élevé le Fils de l’homme. >»
Ceci se passait au jour préparatoire de la Pâque, vers la sixième heure environ. Les jours d’été en Palestine sont aux jours d’hiver comme 14 est à 10, pendant que chez nous, qui sommes plus éloignés de l’équateur, le rapport est de 16 à 8. Il était donc environ onze heures lorsque Jésus fut condamné à mort. Il fut cruciflé une heure après. Le péché qui avait été commis au commencement, à l’occasion de l’arbre de la science du bien et du mal, devait être expié sur le bois de la croix. Chez presque tous les peuples de l’antiquité, on attachait à une croix les malfaiteurs, tels que les assassins, les voleurs et
les faux monnayeurs, pourvu qu’ils fussent esclaves ou prisonniers de guerre. Ainsi le Sauveur devait descendre a ce degré d’abaissement, d’être confoudu avec les criminels de la plus vile espèce. Le supplice de la croix existait chez les anciens Hébreux; mais, si nous en croyons la tradition des rabbins, on ne crucifiait les condamnés qu’après qu’ils étaient morts, lorsqu’ils avaient été lapidés % par exemple; et, d’après le Talmud, ce châtiment était réservé aux idolâtres et aux blasphémateurs. Or c'était précisément de ces crimes qu’était accusé Notre-Scigneur.