‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 405 sur 589 · LE CRUCIFIEMENT · texte numérisé non relu

LE CRUCIFIEMENT

Chez les Juifs, au rapport du Taîmud, on suspendait le criminel à la croix, les mains liées, ce qui suppose que cet instrument de supplice avait la forme d’un (jamma grec ou d’un tau . Mais chez les Romains, où les soldats faisaient l’office de bourreaux, lorsque la croix était fixe, comme il y en avait souvent de dressées sur les grandes routes, il y avait au milieu un morceau de bois qui avançait, et sur lequel les malfaiteurs devaient se poser pour être ensuite attachés. Et comme ce morceau de bois leur servait d’appui, la mort était plus lente, et le crucifié ne mourait bien souvent qu’après plusieurs jours de souffrances, et son cadavre servait de pâture aux corbeaux. C’est à ce genre de croix que s’appliquent les expressions suivantes : Crucem inscendere, insilire , in crucem tolli. Cette croix était inconnue en Judée, où les exécutions étaient beaucoup plus promptes, et où l’on ne laissait jamais un condamné passer la nuit sur la potence. Ainsi Jésus fut d’abord étendu sur le bois de la croix, les bras et les pieds liés avec des cordes; puis on lui enfonça deux gros clous de fer dans les mains , et deux autres dans les pieds ; de sorte que toutes les artères furent brisées. Et c’est alors seulement qu’il fut élevé sur la croix, pour y mourir bientôt de ses blessures. Car la politique romaine avait permis aux Juifs de suivre ici les prescriptions de leur loi, et de détacher les corps des suppliciés le soir même du jour où ils étaient exécutés. On représente souvent Notre-Seigneur sur la croix ayant les deux pieds l’un sur l’autre, et percés par le même clou. Les plus anciens Pères, comme saint Justin et Tertullien, qui avaient vu crucifier plus d’une fois sous leurs yeux, ne parlent point de ce genre de crucifiement. 11 est d’ailleurs impossible

qu’au même clou traverse et attache à une croix deux pieds placés l’un sur l’autre.

Le supplice de la croix était à la fois le plus terrible et le plus honteux, comme l’avoue Cicéron lui -même; et c’est celui-là que Notre -Seigneur devait subir. Que ne dut-il pas souffrir, en effet, lorsque la croix élevée en l’air retomba de tout son poids dans l’ouverture creusée pour la recevoir. Les deux larrons furent aussi cloués sur la croix. 11 n'y avait qu’en Égypte qu’on attachât les suppliciés à la croix par les mains et les pieds avec des cordes t ce qui rendait la mort très- lente. « Il était environ la « sixième heure lorsqu’ils le crucifièrent, » après l’avoir tourmenté depuis la troisième heure, ou depuis le sacrifice du matin.

Les Juifs ne comptaient pas toujours les heures de la même manière. Comme ils partageaient le jour en douze heures, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil , cellesci étaient beaucoup plus longues pendant l’été que pendant l’hiver, tandis que c’était le contraire pour les heures de la nuit. C’est pour cela qu’il est très -difficile d’établir un rapport exact entre leurs heures et les nôtres. Dans le cours ordinaire de la vie, on comptait le temps de trois heures en trois heures, en se réglant d’après le lever du soleil; de sorte cependant que l’heure de midi formât une limite fixe. Les habitants de Jérusalem se réglaient aussi d’après le signal donné par le son des trompettes , qui se faisaient entendre d’abord dès le matin, lorsqu’on ouvrait la porte de Nicanor, puis quatre fois dans le jour, pour indiquer l’heure des divers sacrifices; et ces trompettes étaient pour eux ce que sont pour nous les cloches. L’évangéliste saint ÿarc dit que le Christ

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