‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 399 sur 589 · JÉSUS EST EMMENÉ POUR ÊTAE CRUCIFIÉ · texte numérisé non relu

JÉSUS EST EMMENÉ POUR ÊTAE CRUCIFIÉ

soldats. Il y avait de plus un détachement de l’acropole , dans la crainte d’une émeute. L’officier qui commandait la troupe est appelé dans l’Évangile centurion. Le kiliarque , qui avait mille soldats sous ses ordres , était resté pour garder la citadelle.

Dans les exécutions, chez les Juifs, un crieur public ouvrait la marche, annonçant au peuple le nom et l’origine des malfaiteurs, et le crime pour lequel ils étaient punis. Les Romains n’avaint point de crieurs; mais ils faisaient porter devant le condamné , ou lui attachaient sur la poitrine une tablette de bois sur laquelle était inscrit son méfait. Deux condamnés ne pouvaient jamais être exécutés le même jour chez les Juifs, bien moins encore trois, excepté lorsque le crime pour lequel ils mouraient leur était commun. L’exécution ne devait point avoir lieu non plus avant le coucher du soleil. C’était d’ailleurs, chez tous les peuples civilisés, une coutume de laisser au moins un jour entre le prononcé de la sentence et son execution. Et même l’empereur Tibère avait prolongé ce temps jusqu'à dix jours, lorsque le sénat avait jugé la cause. Mais à la mort de l’Homme -Dieu aucune loi, aucune coutume ne devait être observée; et à peine avait-il été condamné que déjà les Juifs criaient avec fureur : Prenez -le, prenez -le, crucifiez -le.

Le convoi descendit donc la colline du temple, et, traversant la vallée de Tyropcon, se dirigea vers le Calvaire ; car chez les Romains on crucifiait toujours hors de la ville. Les deux larrons marchaient les premiers. Puis venait Jésus, entouré des bourreaux, des grands prêtres et des anciens, suivi d’un détachement de soldats et d’une foule innombrable de peuple. Épuisé par les tourments qu’il avait endurés, *

il ployait sous le fardeau de sa croix, dans ceüe route de douleur qui avait un demi-mille romain de long. Le chemin de la croix que parcourut Notre -Seigneur s’appelle en arabe le chemin sacré. 11 avait autant de pas qu’il y a eu d’années depuis le commencement de Rome jusqu’à Jésus-Christ, ou autant de pieds qu’il y a d’années depuis Jésus-Christ jusqu’à nos jours. Aux fatigues, à l’épuisement du Sauveur venaient se joindre encore les mauvais traitements des soldats et des bourreaux qui l'entouraient ; et c’est pour cela qu’il tomba plusieurs fois dans le chemin, d’autant plus que les rues de Jérusalem étaient étroites et inégales.

« Comme ils sortaient, ils rencon lièrent un homme a de Cyrène, nommé Simon, père d’Alexandre et de u Rufus, qui revenait des champs et passait par là. lis le « prirent, lui mitent la croix sur les épaules et le for- « cèrent de la porter après Jésus. » Le Sauveur marchait donc seul devant Simon , ne pouvant plus traîner sa croix. Les peintres qui font porter à Simon seulement le bout de la croix ne considèrent pas que, loin de soulager Jésus, il lui aurait, au contraire, rendu de cette manière son fardeau plus pesant. Simon , que les soldats mirent en réquisition sans plus de façon, était de Cyrène, dans la Libye africaine, et le père de deux hommes illustres dans l’histoire des apôtres; car il y avait beaucoup de Juifs dans la Cyrénaïque. Ptolémée Lagus, lorsqu’il avait reçu la Palestine sous son commandement, avait transporté cent mille Juifs dans ce pays. Ils avaient même une synagogue à Jérusalem, et se propagèrent tellement dans leur nouvelle patrie qu’ils tentèrent plus tard contre Rome une émeute assez importante , comme Dion Cassius le raconte dans la

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