‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 403 sur 589 · LE VIS DE MYRRHE · texte numérisé non relu

LE VIS DE MYRRHE

uivrrhe comme offrande. Nous lisons dans les Actes des martyrs que bien souvent, avant d'aller au supplice, ils recevaient de leurs frères un breuvage de celte sorte, comme un antidote contre la souffrance. Les vierges Maxime et Donatille, entre autres, qui moururent dans la persécution de Yalérien, burent avant d’aller au supplice un breuvage composé de fiel et de vinaigre, comme celui qu’on présenta au Sauveur. Au moyen âge, lorsqu’un malfaiteur allait au supplice, on dressait sur le chemin qu’il devait parcourir de petites chapelles où on lui donnait à boire. Parmi les femmes qui accompagnaient Jésus se trouvait la mère de saint Marc. Aussi est-ce lui qui nous raconte comment on lui donna a boire du vin de

myrrhe.

Mais saiut Matthieu dit qu’on lui offrit à boire du vinaigre mêlé avec du fiel. N’v a-t-il pas là une contradiction flagrante entre lui et saint Marc? 11 n’y en a aucune. De même, en effet, que les paraphrases chaldaïque , syriaque, arabe et éthiopienne et les Septante traduisent par fiel le mot hébreu qui désigne la coloquinte, et en général les plantes ombellifères, parce qu’elles ont un goût très -amer, ainsi l’évangéliste pouvait désigner sous ce nom ce breuvage narcotique et amer, ou même l’appeler myrrhe. 11 est vrai que c’est du vin de myrrhe que l’on présentait aux condamnés, et les deux larrons durent en recevoir aussi. Mais les anciens avaient une espèce de vin très-mauvais, qui ne différait pas beaucoup du vinaigre , que les Grecs appelaient oxines , et les Romains vappa. Peut-être les soldats, après avoir bu le vin généreux qui faisait le fond de ce breuvage, mirent- ils dans du vinaigre la myrrhe et les racines amères qui restaient.

et lui présentèrent-ils à boire ce mélange, qui avait le goût du fiel. Mais Jésus le refusa; il ne voulut point chercher à calmer ses dernières souffrances par un moyen artificiel; il voulut, au contraire, boire le calice jusqu’à la dernière goutte. 11 était l’homme de douleurs, et l’agneau de Dieu descendu du ciel pour expier tous les péchés du genre humain. Il ne fit que toucher des lèvres le breuvage qu’on lui donna, comme il ne fit que goûter, pour ainsi dire, la mort, puisqu’il ressuscita le troisième jour.

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