CHAPITRE III
La première communauté chrétienne.
Le nombre des partisans déclarés du Messie , qui lors de sa mort s’élevait à peine au delà de cinq cents , était monté à trois mille après l’effusion du Saint-Esprit et par suite du discours de Pierre. Ces nouveaux prosélytes avaient probablement reçu le baptême dans les eaux de l’étang de Siloé. Mais à peine la première communauté chrétienne commençait à se former que déjà s’élevait contre elle la première persécution. Un boiteux avait été guéri à la porte du temple appelée la Belle. C’était probablement la grande porte faite d’airain de Corinthe, qui ü’était ouverte d’elle-même à la mort du Christ , ou la porte de Nic&nor, dont Josèphe vante la magnificence. Le fait s’était passé vers la neuvième heure, c’est-à-dire avant le sacrifice du soir, vers trois heures , peu de temps après la fête de la Pentecôte, qui cette année dura du 5 au 12 juin. Car, quoiqu’elle ne portât qu’un jour dans la loi de Moïse, elle durait cependant huit jours entiers, comme les fêtes de Pâques, des Tabernacles et de la Dédicace du temple.
Lors donc que ce boiteux, âgé de plus de quarante ans
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et infirme depuis sa première enfance, eut été guéri par Pierre, et que tout le peuple , rempli d’étonnement, se fut attroupé dans le portique de Salomon autour des apôtres, Pierre, élevant la voix, prêcha pour la première fois dans le temple. Mais bientôt arrivèrent et les grands prêtres et le capitaine du temple, celui qui avait pris Jésus, et les sadducéens; et s’emparant du Prince des apôtres, et de Jean le disciple bien-aimé, ils les conduisirent le lendemain devant l’assemblée du grand conseil, présidée par Anne et Caïphe, Jean , fils de Zachée, et Alexandre. Mais ils furent relâchés après une forte réprimande et des menaces. Par suite de celte guérison miraculeuse et de ce second discours de Pierre, le nombre des fidèles augmenta considérablement; de sorte que la petite communauté chrétienne comptait déjà , deux ans après la mort du Sauveur, cinq mille hommes, c’est-à-dire de douze à quinze mille âmes. Tous n’avaient qu’un cœur et qu’une âme, et ils vivaient dans une entière communauté de biens. C’est sur cette union intime que reposaient les espérances de la nouvelle société pour l’avenir. C'est pour cela que la première infidélité fut punie de mort subite par un terrible jugement de Dieu , dans la personne d'Ananie et de Saphire. Un des partisans les plus considérables que l’Église acquit dans ces derniers temps fut Joseph Barnabé. C’était un lévite de Chypre, qui, après avoir vendu son bien , en apporta le prix aux apôtres.
Cependant Pierre continuait de prêcher et de faire des miracles; de sorte qu'on apportait les malades dans les rues sur son passage , pour que son ombre les guérit. La tradition juive elle- même, ne pouvant contester ces miracles de Pierre, les attribue, comme ceux de Jésus,
ANCIENNE LITURGIE DE l’ÊCLISE,
la la magie, et prétend qu’il voulait par là se faire passer pour un homme divin. C’est là ce que nous lisons dans le Chissuk émana , p. 452. Tous les apôtres furent pris et jetés dans les prisons de la ville. Mais, délivrés par un messager céleste , ils continuèrent à prêcher l’Évangile, jusqu’à ce que, traduits de nouveau devant le grand conseil et destinés à la mort par les princes des prêtres, ils furent défendus par Gamaliel et renvoyés, après avoir été seulement frappés de verges. On lit dans les apocryphes et dans une épitre de Lucien, auteur païen, que Gamaliel prit soin aussi de Nicodèmc , poursuivi par les Juifs; et nous n’avons aucun motif de révoquer en doute ce fait.