LES VETEMENTS DU SAUVEUR SONT PARTAGÉS
et ce que dit l'Écriture : Ils se sont partagé mes vête- « ments, et ils ont tiré ma robe au sort. Et après avoir « fait cela , ils s’assirent pour le garder, » d’après la coutume romaine, pour empêcher qu’on ne vînt prendre le corps trop tôt sans autorisation. Un piquet de garde chez les Romains était composé, d’après Polybe, de quatre hommes. Quatre de ces piquets formaient une garde de nuit, comme nous le voyons lors de l’emprisonnement
de saint Pierre, parce que les Romains partageaient leurs
nuits en quatre veilles. Quatre soldats avaient donc cloué Notre -Seigneur à la croix, et à ce nombre répond le nombre des clous. Ces quatre soldats gardaient aussi la croix. Chaque condamné était dépouillé de ses vêtements avant le supplice, chez les Romains aussi bien que chez les Juifs. Mais, d’après la loi romaine, les habits des suppliciés appartenaient de droit compie dépouille aux bourreaux. Les parents pouvaient néanmoins les racheter. L’empereur Adrien défendit le premier aux exécuteurs de s’approprier les vêtements des suppliciés. Les soldats qui gardaient Jésus se partagèrent donc entre eux son manteau, ou son vêtement de dessus, et en firent quatre parts; mais ils laissèrent sa robe intacte. Le manteau juif était fait avec quatre lés, comme nous le voyons au Deutéronome (xxii, 12), de sorte qu’on pouvait le partager en quatre sans le déchirer.
A quatre pas du trou de la croix, ils lui avaient arraché ses habits et lui avaient présenté le vin de myrrhe. (Sanhed., cap. vi, 3.) Il est difficile de décider si Notre-Seigneur fut attaché nu sur la croix. On lit bien à la vérité dans le même traité ces paroles : « Virum tegunt a parte priori (sc. pudendis), feminamque et a priori et a posteriori ;
hæc suntverba R. Judæ. » Mais on v lit ensuite ces autres
paroles : « At sapientes dicunt : Vir lapidatur nudus, at femina non nuda. » De plus, on lit dans Arrien ( Epict ., iv, 26) : « Ut in balneo vestibus exutus, et te ipsum cxtendens, ut soient crucifix i. » Après s’être acquitte5 de ieur besogne, les soldats se lavèrent les mains avec une éponge ; puis, piquant leurs lances, ils se couchèrent à terre, vêtus de ieur tunique courte et couleur d’écarlate, et ünirent leur repas ; après quoi , pour passer le temps , ils se mirent, selon l’usage, à jouer aux dés. C’était un jeu propre aux soldats, et que Palamède, disait-on , avait inventé pendant la guerre de Troie. Le casque servait d’urne au besoin.