INSCRIPTION DE LA CROIX
« sa tète j avec l’indication de son crime. Il était écrit « dessus : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de « Juifs lurent cette inscription; car le lieu où Jésus était u crucifié était devant la porte près de la ville; et elle « était écrite en hébreu, en grec et en latin. Les grands a prêtres des Juifs dirent donc à Pilate : N’écrivez point :
« Roi des Juifs; mais : 11 a dit: Je suis le roi des Juifs. Pilate « répondit : Ce que j’ai écrit est écrit. » Ce que l’Évangile raconte ici des trois langues de l’inscription de la croix n’est point un fait extraordinaire pour l’époque. Nous savons par 1* historien Josèphe que sur les colonnes du temple qui séparaient le portique des Juifs de celui des païens il y avait une inscription en grec et en latin, que tous les incirconcis pouvaient lire, et qui portait : Que personne ne passe ces limites. Jules Capitolin raconte (xxiv) que les soldats romains érigèrent un tombeau à l’empereur Gordien sur les confins de la Perse, et y placèrent une inscription en langues latine, perse, juive et égyptienne. De même aussi les décrets des empereurs romains adressés aux villes de Phénicie étaient en latin et en grec. Il y a trois langues, disent les Juifs: l’hébreu pour la prière, le latin pour la guerre, et le grec pour l’éloquence et la conversation. Or c’était dans ces trois langues que le monde entier pouvait lire la sentence portée contre l’Homme -Dieu. Quel que fût le motif qui décida Pilate à ne rien changer à l’inscription qu’il avait fait placer, on peut dire qu’il fut en cette circonstance, sans le savoir et sans le vouloir, prophète, comme l'avait été Caïphe quelques instants auparavant. Car Jésus a vécu et est mort roi des Juifs, et ils n’auront jamais plus d’autre roi ni d’autre messie,
Dans les exécutions de cette sorte, on inscrivait toojours sur une planche le nom du criminel et le crin» qu’il avait commis. D’après Suétone (Aug., xxxut), les assesseurs du tribunal avaient coutume de porter deui tablettes, l’une pour inscrire l’absolution, l’autre pour h condamnation. Ces tablettes s’appelaient titre , ou bien tabula dealbata, parce que les sentences de condamnation, de même que les lois, étaient inscrites sur une tablette blanche. Les deux larrons avaient aussi leur inscription, quoiqu’elle ne fût pas comme celle du Christ en trois langues. Us avaient été aussi flagellés comme le Sauveur, et avaient porté comme lui la croix sur leurs épaules jusqu’au Calvaire; car la loi le voulait ainsi. C’est pour cela qu’on donnait aux condamnés le nom de crucifericm fareiferi . L’inscription de Notre -Seigneur renfermait encore une ironie particulière : car Nazaréen était le nom d’une colonie de brigands en Syrie; de sorte que le Sauveur fut vraiment, et sous tous les rapports, compté parmi les malfaiteurs.