MYSTÈRE PE LA PLAIE SACRÉE DU CÔTÉ
les Juifs, Moïse frappa le rocher dans le désert; la première fois il coula du sang, et la seconde fois de l’eau. Or le rocher spirituel, dont l’autre n’était que la figure, c’était le Christ, selon l’expression du grand Apôtre. C’est par le sang et l’eau que l’ancienne alliance avait été fondée, car c’était avec du sang et de l’eau qu’on aspergeait le peuple qui devait être purifié. C’est dans le sang et l’eau que cette alliance est confirmée, et que la nouvelle alliance est scellée. « Le Christ, nous dit saint Jean, est venu par u l’eau et le sang; non par l’eau seulement, mais par l’eau « et le sang. Il y a trois choses qui rendent témoignage sur « la terre : l’esprit, l’eau et le sang; et ces trois sont une « seule chose. » L’esprit vital avait quitté le corps sacré du Sauveur; l’eau et le sang, qui sont comme le véhicule de la vie, devaient aussi couler de son côté ouvert. Avant ce jour il n’y avait sur la terre qu’un lieu parfaitement pur où Dieu fut adoré comme il voulait l’être : ce lieu c’était le temple de Jérusalem. Mais depuis que le sang du Fils de Dieu a coulé de la croix sur la terre, celle-ci est désormais purifiée; et il n’est point de lieu où l’on ne puisse adorer Dieu en esprit et en vérité. De même que, pendant le sommeil d’Adam , Ève , la mère des vivants, fut tirée de son côté, et lui fut donnée comme épouse, ainsi aujourd’hui, pendant que le Fils de Dieu est enveloppé dans les ombres de la mort, le sang et la vie de l’Église découlent de son côté ouvert, et c’est pour cela qu’elle est vraiment à lui, et qu’elle est la chair de sa chair, l’esprit de son esprit, La vie de l’Église lui vient des plaies de Jésus; et le progrès de ses enfants a pour principe leur union intime avec lui. L’évangéliste saint Jean, pour confirmer les faits qu’il vient de raconter, ajoute que celui qui
écrit ces choses était présent ; et il répète cette afûrm&tioa dans le dernier chapitre de son Évangile , aün que personne ne puisse sans crime nier les faits qu’il rapporte. II voulait aussi confondre par là les hérétiques nommé Docètes, qui, n’attribuant au Christ qu’un corps céleste et sans réalité, prétendaient ainsi qu’il n’avait souffert et n’était mort qu’en apparence.